Ecole malienne : tout le monde et personne…

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On ne cessera jamais de le dire : l’école malienne est aux abois. Enseignants et autorités s’accusent mutuellement mais personne ne reconnait sa part de culpabilité.

La plus grande part de notre budget est allouée à l’éducation, s’en félicitent nos autorités. Soit l’équivalent de 33% du budget national. Mais s’il y’a bien un domaine dans lequel notre pays a échoué c’est celui de l’école. Les responsabilités sont partagées.

Pour M. Salif Traoré, parent d’élèves, les premiers coupables sont les élèves. «Chaque fois que mes enfants rentrent plutôt à la maison et que je leur demande ce qui se passe, ils me répondent que c’est l’AEEM qui les a fait sortir. Des fois, ils ne savent même pas pourquoi ils sont sortis», dit-il. Et d’ajouter  «Les enfants retournent, aussi, à la maison parce que les maîtres sont en grève. Il faut que les maîtres soient payés, si on veut qu’ils enseignent bien les enfants ».

Pour M. Kanté enseignant au groupe scolaire de Kalaban-coura, les premiers coupables ce sont les parents. Ils ont perdu toute autorité sur leurs enfants. Mieux, poursuit-il, ces parents sont pressés que les enfants retournent à l’école pour qu’ils soient tranquilles. Le comble selon lui, c’est que quand vous grondez un élève, il revient accompagner de sa mère pour vous lyncher devant toute la classe. « Maintenant, je me contente de dispenser mon cour. Nous sommes loin de cette époque où on disait que l’éducation de l’enfant appartenait à toute la société. Où allons-nous ?» s’interroge t- il.

Pour M. Diallo, enseignant au supérieur, il n’y a pas deux coupables dans cette affaire. Le seul et unique coupable, c’est l’Etat. « Je ne sais plus combien d’arriérés de salaires l’on me doit. Que dire du payement des heures supplémentaires et des primes qu’on nous doit ». On déballe le montant de nos salaires à la télé, mais ce qu’on ne dit pas aux maliens c’est que, sur le moindre centime qu’on nous doit, on y effectue des prélèvements illicites ». Le problème selon M. Diallo, n’à rien à voir avec le niveau des étudiants. Car, poursuit-il, si nous n’arrivons pas à donner un bon niveau aux étudiants c’est parce que la plupart d’entre-nous enseignants n’avons pas un bon niveau. C’est à l’Etat que revient la formation des formateurs.

Pour Mankan Koné, dit “Maken”, membre de l’AEEM (Association des Elèves et Etudiants du Mali), son association n’est nullement responsable. « Nous sommes élus par les étudiants pour défendre leurs intérêts. Sans l’AEEM, les étudiants n’auront pas leurs bourses », a-t-il dit.

Une chose est sure: c’est que nous sommes tous coupables de la situation actuelle de l’école. Même si personne n’est responsable. Nos autorités doivent prendre leurs responsabilités. A commencer la mise en œuvre des recommandations du forum national sur l’éducation.

 

Mamadou Togola

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