Paix au Mali : le salut par la contradiction

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Le chemin du nord du Mali et de la normalisation de la situation sécuritaire est visiblement tortueux. Les négociations avec le MNLA ont été, dans un premier temps, une décision qui a mis le feu verbal aux bouches des Maliens. Et pour cause, l’image d’homme de poigne du candidat Ibrahim Boubacar Keita était le critère prépondérant qui lui avait valu l’accès au Palais de Koulouba. D’ailleurs, les tenants de sa campagne avaient surfé sur le « non » de l’honorable IBK contre les accords précédents d’Alger qu’il trouvait peu honorables pour la République.

Même après son élection, alors que la question pour une sortie de crise était à l’ordre du jour, il avait réitéré la même position. « Aucun rebelle ne peut se hisser à ma hauteur pour prétendre négocier avec moi » était la substance à retenir du discours. IBK l’avait dit tout net, il ne négocierait pas avec un couteau à la gorge. La suite est connue. Des négociations ardues et même ardemment recherchées par l’état ont fait le tour de plusieurs pays. Elles ont fini par accoucher d’un Accord dont la mise en œuvre n’a pas véritablement atteint sa vitesse de croisière. S’en étaient suivies, l’élection au titre de députés, de membres de mouvements rebelles au compte du parti présidentiel et les libérations de plusieurs présumés terroristes incarcérés à Bamako. Au nombre des libérations les plus retentissantes, celle de Mohamed Ag Wadoussène, en échange de l’otage français Serge Lazarevic. La population a fini par consommer la pilule.

Aujourd’hui, à l’orée du forum de Kidal qui doit marquer un pas décisif pour un retour définitif de la paix, une autre hypothèse est de plus en plus étudiée. Celle du dialogue avec le leader d’Ansar Edine, Iyad Ag Ghaly. Un autre grain qui vient s’ajouter à la longue liste de contradictions qui ont jalonné ce long processus de paix. Or, il était question jusqu’à récemment, de négocier avec tout le monde sauf les « djihadistes ». Mais il faudra désormais compter avec cette proposition d’autant plus qu’elle est en passe de devenir une exigence de l’Amenokal de Kidal. Or, nul n’ignore désormais que ce dernier a souvent le dernier mot lorsqu’il s’agit du destin de cette localité. Tessalit et d’autres choses acquises, il ne faut pas douter que cette option soit celle de la France forcement redevable à cet homme dont l’action a permis de renforcer sa présence. Au nom de la lutte antiterroriste, donc, au départ, contre Iyad et  compagnie !!!

Idrissa DICKO pour Maliweb.net

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