Edito : Le référendum constitutionnel, entre détermination et contestation

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En effet, depuis l’adoption en Conseil des ministres du Décret convoquant le Collège Électoral pour le 9 juillet 2017, en vue du scrutin relatif au Référendum Constitutionnel, on a fait face à un bras de fer entre la mouvance présidentielle et les opposants au projet de révision constitutionnelle.

Au regard des évolutions que notre pays a connues de 1992 à nos jours, le Gouvernement, à juste titre, a pensé qu’il faille adapter la Constitution aux réalités actuelles du pays. Ainsi après moult réflexions, le Conseil des ministres a fini par soumettre le projet de révision constitutionnelle à l’Assemblée nationale, tout en indiquant sa motivation à aller vers une nouvelle Constitution qui s’impose au peuple malien, cause des dernières évolutions politico-socio-sécuritaires que le pays a connues en vingt-cinq ans de vie démocratique.

Sur un tout autre plan, les autorités ont indiqué que le projet de révision constitutionnel s’inscrit en droite ligne sur la mise en œuvre de l’Accord pour la Paix et pour la Réconciliation issu du processus d’Alger, et qui a été signé par toutes les parties maliennes sous la supervision de la communauté internationale.

La tenue du référendum est une question d’honneur d’abord pour le peuple malien, mais aussi et surtout pour la communauté internationale. Qui attend du Mali de poser des actes concrets et de respecter les engagements qu’il a pris afin de tourner définitivement la page des sombres périodes de 2012 et de 2013.

Par contre, les opposants au projet de révision constitutionnelle pensent et soutiennent fort que la nouvelle constitution vise plutôt à donner plus de pouvoir au Président de la République. Certains vont jusqu’à soutenir que la nouvelle constitution ferait du Président de la République un “Empereur”. Même si des inquiétudes persistent auprès des uns et des autres, quant à un quelconque renforcement du pouvoir du Président de la République, ces suspicions ont été balayées du revers de la main par le Gouvernement. Contrairement à l’opposition qui reste convaincue dur  seul mobile qui est dernière le projet.

Selon l’opposition, il y a d’autres situations plus urgentes qui prévalent,  telles que celle de la situation sécuritaire à laquelle le Mali est confronté, et plus particulièrement celle de son septentrion. Pour montrer justement  leur mécontentement au projet de révision constitutionnelle, une grande marche fut organisée, le samedi 17 mars 2017, à Bamako par les partisans du NON. Une marche à laquelle ont pris part plusieurs personnalités politiques dont des anciens Premiers ministres, la société civile et les syndicats libres des magistrats.

La question, que l’on se pose à propos de cette révision constitutionnelle est : Entre les partisans du “OUI” et ceux du “NON” qui a raison ? En entendant de trouver une bonne réponse à cette question, le Président Ibrahim Boubacar Keita a fait taire les esprits des opposants en prenant la sage et souveraine décision de reporter la date du scrutin référendaire à une date ultérieure.

Amadingué Sagara

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