Enseignement secondaire : Le SY.P.E.S.CO instrumentalisé pour des desseins inavoués

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II y a deux (2) ans, une crise a affecté la Coordination des syndicats de l’enseignement secondaire (COSES), crise qui s’est soldée par le départ d’un de ses membres fondateurs : le Syndicat des professeurs contractuels de l’enseignement secondaire (SYPCES). Pourquoi ce conflit ? Après tant de calomnies, de diffamations, d’intoxications et de contre vérités, le monde enseignant et l’opinion publique malienne ont besoin d’être édifiés.


Depuis 1991, les professeurs contractuels exercent au secondaire avec des traitements dérisoires, révélant la face criminelle, inhumaine et surtout impérialiste de l’Etat malien.


Sorti des entrailles de l’Association des professeurs vacataires du Mali (A.P.V.M), le SYPCES monte sur ses grands chevaux. C’est ainsi qu’il obtient, à la suite de plusieurs grèves, de l’Etat vampire malien, l’alignement des salaires sur ceux de leurs collègues fonctionnaires en mai 2003 avec finalisation du processus en 2005, la hiérarchisation des emplois en 2005.
Malgré ces deux (2) points acquis, il fallait lever les obstacles juridiques qui empêchaient l’accès aux postes de responsabilités, au congé  de formation, au capital de décès, et à la mobilité pour les enseignants contractuels des collectivités.
En demandant la levée des obstacles juridiques, le bureau SYPCES obtient en réponse, l’intégration des enseignants contractuels de l’Etat dans la fonction publique de l’Etat et des enseignants contractuels des collectivités dans la fonction publique des collectivités.
Cette réponse du gouvernement prenait- elle en compte sa  doléance ? A défaut d’obtenir, tout de suite, pour tous, la seule fonction publique de l’Etat, cette solution fut acceptée par le BN-SYPCES. Et pourquoi ?


Les deux fonctions Publiques donnent des avantages que la vie contractuelle n’offre pas et elle améliore nettement l’existant. Un accord est intervenu entre les parties syndicale et gouvernementale pour corriger dans un bref délai les insuffisances constatées au niveau de la fonction publique des collectivités en vue d’une harmonisation des deux fonctions publiques.


Réalisme aidant, et sans renoncer à la fonction publique de l’Etat, le BN- SYPCES a compris que la fonction publique des collectivités est pour le moment  incontournable.


Malheureusement, certains Syndicats membres de la COSES qui comptent zéro contractuel parmi leur rang, se sont sentis investis d’une mission divine. Et selon eux,  il n’était pas question d’accepter le schéma proposé par l’Etat et accepté par le SYPCES, le seul syndicat de contractuels au secondaire à l’époque des faits.
Pourtant, dans un passé récent, ce sont ces mêmes syndicats qui dénigraient les militants du SYPCES et qui sabotaient leurs mouvements de grève.
De 1993 à 2008, les enseignants contractuels du secondaire ont lutté seuls sans bénéficier d’aucune forme de soutien de la part de leurs collègues fonctionnaires qui prétendent aujourd’hui mieux défendre les contractuels plus que leur syndicat.
Où étaient-ils pendant tout ce temps quand les enseignants contractuels étaient payés à 40 000 F CFA et seulement d’octobre à juin ?

