Editorial : «Qui sème le vent récolte la tempête ?»

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Cet adage sied bien à la rébellion qui sévit dans le Nord du Mali. Elle est l’œuvre de la France et trouve ses ramifications auprès des présidents démocratiquement élus. La rébellion touareg est purement raciste et est actuellement devenue un fonds de commerce pour ses instigateurs. Elle ne date pas d’aujourd’hui. Cette rébellion touareg a presque l’âge du Mali indépendant.


Les faits ? Ils remontent depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, lorsque la France voulait créer un Etat arabe compris entre les actuels Etats du Mali, du Niger et du Tchad. Les indépendances intervenues en 1960, elle s’est heurtée également à la colère des présidents Modibo Keïta, Diori Hamani et François Tombalbaye. Tous nationalistes, ils tenaient à la préservation de l’intégrité territoriale de leur pays et n’entendaient pas céder une partie pour créer un Etat fantoche arabe.


Ce rêve de la France a lamentablement échoué auprès de ces trois présidents, puisqu’ ils trouvaient cette demande plutôt raciste que réaliste. Et depuis ce jour, la France ne ménage aucun effort pour mettre le feu entre les Touareg du Mali et les pouvoirs successifs.
Aux chapitres des rébellions : sous Modibo Keita, la première révolte touareg a été matée sans ménagement en 1962 et les hostilités n’ont repris qu’en 1990, c’est-à-dire vingt huit (28) ans après. La cause profonde de cette rébellion touareg serait raciste. Les Touareg, toutes tendances confondues (Iforace, Imaguéléné, Samamanse, Dosac….), n’entendent pas se faire commander par des gens de peaux noires ; ils soutiennent d’ailleurs qu’ils restent les seuls de race blanche au monde à être encore gouverner par des noirs. Leur revendication est focalisée  sur les mots indépendance, autonomie et Azawad, nom de leur futur Etat.


Des mots qui font plutôt appel à une déclaration de guerre d’une minorité dont le Mali a beaucoup contribué au développement. Et sur le plan emploi, environ  quinze milles (15 000) jeunes ont intégré sans concours dans l’armée et l’administration publique et cela au nom de la préservation de la paix sociale.


Malgré tous ces efforts, les rebelles touaregs multiplient les attaques contre le pouvoir en place. La France, à défaut d’un Etat arabe qu’elle avait promis aux notabilités touareg à la fin de la Seconde Guerre mondiale, crée chaque fois des sentiments de révolte entre les fils d’un même pays comme elle l’a fait au Rwanda et en Angola.


Au tableau des hostilités : Je sais qu’entre la France  et les Touaregs, existent des liens séculaires qui datent du temps où Firhoun défia les troupes françaises le 22 septembre 1898 (reddition), date qui sera retenue plus tard comme date d’indépendance de la République du Mali, après l’éclatement de la Fédération du Mali en 1959. C’est une parenthèse pour l’histoire.
Concernant le financement de nombreux  projets dans les régions Nord, il est toujours assuré par la France. Quant à certaines ONG, elles constituent les réseaux d’espionnage et de révolte.


Pour ma part, j’estime qu’on ne négocie pas avec quelqu’un qui prend des armes contre son pays. La fin des hostilités n’est pas pour demain. Pour l’heure c’est la guerre des communiqués entre le gouvernement et les rebelles Touareg sur le nombre de morts, de blessés et de prisonniers.
La graine de la rébellion Touareg a été semée par la France dans le désert. Elle a germé, pris des ramifications avec à la clé AQMI : la tempête.
Amy SANOGO

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