Edito : Place à l’Acte II du putsch

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Dans notre précédente édition, nous annoncions: «Un nouveau putsch en gestation». Le lendemain, mardi 11 décembre, le premier Acte de la conspiration s’est joué. Il a commencé dans la nuit du lundi au mardi, avec comme scènes l’aéroport international de Bamako et le domicile du  désormais ancien Premier ministre, sis à Titibougou.  Les acteurs sont des militaires envoyés par le Capitaine Sanogo. La pièce est intitulée: «Tu démissionnes ou on te tue».

Chahana Takiou, dirpub « Le 22 Septembre »

Le décor est bien constitué de pistolets, de mitrailleuses et de pick – up. La pièce démarre  tardivement, aux environs de 23 heures, avec l’irruption des acteurs dans le salon feutré du héros, Cheick Modibo Diarra. Il a été brillant cette nuit là. Sans résister et sans paniquer, il a bien joué son rôle, puisqu’il ne s’est pas entêté et s’est mis à la disposition de ses bourreaux. On démarre en trombe à destination de Kati. Là, le maître des lieux, Sanogo, l’attendait impatiemment.  On lui explique le contenu de la pièce. CMD le comprend facilement, pense à son épouse, à ses enfants et aux délices d’ici-bas. Il cède donc et se met à table pour rédiger sa démission.

Rapidement, l’ORTM, un autre acteur, non moins important, est mis à contribution pour relayer la rançon de la nuit. Les rideaux sont tombés. La pièce a été un succès total.

La scène II commence dans la nuit de mardi à mercredi, avec comme cadre le Journal télévisé de l’ORTM, qui s’invite dans nos salons chaque soir, à partir de 20 heures. Mine serrée, triste, la jeune journaliste Aïssata Ibrahim Maïga annonce le discours à la Nation de Dioncounda Traoré, avec comme titres le report des concertations nationales et la nomination d’un Premier ministre dans les heures qui suivent. Aussitôt, deux décrets lui parviennent en plein journal, l’abrogation du décret nommant Cheick Modibo Diarra et un autre faisant de Diango Sissoko, le nouveau Premier ministre. On retiendra du discours du Président par intérim qu’il a tout fait pour éviter une crise institutionnelle au sommet de l’Etat.

La troisième scène nous a été servie par la même chaîne, à travers une interview réalisée par Yaya Traoré. L’interviewé s’appelle Capitaine Sanogo. Ce dernier, avec le langage facile qu’on lui connait, a bien rempli son contrat. Il s’est présenté en sauveur de la République et a décrit Cheick Modibo Diarra comme un «homme dangereux pour le Mali». L’Acte I, en trois scènes, s’est ainsi terminé.

Maintenant, à quand l’Acte II? La pièce n’étant pas achevée, les nouveaux acteurs sont encore en répétition. Certains sont connus, d’autres se sont tapis dans l’ombre, en attendant le jour J. Diango Sissoko, nommé par les soins de Kati, a, pour l’instant, le rôle majeur. Il lui reviendra de trouver les acteurs secondaires de la bouffonnerie, les accessoires, l’habillage et le maquillage nécessaires pour jouer en avant-première dans la salle de spectacles de Kati. Gare à Diango s’il lui arrivait de rejeter la liste de figurants venue de Kati pour enrichir le spectacle, surtout lors de la scène du Conseil des ministres. Une fois que les rôles seront maitrisés, les  «nécessaires concertations» pour reprendre l’expression de Sanogo, seront remises sur le tapis.

La scène I de l’Acte II peut donc débuter. Les acteurs sont nombreux, mais les plus notables seront, sans nul doute, le Dr Oumar Mariko, le Pr. Younouss Hamèye Dicko, les éléments de l’ex – junte et leurs alliés lilliputiens. Tout aura été mis en œuvre pour mettre Dioncounda Traoré, dans un cul-de-sac. La scène II sera sans doute violente, tant verbalement que physiquement. Et, pour mettre fin à la pièce, Sanogo, ou quelqu’un d’autre, interviendra, avec une nouvelle irruption, peut-être plus violente que tout ce que nous avons connu jusque là.

Cheick Modibo Diarra, lui, connait déjà son sort. Aux autres de s’inquiéter et de ne pas trop se réjouir de la situation actuelle, car le pire est à venir. Rira bien qui rira le dernier!

Chahana Takiou  

SOURCE:  du   13 déc 2012.    

76 Réactions à Edito : Place à l’Acte II du putsch

  1. fakolyhakika1

    « ………Cheick Modibo Diarra, lui, connait déjà son sort. Aux autres de s’inquiéter et de ne pas trop se réjouir de la situation actuelle, car le pire est à venir. Rira bien qui rira le dernier! » .  » Il n’y a jamais deux sans trois » . Et les masques commencent à tomber.

  2. « il ne reconnait pas l’autorité…., y compris nous qui avons posé l’acte et qui l’avons choisi à ce poste »: cette phrase resume a elle seule la raison pour laquelle je dit que cHEICK MODIBO DIARRA MERITE CE QUI LUI EST ARRIVE. Car comme dit les bambara, SI TU FAIS DES MORPIONS TES COMPAGNIONS, UN JOUR, ILS ECRASERONT DES POUX SUR TA TETE.
    Les poux pour CMD, c’est le savon qu’il a pris a Kati le Mardi dernier.

    C’EST DANS LA FAIBLESSE DE AUTRES QUE SANOGO AQUIERT SA FORCE.

  3. Ibra67

    Au nom de Dieu, le tout miséricordieu, le très miséricordieu. Mr Takiou tout en ne mettant pas en doute ta conclusion qui tire sa source de l’interview du capitaine sur l’ORTM; ne tiront pas sur l’ambulance. Imploront la grace divine pour nous éviter ce pire en gestation. Aux politiques d’harmoniser leur position au nom du Mali sinon les militaires sont à affut ce dont nous gardons de mauvais souvenirs.
    Je tiens à reaffirmer que nul ne sera un demi dieu dans ce pays s’il est inspiré de mauvaise foi. Les hommes trepassent mais le Mali démeurera à jamais.