Iba Ndiaye à propos du chômage des jeunes: Il est impératif de reformer notre système éducatif ""

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Aujourd’hui, la problématique de l’emploi des jeunes constitue un casse-tête pour le Gouvernement. Nombreux sont les stratégies qui ont été mises en œuvre pour venir à bout de ce phénomène. La création de l’Agence pour la promotion de l’emploi des jeunes (APEJ) et du Fonds d’appui à la formation professionnelle et à l’apprentissage (FAFPA) illustre la volonté manifeste de l’Etat de la maîser. Cependant, le problème reste récurrent. A cet effet, Iba Ndiaye, directeur général de l’Agence natonale pour l’Emploi (ANPE), après analyse de la situation, a dénoncé l’inadéquation entre le système éducatif et le marché de l’emploi. C’était au cours la conférence-débat du samedi 29 juillet au CRES qu’il s’est prononcé sur la question.
 
‘’La problématique de l’emploi est une question très délicate. Sa résolution ne relève pas de la seule compétence de l’Etat. La société civile, les partenaires au développement, en bref tout le monde doit y participer. Le phénomène du chômage qui est en train de paralyser la jeunesse n’est pas uniquement lié au manque d’argent, mais à notre comportement face à nos produits. On les consomme moins, même s’ils sont de très bonne qualité. On est tourné vers l’extérieur. Là où le bât blesse, c’est notre système éducatif. Il n’est pas en adéquation avec la réalité sociale. Nombreuses sont des écoles qui ne font que former des jeunes dans des métiers dont les débouchés sont saturés. L’économie du Mali repose sur les secteurs de l’agriculture, de la pêche, de l’élevage. Ces secteurs sont dans la plupart des cas marginalisés dans le cadre de l’élaboration des programmes de l’enseignement. Tous les promoteurs d’école ne créent que des sections de secrétariat et de comptabilité. L’Etat doit refuser de donner l’agrément portant création des écoles de secrétaire" a déclaré Iba N’Diaye. Et Yacouba Woyo de renchérir: "Tout est politique. Les jeunes montent des projets, mais ils ne sont pas financés. Les processus sont élaborés délibérément de façon à décourager les jeunes entreprenants. Il faut financer les jeunes si l’on veut se développer. Car le moteur de tout développement repose sur le secteur privé. Celui-ci est détenu par les jeunes". 
Alou Badra Bah, artisan, d’enfoncer le clou : "Le secteur de l’artisanat est marginalisé. Il ne représente que 12 % dans l’économie". C’est dans ce climat d’échange que cette conférence-débat s’est déroulée.
Organisée par le Club Perspectives et développement, elle vise à créer un espace de dialogue dans le seul but de rechercher des pistes de réflexion pour l’épanouissement de la jeunesse.
 Les principaux conférenciers étaient Salia Doumbia, coordinateur national pour l’emploi en vue de réduire la pauvreté (PNA/ERP), Abdoulaye Ouane, professeur de droit et Moctar Sow, ex-directeur de l’Agence pour la promotion de l’entreprise privée (APEP).
Les conférenciers ont respectivement exposé des thèmes relatifs aux politiques de l’emploi: à l’état des lieux et aux Perspectives, à la décentralisation des emplois et à l’environnement entreprenarial.
Dans l’exposé des «politiques de l’emploi, état des lieux et perspectives», Salia Doumbia a présenté l’historique de l’évolution du cadre institutionnel de l’indépendance à nos jours. Ainsi, l’a-t-il subdivisé en trois périodes.De 1960 à 1982, tous les jeunes sortants des écoles de formation professionnelle et des grandes écoles étaient automatiquement recrutés dans la fonction publique ou dans les entreprises privées.
De 1983 à 1998, un concours d’accès a été instauré. Les effets néfastes du Programme d’ajustement structurel (PAS) ont entraîné le chômage d’autres groupes dont les partants volontaires à la retraite, les compressés des sociétés et entreprises d’Etat.
De 1998 à nos jours, les autorités ont décidé de résoudre le problème de l’emploi dans sa globalité. Une politique nationale active et globale de l’emploi a été élaborée et adoptée en 1998.
Après les interventions des conférenciers, les assistants ont pris la parole pour exprimer leurs préoccupations.

Abdou Karim Koné

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