Education/Augmentation des indemnités : L’aboutissement d’une longue période de combat, de débats et de gâchis

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Le Conseil des ministres du mercredi 22 février dernier a eu un écho plus particulier dans le secteur de l’éducation. L’adoption d’un décret portant augmentation des indemnités allouées au personnel enseignant fut à l’origine de cette situation. Si cette mesure marque l’aboutissement d’intenses combats menés par les syndicats d’enseignants  ou des vifs débats qui ont été effectués entre les différents acteurs sous la houlette du gouvernement ; qu’en est-il des conséquences ou du moins les gâchis ayant émaillé tout son processus ?
Sur le rapport du ministre du Travail et de la Fonction publique, le Conseil des ministres a adopté un projet de décret portant modification du décret du 24 novembre 1979 fixant le régime des indemnités allouées au personnel enseignant. Dans le cadre de l’amélioration des conditions de vie et de travail des enseignants, le gouvernement, à travers le ministère de l’Education, de l’Alphabétisation et des Langues nationales, a engagé des négociations avec les syndicats de l’éducation. Au terme de ces négociations, un accord est intervenu sur l’augmentation des taux des indemnités d’heures supplémentaires de cours et des indemnités accordées à certains responsables de l’administration scolaire. La mise en œuvre de cet accord a rendu nécessaire la modification du décret du 24 novembre 1979 fixant le régime des indemnités allouées aux enseignants afin de fixer les nouveaux taux convenus.
Ainsi, les heures supplémentaires de cours connaitront les changements suivants : de 1.250 F à 1.500 FCFA par heure pour les maîtres et de 1.750F à 2 000 FCFA par heure pour les professeurs ; de 6.250 F à 10 000 FCFA par mois pour les censeurs, directeurs des études de l’enseignement secondaire et de l’enseignement normal ; De 6.250 F à 9.000 FCFA par mois  pour les surveillants généraux et chefs des travaux des établissements de l’enseignement secondaire et de l’enseignement normal. Les conseillers pédagogiques passent de 6.250 F à 10 000 FCFA par mois, tandis que les directeurs des écoles fondamentales et préscolaires basculeront  respectivement de 3.750 F à 5.000 F, 6.250 F à 6.000 F et 7.500 F et 10 000 FCFA par mois suivant le nombre de classes.
L’adoption du présent décret permettra certes d’améliorer la motivation et les prestations des enseignants et des responsables scolaires, mais aura certainement couté à notre système éducatif de nombreuses pertes. Les grèves interminables, les multiples rencontres de négociation, la détérioration de la confiance entre les syndicats d’enseignants et le gouvernement, le boycott de certaines activités pédagogiques et la démotivation des élèves et enseignants sont autant de facteurs qui expliquent cet énorme gâchis. Alors, pourquoi attendre toujours l’impasse pour agir ? La réponse à cette question, même si nous la connaissons tous, n’a pas sa place dans de telles circonstances. L’heure est certainement à la fête. Alors fêtons même si nous sommes conscients de la délicatesse des problèmes qui nous attendent encore et des nombreuses déceptions qui ont émaillées tout le processus de mise en œuvre de cette mesure.
KANTAO IDRISSA

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