Université malienne : La banalisation du crime

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Pugilats dans les classes, rixes généralisées au cours des assemblées générales, agressions entre  étudiants et contre les professeurs, assassinat… Nos universités ne sont pas loin de devenir des zones de non droit.  Une nouvelle  illustration en  a été  donnée le mardi dernier par les affrontements sanglants entre étudiants à la Faculté des sciences et techniques (FST), sis à sur la colline de Badalabougou. Bilan provisoire : 2 morts, plusieurs blessés et beaucoup d’armes saisies. Le drame ? C’est l’indifférence générale affichée par les pouvoirs publics, les acteurs de l’école face à ces dérives dans les milieux scolaires et universitaires, où les pistolets, couteaux et machettes ont remplacé les cartables, livres et documents. Jusqu’où ira cette dérive qui menace dangereusement le devenir de l’éducation au Mali ?

Le 19 décembre dernier, à la FST, un affrontement (à coup de  machette et d’arme à feu) entre des clans rivaux d’étudiants s’est soldé par la mort de 2 étudiants et a occasionné plusieurs blessés. Cet affrontement est la dernière manifestation d’une  longue série d’incidents. En effet, l’espace scolaire et universitaire est devenu le théâtre de la violence. Le phénomène a pris de l’ampleur au fil des ans. Il intervient presque à chaque renouvellement du bureau de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM).

Au début de l’année 2017, des affrontements ont eu lieu à la Faculté de droit privé (FDPRI), à la Faculté des sciences économiques et de gestion (FSEG), à la Faculté des lettres, des langues et des sciences du langage (FLLSL) ex-FLASH, à l’Institut universitaire de gestion (IUG) et à l’Ecole centrale pour l’industrie et le commerce de l’administration (ECICA).

Les enseignants ne sont pas aussi épargnés. A titre d’illustration, Dr Boureima Touré, Secrétaire général du syndicat de l’enseignement supérieur  du comité de l’USLHB signale que le 12 mai 2016, un affrontement entre des clans rivaux d’étudiants de la faculté des lettres et des sciences et langues, s’est soldé par la destruction de la voiture personnelle du Dr Boubacar S. Coulibaly, enseignant au département Anglais.  Il en est de même pour l’enseignant Mamadou Coumaré qui a trouvé les vitres et clignotants de sa voiture endommagés pendant qu’il était en cours. Plus révoltant, le 5 mars 2016, un groupe d’étudiants dirigés par le comité AEEM, mécontents du refus des professeurs de procéder à des repêchages, se sont introduits de force dans les salles d’examen pour déchirer les sujets et copies d’examen lors de la session de rattrapage.

Comme si cela ne suffisait pas, des étudiants ont tenté de s’introduire nuitamment au domicile du Chef de DER Sciences de l’Education dans l’intention de s’en prendre physiquement à sa personne.  On se souvient également de l’agression du doyen de la Faculté des sciences et techniques (FST), Fana Tangara, il y a quelques années.

Bref, les enseignants vivent dans l’insécurité totale. Face à cette situation, le personnel enseignant a observé  plusieurs grèves.

Le syndicat dénonce…

Par ailleurs, la politisation de l’école, le laxisme des autorités, l’interférence des députés et le manque de sanctions ont été déplorés par les enseignants qui pensent que l’AEEM est devenue une mafia avec la bénédiction de l’Etat.

Pour le secrétaire général du syndicat de l’enseignement supérieur (Synesup), Abdou Mallé, c’est  la mauvaise gouvernance  de l’université par les autorités de tutelle  qui est à la base des tourments actuels. «La mauvaise gouvernance, le mauvais choix des hommes conforte la déliquescence des facultés. A titre  d’illustration, l’incapacité du ministre de sanctionner la gestion calamiteuse du doyen de l’IUG est la source du chaos qui règne actuellement  sur la colline », s’indigne-t-il. Il précise que la situation de l’université malienne peut s’améliorer à condition que l’Etat change de méthode. « L’Etat a les moyens, mais il y a une mauvaise gestion, une  mauvaise répartition des richesses du pays», affirme le leader syndical. Il  souhaite en outre l’éradication totale  de la violence dans l’espace universitaire et demande à Etat malien de s’assumer pour un enseignement supérieur de qualité.

