Grève illimité du SYNEB : L’école malienne sombre dans l’agonie

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Le syndicat National de l’Education de Base (SYNEB) et la Fédération Nationale l’Education Nationale (FEN) ont organisé une conférence de presse. Objectif : informer l’opinion nationale et internationale sur leur situation. Mais aussi, sur le préavis grève illimitée déposé depuis le 11 novembre 2011.  

Rappelons que depuis le 11 novembre 2011, les enseignants du fondamental regroupés au sein Syndicat  National de l’Education de Base ont déposé un préavis de grève illimité.  A l’origine, huit points de revendication, dont la principale est l’intégration des enseignants des collectivités à la fonction publique. Après 44 jours de grève, la situation  reste tendue entre le  SYNEB et le gouvernement. 

Malgré l’amorce des négociations, la situation  est en train de se dégrader entre les deux parties. Surtout avec l’entrée en scène de la Fédération  Nationale de l’Education  (FEN).

Rappelons que cette fédération s’était mise à l’écart.  Mais face à la dégradation de la situation, elle s’est vue dans l’obligation d’intervenir. Face à cette situation qui n’a que trop duré, la FEN dont est membre le SYNEB, décide d’enter dans la danse.

Au cours de la conférence de presse, le secrétaire général de la FEN, Soumana Kalapo, a précisé les actions que la FEN entend mener  pour soutenir  le SYNEB. A l’en croire, il est prévu une marche le 19 janvier prochain. La FEN sera l’actrice principale de cet événement. Cette marche se terminera par un sit-in devant le ministère de l’Education de Base de l’Alphabétisation et des Langues Nationales.

Selon les conférenciers, il n’est pas exclu, d’imiter les travailleurs de HUICOMA en organisant un sit-in  illimité dans la cour du département de tutelle, jusqu’à  la satisfaction totale de leurs revendications. En attendant, le SYNEB ET la FEN entendent reprendre leur bâton de pèlerin  pour reprendre langue avec certains partenaires de l’école.

Les conférenciers indiquent que leurs revendications ne sont pas des revendications « corporatistes » encore moins « financières » ; mais plutôt, des revendications de tous les Maliens qui aspirent à une école de qualité. C’est pourquoi, disent-ils, cette lutte doit être menée par tous les Maliens. Pour les conférenciers, laisser la gestion des enseignants aux collectivités, c’est conduire l’ecole malienne à l’abattoir.

Selon Monitié Dabo, secrétaire général adjoint du SYNEB, il existe des disparités entre les enseignants  de la fonction publique et leurs collègues des collectivités. Ces disparités sont relatives  aux droits et aux obligations de l’enseignant, à la rémunération, au recrutement, à la carrière, etc.

Ce sont ces raisons et d’autres encore qui poussent le SYNEB  à demander l’intégration de tous les enseignants du fondamental relevant des collectivités à la fonction publique. Cette intégration permettra, selon lui, un traitement égalitaire entre tous les enseignants du fondamental. Unique condition, ajoute t-il, pour parvenir à une école apaisée et performante. « Comment voulez-vous qu’il y ait de bons résultats, quand les enseignants ne sont pas dans  les bonnes conditions. Comment voulez-vous qu’il y ait une formation de qualité, quand l’enseignant a faim ? », s’interroge le secrétaire général de la FEN.

Avant d’ajouter que, si l’école privée a pris, le dessus sur l’école publique, c’est la faute aux autorités.  « Ce sont nos autorités qui enfoncent l’école publique tout en prenant les enseignants pour responsables », a conclu M Kalapo.

Abou Berthé

 

 

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