Universités de Bamako : Qui veut sacrifier la génération sortante ?

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Les classes de l’Ecole normale Supérieure (Ensup) sont toujours fermées et pour cause, les professeurs de l’enseignement supérieur sont en grève illimitée. Mieux, des menaces réelles pèsent sur l’authenticité des diplômes des sortants avec la suppression des mémoires en classe terminale.

Pour faire face à la situation, des négociations ont eu lieu le 17 Octobre dernier autour de six points importants. Il s’agit de: l’application immédiate et intégrale du nouveau salaire des enseignants du supérieur et des chercheurs consignés dans la lettre n°46/MTFP-SG du 12 Mars 2012 du ministre du travail et de la fonction publique au Premier ministre avec rappel pour compter du 1er Mars 2012, la transposition immédiate de tous les Assistants Docteurs dans le corps des Maître Assistants, le remboursement immédiat de 11 mois d’arriérés d’Assurance maladie obligatoire (AMO) et la prise en charge de la quatrième liste de non adhésion à l’AMO.

Ces trois premiers points ont fait l’objet de désaccord. Il y’avait aussi : l’intégration immédiate à la fonction publique des travailleurs contractuels payés sur les budgets autonomes des structures de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, le paiement immédiat de toutes les heures supplémentaires : 2010 – 2011 ; 2011 – 2012 et la correction immédiate des arrêtés d’avancement 2011 et 2012 et le paiement immédiat de tous les arriérés. Ce sont ces trois derniers points qui ont fait l’objet d’un accord partiel. Malgré tout, le mot d’ordre de grève a été maintenu par le CEN-SNESUP.

Toutefois, l’abrogation des mémoires de fin de cycle, un point non moins important, n’a pas été pris en compte lors de cette rencontre. « Si les autorités universitaires ne restituent pas les mémoires, la génération sortante sera sacrifiée » a soutenu le Dr Moussa Famougouri Coulibaly, chef de DER de la filière Histoire-Archéologie. Il explique que le mémoire est une unité de valeur(UV) à part entière. « Celui qui passe sans soutenir de mémoire n’a pas validé une UV. En conséquence, il ne peut pas obtenir une attestation et un diplôme légal mais, dans ce cas exceptionnel, l’étudiant obtiendra ce qu’on appelle ‘’une attestation d’admissibilité’’. Ce qui ne lui permettra pas d’aller là où il veut c’est-à-dire qu’il ne peut pas évoluer dans son domaine à l’extérieur sans reprendre la Maîtrise ». Aujourd’hui, la plupart des étudiants en fin de cycle de l’ex-FLASH, de la FSJP et la FSEG ont du volcan dans la gorge avec la suppression des mémoires de fin de cycle et s’inquiètent beaucoup pour leur sort.

A titre de rappel, les mémoires avaient été abrogés par l’ancienne ministre de l’Enseignement supérieur, Mme Siby Ginette Bellegarde qui avait abrogé les mémoires, en son temps par une décision ministérielle.

Par Alfousseini Togo,  stagiaire

 
SOURCE:  du   15 nov 2012.    

6 Réactions à Universités de Bamako : Qui veut sacrifier la génération sortante ?

  1. bakosa

    Toutes les doléances évoquées relèvent du gouvernement précedent. je pense qu’avec la situation exceptionnelle que traverse le pays, ces enseignants devraient prendre en compte l’avenir de ce pays. certes l’etat est une continuité mais nous vivons une situation exceptionnelle et le Mali a besoin d’un sacrifice de la part de nous tous.

    • Prof97O

      Malheureusement, Empereur Bokasa, les revendications en cours n’ont rien n’a avoir avec la situation tres difficile de notre pays. Au contraire, car l’application des textes signes permet a l’Etat de gagner plus de trois milliards par an sur seulement les heures supplementaires a payer au superieur. Cet argent peut aider dans d’autres secteurs tel que le ministere de la defense. Je vous apprends aussi ledit argent ne profite pas aux enseignants car ils ne l’ont jamais percu et ne le percoivent pas. Pour comprendre, essayez de diviser 3 milliards par 1000 enseignants car l’enseignement superieur compte environ mille enseignants. Vous trouverez 3 millions par an et par enseignant pour les heures supplementaires. Ce qui est impossible, car les textes ne permettent pas d’inscrire une telle somme devant le nom d’un enseignant. Ou va donc l’argent? peu importe. Les enseignants ont decide de s’en passer de cet argent. Mais le gouvernement refuse. Que veut-il donc? On ne sait pas. En appliquant le document signe, il y aura une depense annuelle de 1 milliard 400 millions et un gain de plus de 3 milliard seulement sur les heures sup. Cherchez-vous meme le motif du refus du gouvernement.
      Empereur, nous sommes tous des maliens et la situation actuelle affecte tout le monde. A defaut de pouvoir mettre la main dans la poche pour aider nos concitoyens, les enseignants ont decide d’exiger l’application des textes qui du coup leur permettra de satisfaire a certaines de leurs doleances et de faire entrer de l’argent dans la caisse de l’Etat, sinon d’eviter les blanchiments d’argent en leur nom. C’est tout.

  2. touramakanchi

    Je viens ici pas pour commenter mais pour noter ce stagiaire d’un bon article que même certains journalistes(journaleux)ne peuvent ficeler et articuler à la hauteur de celui-ci.

  3. que DIEU donne un bon avenir à nos enfants malgré les coups de ces terroristes de l’école

  4. Tienkafo

    Les mémoires n’ont été abrogés, c’est l’arrêté qui réglementait les modalités de rémunération des mémoires, projets de fin d’études et des thèses qui fut abrogé. Le protocole d’accord que le gouvernement irresponsable refuse de signer maintenant propose en lieu et place des frais d’encadrement une indemnité d’encadrement. Ce sont les égos, démesurément gonflés du premier ministre du paresseux ministre des enseignements supérieurs, qui bloquent l’École.

    • Prof97O

      Merci pour les eclairecissements. Les journalistes ne vont pas a la source ou preferent ecrire ce qu’ils veulent. Ce que vous dites ici est vrai, c’est exactement ce qui se passe.