UNIVERSITE DU MALI: Quand les étudiants dictent leurs lois aux autorités

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’’Fsje : Hypothèque sur les examens’’. Par cet article paru dans notre édition de jeudi, nous attirions l’attention sur un possible retour des démons dans cette faculté si jamais l’Administrateur provisoire mettait en pratique sa décision d’organiser des examens sans l’aval des enseignants. Ces derniers, à travers leur comité syndical, avaient pourtant tiré sur la sonnette d’alarme à la Maison de la presse.
Programmés pour ce lundi 7 août 2006, les examens de fin d’année pour les 1ère et 2ème années de la Faculté des sciences juridiques et économiques, n’ont pas eu lieu. Pour cause : les étudiants ne veulent pas composer.
Pour mémoire, l’administration de ladite faculté avait décidé, d’un commun accord avec le corps professoral, d’organiser les examens au retour des vacances fixées au 15 juillet.
La décision s’expliquait selon eux, par la non efficacité des examens pendant les vacances et les coûts supplémentaires que cela engendrait.
Cette décision n’avait pas reçu un écho favorable du côté des étudiants car pour eux, elle fait obstacle à la possibilité d’obtention de bourses cette année pour les étudiants qui aspirent aux études plus poussées à l’extérieur.
En outre, le renouvellement des instances dirigeantes de la Faculté, également prévu pour cette période, peut constituer une entrave à la tenue normale des examens.
Contre de tels arguments, l’administrateur provisoire aussi bien que les autorités, à savoir le ministre de l’Education nationale et le recteur, ont dû se plier au diktat des étudiants, en organisant les examens sans l’aval, à plus forte raison la participation de leurs profs attitrés. 
Comble de l’ironie, ce sont les mêmes étudiants qui se sont illustrés encore en boycottant les examens qu’ils avaient eux-mêmes demandés.
Ont-ils réalisé par la suite les risques énormes qu’ils courraient en allant aux examens sans la participation des professeurs qui ont dispensé les cours pendant l’année scolaire, qui connaissent mieux le programme et sont en mesure de donner des sujets ?
Avaient-ils besoin de ça pour se rendre compte qu’un examen ne pouvait se dérouler en l’absence d’enseignants qui en constituent la cheville ouvrière ?
Binta GUADIAGA

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