Le mensonge cède sa place à la vérité
Aller au contre courant du SYPCES, c’était une façon de retarder le traitement de ses doléances. Ce n’était donc pas un soutien, mais une telle attitude cachait bien d’autres intentions. Le film des événements l’atteste à suffisance. L’équipe du BN-SYPCES reste toujours au complet, malgré les fausses déclarations tenues à son encontre. Elle continue sa mission combien exaltante et noble. Elle reste toujours elle-même.
Le mensonge est en train de céder la place à la vérité. Les vraies intentions se dévoilent et se précisent. Il n’était pas question de servir les contractuels intégrés mais de se servir d’eux. Il fallait donc les instrumentaliser en créant un syndicat dissident du SYPCES qui est le SYPESCO (Syndicat des professeurs de l’enseignement secondaire des collectivités), syndicat qu’on dressera contre le SYPCES voire le SYNESEC.
Le SYPESCO semble être le seul syndicat membre de la COSES capable de mobiliser, contrairement aux autres qui ne sont que l’ombre d’eux-mêmes.
La COSES se vante de regrouper cinq syndicats. Mais que valent ses micro-syndicats ? Ce n’est  pas  une question d’effectif, mais il est plutôt question de la qualité des hommes qui dirigent ces structures. La plupart des dirigeants de la COSES ne sont que de simples agitateurs, chercheurs de promotion. Aucun des autres syndicats membres de la CO.S.E.S n’est en mesure de mener une action syndicale tout seul. Sans le SYPESCO, crée de toutes pièces, et qui est en crise d’organisation, d’expérience et de personnalité.


La COSES n’est que de la coquille vide. Il faut donc que la COSES s’agrippe au SYPESCO. On a promu à ce jeune syndicat d’intégrer tous ses militants dans la seule fonction publique de l’Etat. Et pourtant, rien de cela encore. Chose bizarre, la dernière action initiée par la COSES, et qui a pris fin le 09 novembre 2011, ne fait plus de sa doléance ladite intégration. Est-ce à dire que les objectifs sont atteints, ou est-ce que c’est le réalisme qui a prévalu ? Le ridicule ne tue plus heureusement dans ce Mali démocratique.


A l’issu d’un congrès extraordinaire tenu en décembre 2010, le SYPCES fut reconverti en Syndicat national des enseignants du secondaire de l’Etat et des collectivités (SYNESEC). Il garde la même ligne de conduite que le SYPCES.


Ceux-là mêmes qui ont voulu faire le bon samaritain en combattant la fonction publique des collectivités à travers la COSES n’ont pas hésité à siéger au sein de la Commission d’organisation du concours d’entrée à la fonction publique des collectivités en septembre 2011 et à corriger les copies des candidats dudit concours. Quelle inconséquence, quelle fausseté? Les militants COSES sont-ils informés d’une telle attitude ?
«Quand je confesse ne pas aimer du poisson, le bon sens me recommande de quitter la berge à moins que je n’aie d’autres intentions ou intérêts particuliers.»


Où étaient pendant tout ce temps, ceux-là qui se croient aujourd’hui mieux placés pour défendre les dossiers  des militants SYPCES lorsque les salaires des enseignants contractuels étaient à 40 000 F CFA, et payés  seulement d’octobre à  juin ? Les avantages obtenus jusque- là sont à l’actif des seuls militants du SYPCES et du SYNESEC.


Il serait sage que les syndicats membres de la COSES apprennent à balayer devant leurs cases en ne s’immisçant pas dans les affaires d’autrui, car il est plus facile de détruire que de construire.


Les portes du SYPCES restent toujours ouvertes aux militants du SYPESCO qui viennent de réaliser qu’ils ont été bernés, dupés, manipulés et utilisés pour des intérêts personnels égoïstes et haïssables.
La seule vocation du SYNESEC, hier SYPCES, est de servir. Rien ne pourra le  divertir ni  le décourager sur sa noble et exaltante mission,  car il reste convaincu que «le syndicat est toujours combattu, souvent battu mais jamais abattu». Menons le bon combat.
Voici ce qui devrait être à l’ordre du jour : la relecture de la loi portant statut de la fonction publique des collectivités. Un accord est déjà obtenu dans ce sens. Un arrêté, n°2011-3282 MATCL-SG, déterminant la mobilité et le congé de formation des fonctionnaires des collectivités, est signé en août 2011. La COSES ne pourra pas dire le contraire car elle a siégé dans la commission de mutation des fonctionnaires des collectivités en octobre 2011.
Le SYNESEC a une autre lecture du syndicalisme : servir. Ni le SYPCES, ni le SYNESEC n’ont fait la promotion de leurs leaders syndicaux.
 Vive le syndicalisme responsable et progressiste en République du Mali.


N’Golo Marc DEMBELE, Secrétaire général adjoint du SYPCES et du SYNESEC

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