Achat des notes dans l’espace universitaire : La complicité du syndicat

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Notre pays n’est certes pas le seul au monde où l’immoralité a droit de cité dans l’espace scolaire et universitaire. Mais, ce qui se passe chez nous, est très grave.

Il y a une semaine, nous échangions avec une étudiante de la Faculté des sciences juridiques et politiques (FSJP), à propos des examens de fin d’année au niveau de sa Faculté. Ce qu’elle raconte est extrêmement scandaleux. Malheureusement, le mal est connu de toutes les autorités scolaires et universitaires, des syndicats et des Pouvoirs publics, mais aucune d’elle n’a nullement l’intention de changer d’un pouce la situation.

Selon elle, depuis quelques années, la FSJP n’organise plus de session de rattrapage. Les étudiants ajournés sont obligés de négocier directement avec les professeurs sous forme de réclamation. Cette négociation a lieu au secret et surtout en dehors de l’espace universitaire moyennant espèce sonnante et trébuchante. Pour passer dans la classe supérieure, l’étudiant est donc obligé de débourser entre 75 000 et 150 000 FCFA.  L’étudiant, qui a souci de s’affranchir de ce purgatoire, où il n’y a que l’argent qui règle les choses en lieu et place de la compétence intellectuelle (normalement acquise à l’issue des cours reçus pendant l’année universitaire) n’a d’autre choix que d’accepter la solution qui lui est imposée. Le professeur n’a plus le souci de l’avenir professionnel de son étudiant, mais ce qu’il peut lui rapporter à l’instant « T » en terme pécunieux. À la FSJP, il y a des noms de plusieurs professeurs impliqués dans cette sale besogne, qui reviennent en fréquence dans les causeries des étudiants. Mais, au stade actuel de nos informations, nous tairons ces noms. Au delà de ces personnes, la pratique est générale et implique presque tous les enseignants du supérieur. Ce qui est révoltant dans cette situation, c’est que le secrétaire général du syndicat national de l’enseignement supérieur (SYNESUP), Dr Abdou Mallé reste muet devant une dérive de cette ampleur. Il est du devoir du syndicat de veiller non seulement sur la qualité de l’enseignement dispensé dans l’espace scolaire et universitaire, mais aussi et surtout des conditions dans lesquelles il est diffusé.

Malheureusement à l’Université de Bamako, la morale et le bon sens sont des ingrédients qui manquent le plus à la sauce pour qu’elle soit gustative.

D’abord au plan académique, les cours sont accaparées par des fonctionnaires « zombis » retranchés dans des Bureaux climatisés, mais qui font dispenser leur cours par des jeunes sortants des mêmes Facultés, mais qui sont très mal formés. Ces fonctionnaires zombis sont des grands commis de l’Etat : des magistrats, des administrateurs civils, des médecins des hôpitaux, des avocats, etc. Certains de ces fonctionnaires, à l’image du secrétaire général de la Présidence, Baba Berthé, occupent d’importantes fonctions au niveau de l’Etat. Visiblement, les revenus perçus au niveau de leurs postes de responsabilité ne leur suffisent donc pas. C’est pour cette raison, qu’ils se livrent à une sorte de racket des étudiantes en leur dépouillant de leurs maigres bourses.

Ce sont les jeunes, recrutés certes par voie de concours directs organisés par l’Université elle-même, (mais avec des résultats connus à l’avance) qui sont chargés d’exécuter la salle besogne. Ils échangent les moyennes contre espèces sonnantes et trébuchantes. Les mentors reçoivent leur dividende dans les Bureaux, et, ni vu ni connu. Cette sorte de mafia s’oppose à toute innovation au sein de l’espace universitaire, notamment les autres fonctionnaires qui veulent venir dans l’enseignement se voient la porte hermétiquement fermée. Même, les professeurs envoyés par le PNUD dans le cadre du projet Tokten éprouvent d’énormes difficultés à s’intégrer dans le système. L’objectif étant de maintenir l’Universitaire dans une sorte de crise permanente de professeurs en vue de gonfler artificiellement des heures supplémentaires, en réalité non justifiées et anormalement attribuées aux uns et aux autres en fonction de ce qu’ils peuvent faire au doyen en terme d’argent. La gestion à vase clos de l’Université vise aussi à maintenir en poste des professeurs qui sont admis à la retraite depuis des années, mais qui ne veulent pas céder la place aux jeunes. Au lieu que le syndicat s’attaque à ces questions existentielles et structurelles à l’Université, il sacrifie plutôt l’avenir des jeunes au profit de leurs seuls intérêts égoïstes et égocentriques.

Le gouvernement se doit d’être courageux pour mettre fin à la mafia bureaucratique et syndicale qui assombrit l’avenir de la jeunesse et du pays.

Rappelons que depuis plusieurs semaines, le Synesup observe une grève illimitée. Un seul tour au campus, on se rend compte de l’incurie à l’Université de Bamako.

 

Mohamed A Diakité

 
SOURCE:  du   19 nov 2012.    

7 Réactions à Achat des notes dans l’espace universitaire : La complicité du syndicat

  1. intello.

    la vente des notes est certes vrai, mais les professeurs aussi ont droit à la greve, et meritent le respect et la deference de tout un chacun, parce qu’ils nous ont appris tous.

