Enseignement Supérieur : Rentrée universitaire 2011-2012 : inquiétudes et crises en perspective

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Le Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, Madame Siby Ginette Bellegarde, a annoncé le lundi 15 janvier 2012, lors d’un passage sur les antennes de la première chaîne nationale ORTM, la rentrée universitaire 2011-2012 tant attendue par les Maliens de tout bord.

Il est à rappeler que suite à un rapport circonstancié du Département chargé de l’Enseignement Supérieur faisant état d’énormes problèmes auxquels faisait face la seule Université de Bamako comptant plus de 100.000 étudiants, le Gouvernement malien a décidé de fermer toutes les structures universitaires à la date du 14 juillet 2011. La mesure, selon les explications du communiqué du Conseil des Ministres, avait pour principale raison de tout mettre en œuvre pour effectuer une rentrée académique 2011-2012 apaisée et réussie notamment en rénovant les dortoirs infectés des campus de Badalabougou et de Point-G. Une autre manière de signifier que l’année précédente était à mettre dans les oubliettes. Quoi qu’on dise, l’année académique 2010-2011 est belle et bien « blanche » pour au moins 98% des facultés et grandes écoles composant l’Université de Bamako. Autant dire une année de perdue pour un enseignement supérieur déjà en proie à tous les péchés d’Israël. Près de 5 mois après la mesure du 14 juillet, qui restera sûrement dans les annales de l’enseignement supérieur malien, l’annonce de la rentrée des 4 nouvelles Universités de Bamako prévue pour le mardi 16 janvier 2012 avait suscité une lueur d’espoir chez certains et un sentiment de pessimisme chez d’autres. Espoir, parce que les milliers étudiants mis en chômage technique en avait le ras-le-bol de rester à la maison à ne rien faire pendant que les fils des plus nantis continuaient tranquillement à prendre cours dans les Universités privées payées à coup de millions.  Pessimisme, parce que les syndicats d’enseignants et certains observateurs du sous-secteur de l’enseignement supérieur avaient dores et déjà prophétisé l’échec de la mesure du 14 juillet. A la lumière du passage de Madame le Ministre de l’Enseignement Supérieur à la télé, force est de reconnaître que ces derniers ont des craintes pour le moins justifiées. Prenez tout simplement la réponse de la N°1 de l’enseignement supérieur à la question des journalistes de savoir s’il y a des mesures déjà prises pour palier le manque d’enseignants. Selon elle « des enseignants sont en formation… ».

A cette autre question sur la situation des exigences des syndicats d’enseignants, Madame Siby a répondu que les négociations sont en cours… Ces deux réponses, pour ne prendre que celles-ci, n’augurent rien de bon. Comment expliquer que la rentrée est annoncée alors que les enseignants qui sont censés dispenser les cours sont toujours en formations ? Va-t-on rentrer sans pour autant épuiser les contentieux des syndicats ? Au même moment où le problème d’infrastructures se fait plus que criard, pourrait-on dire qu’une rentrée académique 2011-2012 apaisée et réussie est possible ? D’ailleurs il y a-t-il eu une rentrée le mardi 16 janvier 2012 du moment où certains responsables de certaines structures universitaires se disaient ne pas être au courant d’une quelconque reprise des cours ?  A ces questions, des réponses existent belle et bien et le peuple malien attend des réponses…

MAH DAOU

 

 

 

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