Editorial : Aller ou lâcher

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Boubacar Yalkoué
Boubacar Yalkoué

Maintenant, nous sommes  arrivés au terminus. Après la lutte contre les démons venus de nulle  part  menacer la République du Mali avec leur loi criminelle arguant au nom de la charia, (loi islamique). C’est fini, la guerre est gagnée. Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI), AnSardine, le Mouvement pour l’Unicité et le Jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO)  sont  combattus. Gao, Tombouctou libérées ; Kidal en cours.

 

 

Après plus d’une année de lutte contre l’imposture et pour la sauvegarde de l’intégrité du territoire du Mali, nous voilà en marche vers les élections présidentielles post- crise prévues pour le 28 juillet. Des élections auxquelles tiennent avec détermination les autorités de transition et qui aussi sont sollicitées par les organisations internationales, africaines, les pays amis,  les partenaires techniques et financiers pour l’instauration d’un régime démocratique issu des urnes.

 

 

Ce processus enclenché depuis peu est source de bourdonnement au Mali, surtout au sein de  la classe politique pour plusieurs raisons avancées. Oui des imperfections sont patentes, mais font-elles réellement obstacles à la tenue des élections présidentielles ?

 

 

Après les tumultueuses déclarations qui vont à l’encontre de la bonne nature du Numéro d’Identification National, c’est-à-dire la carte NINA, nous voilà  tenus informer des avis quant au report des élections présidentielles, pour des raisons liées à la situation qui prévaut à Kidal. Cette huitième et dernière région du Mali, toujours au centre des menaces du nord du Mali et fief des rebelles Touaregs du MNLA, qui réclament l’autodétermination.

 

 

Ces réserves émanant de la classe politique sont de nature  à bloquer le processus de sortie de crise qu’eux-mêmes ont farouchement réclamé  au lendemain du coup d’Etat du 22 mars 2012 sans y parvenir par un consensus.

 

 

Pour cela, nous remercions les pays qui ont accepté volontiers de se lancer sans condition dans une guerre au Mali contre le terrorisme. Ils n’ont pas écouté les bruits des fanfarons. Si cela était le cas, nous serions aujourd’hui pris dans l’étau terro-djihadistes. Nous ne pouvons les récompenser, sous n’importe quel angle (financier, fraternité, militaires etc.).

 

 

Après plus d’une année d’assistance au Mali, dans un sacrifice colossal par la mort des militaires dans leurs rangs, ils seront  ravis de voir le Mali clore cette douloureuse période par les élections présidentielles. Car l’éternelle assistance ne relève que de l’utopie. Tôt au tard cela finira. Ils tireront leur révérence du jeu.

 

 

De bonnes nouvelles sont tombées dans la semaine concernant la région de Kidal.

En début de semaine, avec le séjour de Salia Sokono, le président de la Commission Dialogue et Réconciliation qui s’est entretenu avec les notables de la ville majoritairement réunis au sein du Haut Conseil pour l’unité de l’Azawad.

 

 

Le jeudi 11 juillet dernier aussi, a été annoncée l’arrivée du gouverneur de Kidal, Adama Kamissoko en son lieu de fonction accompagné des techniciens de l’administration territoriale. Où ils ont prospecté pendant quelques heures  la faisabilité des élections dans cette localité toujours  restée instable. ‘’Que Dieu les assiste dans cette noble mission’’.

 

 

Le cas de Kidal est très complexe et ne saurait trouver une solution idoine dans un laps de temps. Les élections  peuvent   attendre tout cela, vu l’urgence actuelle de la présence, à la tête de l’Etat d’un régime démocratiquement élu ? Difficile à répondre. Les élections sans Kidal ? La probabilité n’est pas à épargner. Cela ne sera pas surprenant,  car ce n’est pas la première fois pour tous ceux qui se rappellent des élections transitionnelles du  régime dictatorial à celui dit démocratique organisées en 1992. Les populations même de la zone comprendront.

 

 

Le MNLA s’est très bien enraciné et ses ramifications prennent sources au sein des grandes familles fondatrices de la Région de Kidal, mais aussi au-delà de nos frontières par le soutien infaillible des mains invisibles. Ce qui atteste, qu’en tout premier lieu, les combattre militairement serait synonyme d’un affront sanglant entre l’armée malienne et une grande partie de la population de Kidal (déjà palpable). Et secundo les alliés (pays étrangers) du MNLA se verront collés une lourde défaite en termes   ‘’géopolitco-stratégique’’ afin de redresser leur économie en déséquilibre, par l’exploitation des ressources qui sont annoncées sous les dunes de sable.

 

 

Alors si la négociation est sollicitée par tous (Etat malien-MNLA-Communauté internationale etc.), il y a espoir d’arriver à un résultat positif au bout du tunnel. Mais cela après les élections présidentielles. Forcement !

Boubacar Yalkoué

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