Examens de fin d’année 2014 : Les inquiétudes du député BERIDOGO

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Examens de fin d’année 2014 : Les inquiétudes du député BERIDOGOComment expliquer les « fuites massives » au DEF et au BAC ? Quelle crédibilité accordée aux diplômes qui seront délivrés ? Autant de questions auxquelles le ministre de l’Education nationale a apporté des réponses.

Une question orale du député élu à Kadiolo, Bréhima Béridogo, au ministre de l’Education nationale et 7 projets de loi étaient à l’ordre du jour de la plénière d’hier, Place de la République.

La question orale était relative à la situation de l’école, aux difficultés d’organisation des examens de fin d’année, aux fraudes massives, au remplacement de plusieurs cadres responsables de l’appareil de gestion du système éducatif (DAE, DCAP, etc.).

Le député dénonce ce qu’il appelle une organisation chaotique des examens et se demande si le renouvellement des cadres a obéi au discernement nécessaire et au souci de compétence et d’efficacité qui auraient dû y présider. Il veut savoir ce qui a occasionné ces fuites massives et s’interroge sur la crédibilité des diplômes délivrés et sur les moyens dont dispose le ministre pour assainir de manière générale le département.

Dans son développement, le député fournit des détails sur le remplacement des cadres en précisant que 85 DCAP ont été concernés sur un total de 97, 11 DAE ont été touchés sur 18. Il pointe ce qu’il considère comme le caractère partisan de ces nominations.

Le ministre de l’Education nationale a d’abord réitéré son respect pour la représentation nationale et son intérêt à répondre aux questions des élus. Mme Togola Jacqueline Marie Nana a ensuite expliqué que les nominations effectuées dans certains services centraux et déconcentrés de l’éducation entraient dans le cadre normal du fonctionnement des services publics qui nécessite, au bout d’un certain temps, une dynamisation des effectifs. Certains des responsables étaient en poste depuis 13 ans, a-t-elle souligné en démentant toute base partisane aux décisions prises. « Les critères qui ont prévalu à la désignation des personnes choisies se résument ainsi qu’il suit : le diplôme, la compétence, l’expérience professionnelle et la probité morale ». Mme Togola Jacqueline Marie Nana assure avoir étudié convenablement tous les dossiers qui lui ont été soumis, avant de faire le tour des différentes directions et de prendre les décisions qui s’imposaient.

Abordant la question des fuites, le ministre relève que « ces fuites de 2014 ne sont que la suite des fuites à nos examens qu’on observe depuis 20 ans, comme tout le monde le sait ». Elles ne sont donc pas nouvelles, constate Mme Togola Jacqueline Marie Nana en ajoutant que c’est parce que le département a infiltré les milieux, ratissé les cybercafés et trouvé des dizaines de faux sujets (qui selon elle font l’objet d’un commerce juteux) et certains vrais sujets, que tout ce bruit a couru. Le département a réagi en changeant certains sujets (sciences naturelles, physique-chimie, anglais, éducation civique et morale). Le ministre en est convaincu : il n’y a pas eu plus de fuites cette fois que lors des 15 dernières années. C’est le refus du département de ne pas accepter cet état de fait qui a déclenché tout ce tollé.

Quid de la crédibilité des diplômés délivrés ? Mme Togola Jacqueline Marie Nana estime que ceux de cette année sont plus crédibles que les parchemins des années écoulées. Au bac, assure-t-elle, il n’y a pas eu fraude. C’est le souci d’éviter les fraudes qui a occasionné le retard dans le démarrage de certaines épreuves.

Le ministre de l’Education nationale a aussi révélé le démantèlement d’un réseau spécialisé dans le trafic de faux diplômes du DEF et du Bac. Ce réseau faisait passer frauduleusement aux examens des centaines de candidats moyennant le paiement de 350 000 Fcfa. Les investigations continuent. Le ministre s’engage à poursuivre la sensibilisation et à lutter contre la corruption et l’impunité. Le département, soutient-elle, est déterminé à mettre fin à l’impunité qui règne depuis des années. Cela pour le bien des enfants du Mali et pour le pays, tout entier. Aujourd’hui, il faut travailler afin de revenir à la situation d’antan. « Il y a beaucoup de défis à relever, honorables députés, cheminons ensemble pour relever ces défis », a-t-elle conclu.

Bréhima Béridogo, professeur à l’ENSUP donc au fait des questions d’éducation, a ensuite fait des propositions dans le sens de la gestion des cadres, de leur sécurisation, du respect de leur personnalité et de la dépolitisation du ministère. Le ministre en a pris bonne note.

Nous reviendrons sur la suite des travaux de cette plénière dans notre prochaine livraison.

A. LAM 

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