  2. alsace

    Ce que raconte le journaliste est vrai! Il en a qui propose même le sexe pour les étudiantes!

  3. tintin-toti-tata

    Monsieur Diakité!!!, si vous avez une dent contre un enseignant il serait intéressant de le dire. Mais la morale humaine impose le respect des autres. La grève est un droit. Si j’ai compris quelque-chose dans ce que vous écrivez, c’est qu’il y a encore des étudiants qui réussissent valablement leur examen et d’autres font le marchand. Pour quoi vous ne posez les question suivantes: Pour quoi le gouvernement tient à une concertation qui coûte chère pendant une période de crise? Pour quoi le gouvernement ne signe pas un dossier qui était sur la table de signature et ensuite différer l’application comme le demande le syndicat? Le Mali a des problèmes qui relèvent purement et simplement du mensonge, de la volonté délibéré de cacher la vérité.
    Vive le Mali.

  4. bitonmamary

    ferme la Monsieur le faux journaliste vous prenez vous aussi de l’argent pour écrire les articles – on vous connait – vous n’avez meme pas un vrai diplome de journalisme
    vous avez des faux diplomes car il n ‘y a pas d’école de journalisme au Mali dont le diplome est reconnu par l’Etat – le malien ne fait pas la différence entre la reconnaissance de l’école et la reconnaissance du diplome – si tu sais lire et écrire c’est que un professeur ta enseigné – que la malediction de tous ceux qui ton enseigné soit sur toi dans toute ta vie – que ton travail ne te sert plus –
    la fille ou l’étudiante dont tu fais reférence c’est ta copine tu es venu négocier on a refusé et tu di kwa

  5. Tienkafo

    Je crois que cet article est en relation avec la grève des enseignants du supérieur. Des journalistes sont utilisés pour dénigrer le syndicat afin de les amener à abandonner leur mouvement.
    Soyons sérieux, monsieur le journaliste. Dans quelle pays le syndicat prend des sanctions administratives ou pénales contres membres ? Cela relève de l’administration ou de la justice. Avez-vous jamais entendu que les enseignants sont partis en grève parce qu’on a emprisonné un des leurs pour vente de notes ? Ces enseignants indélicats sont généralement les amis et les protégés des autorités en place. Ces mêmes autorités qui ont répandu la corruption dans tous les domaines de la vie publique.
    Quand ce gouvernement de menteurs va-t-il comprendre que cette méthode est vouée à l’échec et que la signature du protocole de 6 mars est la seule issue honorable ?
    Le ministre a effectivement menti en disant que les enseignants cherchent une augmentation de salaire de 35%. Ce mensonge vise à tromper le peuple et à le dresser contre les enseignants. C’est une méthode facile mais dangereuse ; les méthodes les plus faciles sont toujours les plus dangereuses. Ce qui caractérise la gestion d’état en Afrique, en général et au Mali en particulier, est le recours systématique au mensonge chaque fois les gouvernants ont des problèmes à résoudre.
    Par rapport à l’enveloppe des revenus des enseignants, la signature de ce protocole ne coutera pas 1 F supplémentaire à l’était. Au contraire, l’état économise plus de la moitié de ce qu’il a dispensé en 2010 en frais d’encadrement.
    Je ne suis pas d’accord avec Mallé lorsqu’il dit que tout le gouvernement est d’accord sauf le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique. Il ne s’agit pas là d’un mensonge mais d’une erreur de jugement. C’est plutôt le moratoire dogmatique du premier ministre qui est à la base du blocage actuel.

  6. blanche neige

    il y a deux ou trois ans ,des etudiants chinois dans le sud de la France on essayé d’acheter leurs diplomes . Le recteur de l’université s’est fait virer ainsi que quelques autres personnes ,et les diplomes des chinois ont été annulés !!
    Tout le monde au Mali sait comment çà se passe ,donc virez les profs et annulez les diplomes achetés par les éléves ! c’est pas compliqué .

  7. AMC23

    Vraiment le Mali n’a pas de journalistes: Mr Mohamed A Diakité vous ne devez pas être partisan( un bon journaliste est impartial). Au début vous avez fait une bonne analyse de la situation. Mais la faute n’est pas le syndicat seulement, l’état est le responsable majeur. Comment les fonctionnaires d’état peuvent se permettre de contrôler leurs bureaux et l’enseignement à la fois sans le concours de l’administration scolaire?
    Vous avez raison que le syndicalisme malien est une abberation, il en est de même que les politiques. Car pendant deux décennies l’école s’est dépravée par le concours des politiques, des parents d’élèves, des enseignant c-a-d tout le monde. En un mot, le malien même n’aime pas le Mali. Le ministre actuel de l’enseignement a pu mentir sur ORTM que les enseignements chercher une augmentation de salaire de 35% et le SG du SYNESUP à son tour a menti à sa base que tout le gouvernement est d’accord sur les points de revendications sauf le ministre de tutelle. Donc les deux partis se fautent de nous tous.
    Si vous voyez que ces problèmes de notes se présentent est que tout le monde est coupable. Mallé et le ministre sont des plaisantins :twisted: Ils n’ont qu’a dire la vérité aux maliens.
    Cheick Modibo ainsi que tout le mali ont intérêt à palier les problèmes de l’éducation malienne avant de projeter n’importe quel projet de développement