Université de Bamako et grandes écoles : Des gestionnaires indélicats

0
1





Les fonds alloués à l’Université de Bamako et aux Grandes écoles au cours des années universitaires 2007-2008 et 2008-2009 voire 2009-2010 ont fait l’objet d’un sérieux tripatouillage, relève une enquête de la Cellule d’Appui aux Structures de Contrôle de l’Administration (CASCA).   

Depuis 2007, l’Université de Bamako (UB) et les Grandes Ecoles (GE) vont très mal à cause de la mauvaise gestion qui a engendré la disparition des millions de nos francs qui ont disparus en un laps de temps.

Toutes choses qui donnent du fil à retordre aux étudiants qui en plus ces problèmes doivent faire face à d’autres comme les grèves intempestives des enseignants, l’absentéisme.

Les irrégularités qui ont mis à sac les fonds alloués à l’UB et aux GE durant les années universitaires 2007-2008 et 2008-2009 voire 2009-2010 sont nombreuses Du c’est ce qui ressort de la dernière vérification effectuée par la Cellule d’Appui aux Structures de Contrôle de l’Administration (CASCA).

Parmi ces irrégularités criardes on peut citer la non maîtrise des effectifs des étudiants se manifestant par l’existence d’écarts de 4691 en 2007/2008, 6796 en 2008/2009 entre les nombres d’étudiants au niveau des Services Scolarités des Facultés et Instituts et ceux du Service Scolarité et Orientation du Rectorat et 1136 en 2008/2009 entre le nombre d’étudiants réguliers fournis par les Facultés et Instituts et celui du Centre National des Œuvres Universitaire (CNOU)  et enfin 210 en 2008/2009 entre les effectifs fournis par l’Ecole Nationale d’Ingénieur Abdrahamane Baba TOURE et l’IPR/IFRA et les effectifs du CNOU, des impayés de 99.914.000 F CFA au titre de cartes d’étudiants au niveau de l’UB.

Aussi, la CASCA déplore des impayés au tire des frais d’inscription de 54.740.000 F CFA à l’IPR/IFRA et de 31.527.250 F CFA à l’ENI/ABT et la non comptabilisation de 14.806.545 F CFA de recettes de l’Unité d’Etudes et de Production à l’ENI/ABT.

Autres irrégularités inadmissibles, l’existence d’un écart de 121.542.700 F CFA entre les montants des ressources propres effectivement recouvrés et ceux mis à la dispositions des structures par le Recteur de l’Université ; la réalisation des dépenses de 360.593.683 F CFA sans visa du contrôle financier et l’inexistence de réglementation relative aux frais de cartes d’étudiants, de prestations diverses et pédagogiques perçus à l’Institut Universitaire de Gestion (IUG) et à la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odontostomatologies (FMPOS).

Le non respect des règles relatives aux procédures d’exécution des dépenses publiques, d’acquisition des biens et services et de gestion du matériel, la mauvaise tenue du fichier central des étudiants due à l’insuffisance des données fournies par les Services Scolarité s des Facultés et Instituts, et l’inexistence de manuel de procédures administratives, financières et comptables sont également des faits qui expliquent la disparitions des fonds au niveau de l’UB et des GE.

Le dernier rapport de la CASCA révèle aussi, le non respect des périodes d’inscription, l’inexistence de bons d’achat, d’attestations de service fait, de procès verbaux de réception au  niveau des grandes écoles et l’inexistence de statut juridique des Grandes Ecoles ;

 Toujours au titre des irrégularités, il y a l’inadaptation du Décret n°137/¨PG-RM du 24 novembre 1979, fixant le régime des indemnités allouées au personnel enseignant, l’inexistence de textes fixant le taux d’indemnité allouée pour l’encadrement des mémoires, l’inexistence de texte prévoyant l’encadrement des mémoires par les assistants et l’inexistence de procédures formalisées de gestion des heures supplémentaires dans un manuel.

A celles ci s’ajoutent, l’inexistence d’un dispositif réglementaire pour le suivi des heures supplémentaires de cours et d’encadrement de mémoires, le dépassement des volumes d’heures supplémentaires réglementaires d’encadrement de mémoires, la mauvaise tenue des cahiers de textes ne permettant pas de s’assurer de l’exécution des heures prévus par les emplois de temps et la réalisation des paiements d’heures supplémentaires effectués sans justification matérielle de l’exécution du service. A titre d’exemple à l’ENSUP, le dernier rapport de la CASCA dénonce le paiement indu de 64.528.000 F CFA en heures supplémentaires pour l’encadrement des stages pratiques, le dépassement des quotas réglementaires d’encadrement de mémoires supplémentaires pour 5.166.000 F CFA en 2007/2008 et 9.396.000 F CFA en 2008/2009.

A ce niveau on déplore également le paiement d’heures supplémentaires de cours sans existence de besoin dans certains Départements d’Etudes et de Recherches (DER) pour 18.496.000 F CFA en 2007/2008 et 32.169.250 F CFA en 2008/2009.

S’agissant de la FLASH, la CASCA décrie l’inexistence de règlement intérieur, de cahiers de texte et de textes de création de certains DER et le déplacement du quota d’encadrements supplémentaires pour 198.144.000 F CFA en 2007/2008 et 267.732.000 F CFA en 2008/2009.

L’inexistence de règlement intérieur  et la mauvaise tenue des cahiers de texte sont d’autres irrégularités qui caractérisent la FAST.

Enfin le moins que l’on puisse dire, c’est que dans ces conditions personne ne doit s’attendre à la dispense des cours de qualité dans nos différentes facultés et grandes écoles. Toute chose qui compromet  sérieusement l’avenir de notre pays dans ce monde de rude compétition.

Issa Diarra

NB - L'auteur de cet article est seul responsable de son contenu.