Pour l’avenir du pays et des enfants, il urge de prendre des mesures fortes pour bannir la violence dans le milieu universitaire.

Mémé Sanogo

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6 COMMENTAIRES

  1. Effarant…

    Ou sont les étudiants dont on reconnait l’intelligence à leur amour de la Paix et de leur ouverture d’esprit …
    Encore une fois certains accusent les politiques….
    Si tu te conduis comme un sauvage c’est pas de la faute des autres ..Le sauvage c’est toi
    Et dire que nous exportons hors du pays de pareilles violences ..
    Il faut sortir à coups de pieds aux fesses ces nantis qui font des études au frais du pays …

  2. Nous avons là un cas qui peut être rapproché à la situation que vit nos MILITAIRES sur le terrain.
    La mauvaise gouvernance des hommes politiques créé une SITUATION inimaginable dans l’espace scolaire.
    Je n’arrive pas à croire que des élèves rentrent dans la salle des professeurs,déchirent les feuilles d’examen,personne ne réagit.
    Ce sont les membres du comité exécutif AEEM de l’ établissement qui doivent être exclus de l’ école.
    On n’a pas là des élèves,mais des délinquants.
    Ils doivent être chassés de l’ ESPACE scolaire.
    Vous allez dans l’espace militaire retrouver les mêmes personnes qui refusent d’aller se battre avec la bénédiction des hommes politiques.
    Des délinquants à l’image de la bande des SANOGO.
    Ce pays souffre de la qualité de ces hommes politiques.
    On comprend pourquoi ils font tout pour écarter un homme comme ZOUMANA SACHO ,dénigrer à longueur de journée SOUMAILA CISSE qui ont prouvé par le passé leurs capacités à enrayer le désordre dans leurs ministères respectifs
    Ils utilisent tous les moyens volés dans les caisses de l’ ÉTAT pour empêcher ces deux hommes d’avoir le pouvoir.
    Ce serait le commencement de leurs descentes aux enfers.
    Ils le savent.
    IBK -ATT :BLANC BONNET,BONNET BLANC.
    Ils sont entrain de réformer leurs couples diaboliques de 2002.
    Le dimanche 24 décembre est une autre date noire de notre pays avec l’ arrivée du père du jihadisme au Mali.

  3. On ne récolte que ce qu’on a semé. C’est Oumar Mariko qui a instauré la violence comme tradition dans notre université n’est-ce pas. Aujourd’hui les autres ne font que suivre le chemin qu’il a tracé. Mais comme toujours c’est le régime qui est responsable. Vous n’avez rien vu d’abord. Vous applaudissez aujourd’hui des drogués qui insultent les gens parce que vous avez le même combat. Après 2023 cela deviendra une bombe et on accusera le régime de ce moment.

  4. C’est difficile pour des singes de s’organiser en société humaine. C’est cette réalité qu’on refuse de reconnaître, mais qui nous attrape chaque jour partout et à tous les niveaux de la société négroïde.
    Les nègre doivent s’émanciper de cette mentalité de singes humanoïdes, commencer à raisonner et à s’organiser comme des êtres humains, et la paix et la prospérité reigneront sur les terres des nègres.

  5. …M Ras Bath attire depuis longtemps l’attention de tout le monde sur ce qu’il (r)appelle que dans nos universités “il y a plus de “bessé” que de livres, plus de préservatifs que de microscopes…” Et quand c’est lui qui le dit, malheureusement on le prend pour parole de drogué…

    • Rire, il est drogué, c’est pourquoi il est écouté, sinon aucun sage de ce pays n’est encore écouté!
      malheureusement frère, les armes sont devenues les voies et les voix autorisées dans ce pays!

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