Edito / La leçon d’allemand

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C’est seulement jours après l’exécution par ses ravisseurs du touriste allemand, que le président du Bundestag nous rend visite. En insistant, nous a confié son homologue malien que le programme initial soit maintenu. Et le programme initial comprenait une visite à Mopti.  Ainsi, Norbert Lammert  est venu nous voir malgré la mort regrettable et insensée de son jeune compatriote.

 Et  le Dr Lammert a ensuite tenu, malgré les restrictions sécuritaires, à se rendre à Mopti, la région dont le Plateau Dogon fut, hier, une des places fortes de la coopération germanique dans notre pays. Des responsables de certains pays n’auraient pas hésité à annuler leur visite là où l’Allemand, lui, l’a maintenu. Ce faisant, il fait plus que de répondre à l’invitation de son homologue malien dont il fut l’hôte cet été à Berlin. Il donne une leçon de sagesse et de solidarité.

 A la mesure de la coopération allemande, elle-même, que l’ancien Premier ministre, l’honorable Younoussi Touré, saluera avec les termes dignes de la circonstance. En rappelant que la République Fédérale allemande fut la première au monde à reconnaître l’indépendance de notre pays et en promettant à l’hôte du jour de ne jamais laisser tomber dans l’oubli ce geste.

Et bien sûr, en tant qu’enfant de Niafunké, suivi  par celui de Diré qu’est le député Nock Ag Athia, Younoussi Touré n’a pas manqué de magnifier la qualité et la différence allemandes à travers le projet pluri décennal de Mali-Nord qui a changé le visage et la vie de la boucle du Niger. Ce projet, en effet, passe pour  l’un des rares à produire des plaines vertes de riz et de bourgou, des capacités locales de maintenances de pompes, des magasins de stockage qui ne s’écroulent pas sitôt le bailleur parti et des fonds de roulement pour les campagnes.

 Pourvu que la belle leçon d’allemand ne tombe pas dans des oreilles de sourd. La solidarité du président Bundestag doit parler à notre conscience et décupler notre détermination à ne pas laisser mourir chez nous des visiteurs qui viennent au nom de l’amour qu’ils ont pour nous et que nous nous devons de protéger parce que toute vie est sacrée mais aussi parce que nous devons  aimer notre pays plus que tout. Et plus que tous.               

Adam Thiam 

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