Bamako sous l’orage : A qui la faute ?

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innondationPlus d’une trentaine de morts, des milliers de sans-abris, et des dĂ©gĂąts matĂ©riels trĂšs importants, voici le triste bilan des fortes pluies qui se sont abattues sur la capitale le mercredi dernier. Selon les services de la protection civile qui sont restĂ©s en alerte Jusque tard dans la nuit, Ă  la tĂąche pour secourir ceux qui pouvaient encore l’ĂȘtre. De mĂ©moire de bamakois, un quart de siĂšcle se serait Ă©coulĂ© sans que les prĂ©cipitations engendrent des dĂ©gĂąts d’une telle ampleur en termes de perte en vie humaine et matĂ©rielle. Du temps, on en mettrait encore avant d’oublier cette catastrophe qui a en endeuillĂ© les habitants de la capitale ce mercredi 28 aoĂ»t 2013.

 

Les services de prĂ©visions du temps avaient-ils judicieusement sondĂ© le ciel pour en extraire des signaux d’alerte ? MĂȘme si s’était le cas, qui en aurait cure,  en tout cas, pas le citoyen malien, plutĂŽt prĂ©occupĂ©, Ă  la quĂȘte de sa pitance qu’à prĂȘter une oreille attentive Ă  ce qui adviendra de lui le lendemain.

La ville de Bamako, se prĂ©vaut Ă  coup sĂ»r d’un schĂ©ma directeur assorti d’un plan d’urbanisation. En aurait-on exfiltrĂ© des sous chapitres autorisant la construction des habitations dans les lits des marigots, des caniveaux, dans les grottes, sur les flancs de la colline, sur les emprises des sites de l’énergie ou de la voie ferrĂ©e ?  Non Ă  l’évidence. MĂȘme si c’était le cas, le trop pressĂ© de s’offrir un toit et l’oppressĂ© de la rigueur de location en auraient-ils cure ? Ceux-ci pourraient, entre autres, Ă©tablir l’origine de la prolifĂ©ration de concessions anarchiques sur des sites  dont on ne sera convaincu du risque qu’au sortir des Ă©preuves comme celle vĂ©cue ce mercredi noir.

 

 

Ce mercredi 28 aoĂ»t 2013, l’assombrissement du ciel de ce matin n’était pas un signal annonciateur de dĂ©luge.  Tout semblait croire Ă  du dĂ©jĂ  vu, sans bien sĂ»r, compter sur un ciel aux secrets insondables. Les habitants ne se doutant de rien pouvaient vaquer Ă  leurs occupations habituelles sans inquiĂ©tudes majeures en dĂ©pit des quelques averses qui en donnaient le ton aux environs de huit heures. Puis, au fur et Ă  mesure qu’on s’engageait dans la journĂ©e, les averses intermittentes vont cĂ©der place, en quelques endroits, Ă  de vĂ©ritables avalanches torrentielles. Aux environs de douze heures, l’alerte d’une ville aux abois Ă©tait totale, tant le grondement de tonnerre et les sirĂšnes des sapeurs pompiers en plantaient le dĂ©cor. Les marchĂ©s et l’administration se vidaient de leur monde appelĂ© d’urgence au chevet  d’une ville qui commençait Ă  crouler sous la furie des eaux de pluie. Si la solidaritĂ© spontanĂ©e a pu Ă©viter le pire en certains endroits, elle serait venue trop tard quelque part dans les quartiers de Banconi  et SangarĂ©bougou en commune I, de Talico en commune IV et de Bougouba en commune II. Dans un registre des plus sinistrĂ©s, ces diffĂ©rents secteurs de la ville jouxtant malencontreusement le passage des eaux  ont amenĂ© un dĂ©sastre du jamais vu. Çà et lĂ , les courants d’eau d’une allure vertigineuse n’ont rien Ă©pargnĂ© sur leur passage. Des personnes aux concessions entiĂšres en passant par des meubles et vĂ©hiculĂ©s, les vagues ont tout emportĂ© sur leur passage. Les sapeurs-pompiers Ă©taient dĂ©bordĂ©s et leurs moyens trĂšs limitĂ©s. Car ils manquaient de matĂ©riels nĂ©cessaires pour faire face Ă  un drame de ce genre. Les bamakois fortement indignĂ©s portent un doigt accusateur sur l’Etat pour n’avoir pas dotĂ© la Protection civile de matĂ©riels adĂ©quats pour qu’elle puisse mener Ă  bien sa mission de protection de la population et ses biens. On dĂ©plore aussi le manque total ou la dĂ©fectuositĂ© des systĂšmes de drainage des eaux pluviales. Ce qui pose la problĂ©matique du schĂ©ma directeur d’urbanisation au niveau de Bamako. Dans leur pĂ©nible navette sur les lieux du sinistre, les autoritĂ©s communales et mĂȘme nationales ne pouvaient que dĂ©plorer les dĂ©gĂąts aux cotĂ©s d’une population extenuĂ©e, Ă  pied d’Ɠuvre depuis le matin pour sauver ce qu’il en reste de possible. Encore une fois, l’autoritĂ© politique devra se contenter d’en Ă©tablir un bilan et se fondre en compassion devant les milliers de sans abris et la trentaine de corps jonchant les planchers des morgues de la ville. L’urgence, va-t-on signifier, passe par le recasement des sinistrĂ©s avec Ă  l’emporte piĂšce, soins de santĂ© et nourriture. La croix-rouge Ă  cet effet va s’exĂ©cuter en mĂȘme temps que les structures nationales appropriĂ©es. Sur leur trace, des tonnes de vivre et des nattes et couvertures, moustiquaires imprĂ©gnĂ©es seront dĂ©posĂ©s sur les sites de fortune dĂ©gagĂ©s pour la circonstance. Et, pour parer au plus pressĂ©, des salles de classe sont des destinations de prĂ©dilection. Cette assistance, de toute Ă©vidence, est loin d’exclure un geste en espĂšce pour la prise en charge de sĂ©pulture dĂ©cente des familles endeuillĂ©es.

Mah Traoré

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2 COMMENTAIRES

  1. schema Directeur ou non, protection civile outillĂ©e ou non les Maires n’en Cure!
    On pointe du doit les constructions non autorisĂ©es ou mal situĂ©es Mais Tout le monde OUBLI que quelqu’un a attribuĂ© ces parcelles en toute connaissance du schema Directeur et autres mesures de restriction! C’est eux les Vrais coupable!
    En regardant bien la photo ci-dessus,la scene se passe sur une route principale a 4 voies donc bien situĂ© dans un quatier bien lotis: Donc lĂ  le “foutu schema directeur” ou les executants ont simplement oubliĂ© de construire les canaux de part et d’autre et ou en oubliant de les communniquer sous la route!
    Il ne reste plus au Mali qu’a privatiser la Gestion de nos centres Urbains!

  2. “voici le triste bilan des fortes pluies qui se sont abattues sur la capitale le mercredi dernier.”

    Non! Non et non! Une pluie (mĂȘme forte) en pleine saison des pluies, n’est que parfaitement NORMALE, et PREVISIBLE!

    Ce ‘triste bilan” est celui de l’inconscience, de l’irresponasibilitĂ©, du laisser-aller, et de l’impunitĂ©!

    Ici, le ciel a fait cruellement “remonter Ă  la surface” ( 🙁 ) les tares qui minent notre sociĂ©tĂ© et nos irresponsables responsables!

    Une pluie en saison des pluies ne peut ĂȘtre en rien assimilĂ©e Ă  une catastrophe naturelle! 👿 👿 👿

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