Edito : Le pays que laisse Malam Bacai Sana

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C’est à peine deux ans après son élection que  Malam Bakai Sana est décédé, obligeant son pays  à désigner son cinquième président intérimaire en trente neuf ans d’indépendance.  C’est dire à quel  point l’histoire politique récente de la Guinée Bissau est mouvementée entre gouvernance vaudevillesque, putschs sériels, vendettas à n’en pas finir. Sur fond de rivalités ethniques, de sanglantes querelles de légitimité entre anciens maquisards et le tout sous l’arbitrage de plus en plus prépondérant des cartels de la coke.

 En somme, le résumé saisissant de l’Afrique des  tragiques banqueroutes : un revenu annuel moyen  qui ferait plier en deux le plus petit ouvrier de Brunei ;  une démocratie sans bien-être limitée à des élections tripatouillées ;  une ultra nataliste à la jeunesse paumée ;  le dépeçage subtil ou ostentoire du peuple par sa kleptocratie.

 Cherif Elvalide Seye, l’éditorialiste du premier numéro du nouveau magazine « Le Quorum » avait consacré, juste le mois dernier, son éditorial à la Guinée Bissau déclinante face au Cap-Vert ascendant.  Quelle belle inspiration que le portrait croisé et commenté des îles jumelles qui se sont battues ensemble contre le colonisateur portugais et qui, quarante ans plus tard, sont séparées par la volonté politique, l’obsession du résultat et la sincérité des projets.

Le journaliste sénégalais rappelle que le rocher jadis ingrat qu’était le Cap Vert a verdi et quasiment triplé ses richesses quand le jumeau guinéen est allé de faillite en faillite au point d’être rangé parmi les narco-Etats. Un pays léger dont la terre sera, peut-être, légère au président disparu. En tout cas, c’est la seule consolation que peut lui offrir la Guinée Bissau.                                                                                  

Adam Thiam    

 

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