Editorial : L’indépendance, parlons en !

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Maliba a désormais 56 ans, vive le Maliba ! A 56 ans, l’homme a atteint la maturité. Il n’est plus à la charge d’aucune personne. Après avoir soufflé ses 56 ème bougies, le Mali  est-il   réellement indépendant? La  question mérite bien son pesant d’or. Faut-il le rappeler que le Soudan Français accédait à l’Independence le 22 septembre 1960 ? Après  cette date, le président Modibo Keita  demandait aux troupes françaises de quitter toutes les bases qu’elles occupaient en territoire malien.  L’armée malienne naissait suite à ce départ des troupes coloniales, une armée qui était le gage de la souveraineté du Pays.  Après 56 ans, le Mali à l’instar de la plupart des Etats africains, surtout  subsahariens, restent sous les ordres de l’ancienne métropole, qui décide de tout (élections, gestions du pays, le mode de gouvernance etc.) à telle enseigne que certains par ironie, ne manquent  plus de qualifier nos dirigeants de gouverneurs.  Au fonds, cette manière de voir les choses n’est pas aussi ridicule que cela parait à la première lecture. L’indépendance qui a été saluée à ses premières heures avec beaucoup d’optimisme, s’est révélée être un mirage.

Revenons au Maliba qui fait l’objet de notre analyse de cette semaine. De l’indépendance à nos jours, tout montre à suffisance que la situation échappe au contrôle des autorités. D’abord c’est le père de l’indépendance malien Modibo keita qui a été renversé puis assassiné pour ses idéaux. Ensuite, ce fut Moussa Traoré, celui-la même qui a été la cause de la chute du premier président.

La chronique maladie du Mali qui est l’épineuse question du nord laisse libre cours aux rumeurs tant la position de la France est ambigüe.

Depuis, les maliens ne comprennent plus la situation du septentrion de leur pays surtout celle de Kidal. Un territoire malien, pourtant refusé au maliens. Cet état de fait, les maliens  ne le comprennent pas, et l’acceptent difficilement de la part de leur Kankéléntigui (IBK) qui,  pour eux, a été élu pour trouver une solution définitive et couper court  à toutes idées de partition du territoire national. Pourtant, il n’y est pour rien. Il est, et demeure  sous les contraintes d’une main invisible appelée la France face à laquelle aucune dose de patriotisme n’est assez forte pour venir  à bout du problème malien. A ce sujet,  l’artiste international Salif Keita ne manque pas de le confier chez notre confrère de l’hebdomadaire jeune Afrique : « si la France voulait que la guerre s’arrête, ce serait fini demain ».

Justement, parlant de la France, les troupes de l’opération Barkhane ont pris leur distance avec les rebelles il ya quelques jours. Une nouvelle qui n’a pas manqué de défrayer la chronique.  Le 27 septembre,  c’est l’ambassadeur des Etats unis qui sommait le Mali de couper tous liens à la fois publics et privés avec le Gatia,  comme si le Gatia n’était pas composé de maliens tout comme le MNLA, qui a pourtant bénéficié  de sa  bénédiction. Cette sortie hasardeuse du diplomate  vient confirmer le rôle de gendarme que jouent les grandes puissances vis-à-vis des pays africains et prouve par la même occasion que l’indépendance reste toujours un idéal à atteindre pour les pays Africains.

Amadingué Sagara

 

 

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