Enseignement supérieur et réformes universitaires : Vers de nouvelles formes d’autonomies pour les structures d’enseignement supérieur

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Le processus de relance du secteur de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique déclenché, par le gouvernement, sous l’impulsion de Mme Siby Ginette Bellegarde se poursuit. Après la fermeture ayant conduit à la scission de l’université de Bamako en 4 nouvelles structures, la relecture de plusieurs textes régissant l’enseignement supérieur, la signature d’un protocole d’accord avec les syndicats d’enseignants dans le cadre de l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail, la reprise des cours, la rénovation des campus universitaires et la poursuite des chantiers engagés…le département s’est donné pour nouvelle priorité :  la dotation de nouvelles formes d’autonomies aux structures.

 
Apporter des réponses systémiques aux disfonctionnements du système actuel constatés dans le document de politique sectorielle de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique et aux recommandations  du forum national sur l’éducation : telle est la vision du programme d’appui au développement de l’enseignement supérieur au Mali (PADES). C’est dans cette dynamique que plusieurs réflexions ont été menées en vue de palier aux nombreuses contraintes auxquelles notre système d’enseignement supérieur est confronté. Des réflexions, il en ressortit des changements impliquant non seulement l’introduction de nouvelles logiques organisationnelles mais aussi un nouveau cadre institutionnel susceptible de propulser un changement de comportement auprès des acteurs individuels et des organisations opérant dans le domaine de l’enseignement supérieur en vue bien entendu d’aboutir vers de nouvelles formes d’autonomie. Il faut noter que le débat sur l’autonomie des établissements d’enseignement supérieur a toujours fait l’objet de vives contradictions auprès des différents acteurs. Ce qui conduira d’ailleurs le gouvernement à repenser la problématique d’autonomie dans une logique d’efficacité et de culture du résultat, d’où la formule d’EPSTC (Etablissement Public à caractère Scientifique, Technique et Commercial). Avec cette nouvelle formule de gouvernance, les institutions et établissements d’enseignements supérieurs seront dotés d’une autonomie pédagogique et de gestion. Les structures seront désormais composées de 4 organes dont un conseil d’administration, une commission pédagogique et scientifique, un rectorat et un comité assurance/qualité. Chaque structure sera également dotée d’un manuel de procédures administratives et financières pour assurer la bonne gestion des affaires. Le recteur ne sera plus nommé par le ministre, mais plutôt par le conseil d’administration dont l’accès à la présidence ne se fera que pas voie élective. Toutes les structures fonctionneront sur la base de projets d’établissement.
Toutes ces mesures devront aboutir, bien entendu, à un changement des règles du jeu de façon à permettre aux établissements d’enseignement superieur de s’engager sur la base des critères de performance et de gérer au mieux les conditions qui sont à l’origine des mouvements sociaux qui perturbent la conduite normale des cours. Ainsi, ils seront à mesure de décider de la fermeture  ou de la création de nouvelles filières, des critères et conditions de sélection des étudiants, d’évaluation des connaissances, de redoublement et de rattrapage, de fixation des frais de scolarité, de recrutement du personnel enseignant avec définition des conditions de travail… Bref, chaque structure universitaire devra s’auto-organiser et s’auto-gérer.
Quel avenir pour le département de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique dans ce nouveau système de gouvernance ?
La tutelle ne jouera plus un rôle de ‘’commandant de bord’’ dans la gestion des universités, mais plutôt de police et de supervision. Les rapports entre le gouvernement et les établissements d’enseignement supérieur s’effectueront sur la base d’un contrat de performance.  A noter que l’autonomie ne sera accordée qu’après le respect de certains préalables dont : la définition, par chaque établissement d’enseignement supérieur, des programmes d’études, du calendrier académique et des critères d’admission des étudiants, des frais de scolarité, d’une politique des ressources humaines assortie de la gestion du personnel enseignant (détermination des critères de recrutement, des avantages financiers, des conditions de travail, de la gestion des carrières…). Aussi, les structures bénéficieront d’un financement public déterminé sur la base des objectifs qualitatifs et quantitatifs dans le cadre du contrat de performance. Ceci étant, la mission du département ne sera plus axée vers la gestion des crises quotidiennes  mais plutôt sur le pilotage du système au niveau politique avec comme priorités : la définition, l’exécution des politiques et le contrôle de performance  des établissements d’enseignement supérieur.
Certes cette nouvelle reforme est ambitieuse et porteuse d’espoir pour le secteur de l’enseignement supérieur, mais néanmoins une question mérite d’être posée : est-on prêt politiquement, pédagogiquement et socialement ? WAIT AND SEE.
FOUSSEYNI MAIGA

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