Edito : Cauchemar

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Nul doute, le secteur éducatif est le plus grand cauchemar d’un pays comme le nôtre. D’abord parce qu’il demande de plus en plus de ressources pour une population très jeune qui peut reprocher à l’Etat -en ce qu’il est une continuité- de ne l’avoir pas suffisamment intégrée dans ses mécanismes d’anticipation et de planification. C’est une lacune de génération qui ne se comble pas par un coup de baguette magique.

Mais distinguant entre les questions conjecturelles et structurelles, on doit déplorer le triste retard à l’allumage qu’accuse une année universitaire dont la reprise avait été promise pour octobre. Un délai, en son temps, accueilli dans l’incrédulité générale. D’autant que la maîtrise et la gestion des flux restent un casse-tête. Et d’autant que la création de nouvelles universités imposait un travail supplémentaire, donc de nouveaux délais maintenant fixés  par Mme Siby à janvier prochain.

Puisse Dieu l’entendre là où les syndicats étudiant et enseignant marquent à la fois leurs réserves et leur scepticisme. Très peu pour des soucis pédagogiques et beaucoup pour des revendications matérielles, l’éternel nœud gordien d’un secteur qui doit observer un délicat équilibre entre le fondamental, il est vrai fortement épaulé par les partenaires du Mali et le supérieur, lui abondamment laissé à l’Etat.

Or, s’il est vrai qu’il est totalement démagogique de rejeter sur deux ministres la responsabilité des problèmes de l’école malienne, il faudra également reconnaître que seul l’argent règle les problèmes d’argent. Le supérieur n’est pas l’Eldorado, tout le monde le sait. Et tout le monde s’y est aussi habitué, à un président sur le départ on demande tout ce qui est possible. Mandé Sidibé avait pu souffler à l’époque à travers un pacte avec les partenaires sociaux. Quelqu’un s’en souvient-il encore, l’Etat étant une continuité ?

Adam Thiam

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