Priorité à l’enseignement fondamental

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Mercredi dernier, 13 septembre, le ministre de l’Education nationale, le professeur Mamadou Lamine Traoré, accompagné des partenaires techniques et financiers de l’école, a procédé au lancement de la seconde phase du programme d’investissement sectoriel de l’éducation. Ce vaste chantier, qui nécessitera la mobilisation d’une enveloppe de plus de 500 milliards de FCFA, aura comme priorité le développement de l’éducation de base afin d’atteindre l’objectif de l’éducation pour tous en 2015.
C’est une journée exceptionnelle pour la cité des rails, un événement important dans la vie de notre pays».
C’est par cette déclaration solennelle que le gouverneur de la première région, le colonel Mamadou Adama Diallo, s’est adressé aux participants venus de tous les horizons pour prendre part au lancement de la seconde phase du Programme d’investissement sectoriel de l’éducation (PISE II).
C’était le mercredi dernier 13 septembre dans la salle Massa Makan Diabaté. Ainsi, en présence de plus de 300 invités, le ministre de l’Education nationale, le professeur Mamadou Lamine Traoré, a procédé à l’ouverture solennelle des travaux de cette rencontre de la plus haute importance pour le devenir de l’école malienne.
A ses côtés, on notait outre la présence de Ag Erlaf, président de l’ANICT, celle des partenaires techniques et financiers de l’éducation représentant les Pays Bas, le Canada, le PNUD, l’UNICEF, la Coopération française etc.
Et l’honneur est revenu à M. Joseph Byll-Cataria, coordonateur résident des activités opérationnelles du système des Nations-Unies et chef de file des partenaires techniques et financiers d’annoncer la couleur.
Pour le représentant résident du PNUD au Mali «si le processus d’élaboration des documents du PISE II a été laborieux, les produits qui en sont issus sont de belle facture et autorisent des espoirs».
Il a réitéré la disponibilité totale et entière de l’ensemble des partenaires techniques et financiers du secteur de l’éducation à accompagner le Mali dans sa lutte contre la sous-scolarisation, l’analphabétisme afin d’atteindre les objectifs de l’éducation pour tous (EPT) et les objectifs du Millénaire pour le développement. Mais pourquoi le PISE II ? Il convient tout d’abord de rappeler que c’est dans le cadre de la recherche de solutions aux difficultés lancinantes que connaissait le système éducatif malien, à l’avènement de la IIIème République, que le gouvernement du Mali avait pris l’initiative de refonder son système éducatif avec comme ambition de réunir les conditions favorables à l’installation d’un Etat de droit et à la réduction progressive de la pauvreté.
Le processus alors engagé dans cette perspective a abouti à l’élaboration du Programme Décennal de Développement de l’Education (PRODEC), un produit d’une large concertation entre l’Etat malien et les différents acteurs et partenaires de l’école. En vue de l’opérationnalisation du PRODEC, celui-ci a été découpé en trois phases. Ainsi, la seconde phase (PISE II) dont le lancement vient d’avoir lieu à Kayes, s’étendra de 2006 à 2008.
Le bilan de la première phase (2001-2005) a déjà fait ressortir des progrès importants dans le domaine de l’accès à l’éducation. En témoignent l’augmentation du nombre des infrastructures et des équipements scolaires, l’évolution remarquable des taux d’accès, d’achèvement et de scolarisation, y compris celle des filles.
Mais, il convient tout aussi de reconnaître que les différentes évaluations ont montré qu’il reste encore beaucoup à faire, notamment en ce qui concerne la qualité des apprentissages et des enseignements avec des taux de redoublement et d’abandon encore très élevés, la qualité et la gestion des ressources humaines, le transfert des ressources et des compétences aux services déconcentrés de l’éducation et aux structures décentralisées des collectivités territoriales.
Il ressort également des évaluations un besoin important d’augmenter le nombre des enseignants particulièrement en milieu rural. En effet, comme l’a toujours dit le prof, à quoi ça sert de construire des classes sans enseignants ? Le contraire est tout aussi patent : à quoi ça sert de former des enseignants sans classes ? C’est la dialectique de l’éducation. Aussi, le PISE II est-il venu mettre tout le monde d’accord par le renforcement des acquis de la première phase en corrigeant leurs insuffisances.
Selon Joseph Byll-Cataria, «les préalables à la mise en œuvre efficiente du PISE II sont, à présent, bien installés, les principes fondamentaux et les axes majeurs du secteur de l’éducation sont clairement déterminés, les contraintes à son épanouissement ont été identifiées, des leviers de déblocage par des stratégies hardies, innovantes et réalistes ont été indiqués et les moyens et modalités de financement des activités retenues sont pour l’essentiel arrêtés».
Place donc à l’exécution de cette seconde phase dont le montant du financement se chiffre à 562 milliards de FCFA dont 361 milliards pour le fonctionnement et 201 milliards pour l’investissement.
Déjà, les bailleurs de fonds ont annoncé une contribution globale de 167 milliards. A charge pour l’Etat et les collectivités de trouver le reste du financement mais surtout de combler un déficit de 20 milliards creusé dans le budget initial.
La première priorité du PISE II est le développement de l’éducation de base et spécialement de l’enseignement fondamental en vue d’atteindre les objectifs de l’éducation pour tous en 2015. Elle devra créer une dynamique d’accélération de la scolarisation des filles pour réduire les différents écarts entre filles et garçons en termes de parité et d’égalité, principalement dans les zones les plus défavorisées.
La phase II du PISE vise aussi à réduire le poids de la charge financière de la scolarisation au niveau des familles pauvres afin d’améliorer la fréquentation de l’école par les filles. De même, les filles vont être privilégiées dans le recrutement des élèves maîtres au niveau des Instituts de Formation des Maîtres. Est-ce à dire pour autant que les autres ordres d’enseignement, à savoir l’enseignement secondaire général, technique et professionnel et l’enseignement supérieur seront des laissés-pour-compte ?
En réalité, il s’agit d’une discrimination positive pour sortir le Mali du retard chronique que nous accusons par rapport aux autres pays de la sous-région. L’éducation étant une et indivisible, même la recherche scientifique et technologique aura sa part dans le grand gâteau du PISE II.
Mamadou Lamine DOUMBIA
Envoyé spécial à Kayes

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