DR Etienne Fakaba Sissoko à propos du nouveau gouvernement : “Moussa Marra doit convaincre en remettant l’école sur les rails”

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Pour le Dr Etienne Fakaba Sissoko, le nouveau gouvernement est loin de combler les attentes du peuple malien. Il note le retour d’anciens caciques des régimes précédents, moins de jeunes promus, une équipe pléthorique, incompatibilité entre profil des hommes et leurs postes, etc. Mais, à en croire Dr Sissoko, le Premier ministre a encore la chance de convaincre les Maliens en s’attaquant aux défis prioritaires comme la question du Nord, la sécurité alimentaire, l’éducation, la santé et surtout la lutte contre la corruption.

Dr Etienne
Dr Etienne

L’émission “Débat de dimanche “ de la télévision “ Africable ” du week-end dernier avait deux thématiques à l’ordre du jour : la formation du nouveau gouvernement Moussa Mara et le retrait des troupes militaires tchadiennes de la Centrafrique. Les débateurs étaient Gaoussou Drabo, journaliste, ancien ministre de la communication, Bakary Traoré journaliste, chercheur, Alexis Kalembry Directeur de publication du quotidien “Les Echos “ et Dr Etienne Fakaba Sissoko, professeur à l’Université de Bamako. Les intervenants étaient unanimes que l’attelage gouvernemental  n’a pas connu le bouleversement attendu. Bref, pour les invités, l’essentiel des visages ont été maintenus et la réduction de taille annoncée n’a pas eu lieu.

Selon Bakary Traoré, des départements pouvaient être recentrés, comme l’énergie et l’eau, le sport et la jeunesse. D’une manière générale, le confrère prône le recentrage pour réduire la taille du gouvernement.  “L’objectif c’est surtout l’efficacité “.

D’autres voient en ce remaniement “un remembrement “ marqué par la difficulté dans sa composition. Ce remodelage a pu au moins cloisonner les départements, car, “ les ministres se marchaient sur les pieds “, a expliqué un intervenant. Un autre  estime que ce changement de gouvernement traduit une volonté de mettre fin à des dysfonctionnements. La récupération du ministère de l’Intérieur par la sécurité, a retenu l’attention de cet orateur pour qui, il s’agit d’un tandem traditionnel dans la composition du gouvernement dans plusieurs pays.

 Dr Etienne Fakaba Sissoko va plus loin, et estime ce remaniement a été une déception pour la plupart des Maliens. La mise en place de cette nouvelle équipe n’a permis de combler les attentes et les espoirs placés en Moussa Mara. “ Ce remaniement a été à la fois, selon ma lecture, une incompréhension, une colère et une désolation “, dénonce Dr Sissoko pour qui, les jeunes avaient espéré en ce remaniement la volonté de Moussa Mara (lui-même jeune), un changement de la classe politique et des visages qui doivent décider pour le Mali. ” C’était l’occasion de faire confiance aux jeunes “, déclare-t-il, avant de regretter le retour d’anciens caciques des régimes précédents dont les bilans sont fortement discutables. Mais pour Dr Sissoko, le problème va au-delà. Il pointe du doigt l’incompatibilité du profil de certains ministres par rapport à leurs postes. “On me dira qu’un cadre peut s’adapter même s’il n’est pas dans son domaine. Mais je suis de ceux qui estiment que l’efficacité d’un cadre tient à sa connaissance du secteur auquel il est appelé “. L’invité s’appuie sur l’exemple de Me Mountaga Tall devant diriger l’enseignement supérieur. “J’aurais franchement préféré, compte tenu de l’importance du ministère, que l’on choisisse un enseignant. Ce dernier est mieux en mesure de connaitre les principales difficultés du secteur et les mesures d’urgence à prendre “, analyse-t-il. Il dénonce la pléthore de l’équipe. Ce qui n’est pas une bonne chose pour la réduction des dépenses de l’Etat.  “Il y a donc de l’insatisfaction par rapport au changement espéré sur la taille du gouvernement et le choix des hommes “ dira-t-il.

A propos des priorités de la nouvelle équipe, M. Sissoko insiste sur le cas de Kidal, la nécessité d’impulser une nouvelle dynamique à la lutte contre la corruption et la délinquance financière, la relance économique. ” Moussa Marra doit aussi convaincre les Maliens en remettant l’école sur les rails, assurer la sécurité alimentaire, l’accès aux soins de santé, etc “, a-t-il expliqué.

 

Bruno D.SEGBEDJI

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