Discours de madame le ministre de l’environnement, de l’assainissement et de du développement durable

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A l’occasion du lancement de la campagne de reboisement  2016 couple à celui de la grande muraille verte au Mali.

 

–           Monsieur le Premier ministre, Chef du Gouvernement ;

–           Mesdames et Messieurs les représentants des Institutions de la République ;

–              Mesdames et Messieurs  les Ministres ;

–              Monsieur le Gouverneur de la Région de Koulikoro ;

–              Monsieur le Préfet de Koulikoro;

–              Messieurs les Maires des Communes Rurales de N’Gabacoro Droit et de Tienfala ;

–              Mesdames et Messieurs les Partenaires Techniques et Financiers ;

–              Mesdames et Messieurs les représentants des services techniques ;

–              Mesdames et Messieurs les représentants  de la Société Civile et du Secteur Privé ;

–              Honorables invités ;

–              Mesdames et Messieurs,

Je rends grâce à Dieu qui nous a permis de vivre cet événement exceptionnel, à savoir,  le lancement  officiel de la campagne nationale de reboisement 2016 couplé à celui du lancement des activités de la Grande Muraille Verte du Mali, placé sous la Haute Présidence de Monsieur le Premier ministre, Chef du Gouvernement.

Monsieur le Premier ministre,  je voudrais rappeler que cette opération est  à sa 22ème édition. Vous vous souviendrez que les gouvernements successifs du Mali, conscients du défi environnemental, et dans la recherche de solutions idoines, ont initié depuis 1995 à travers le Ministère chargé de l’Environnement, l’organisation d’une campagne nationale de reboisement dénommée « Opération pour un Mali vert ».

Cette action dont l’objet principal est d’éveiller les consciences tant au niveau national qu’international vise quatre objectifs, à savoir :

  • la restauration des terres dégradées et la lutte contre la désertification, contribuant ainsi à la lutte contre la pauvreté de nos populations ;
  • l’embellissement des agglomérations pour offrir à nos citoyens un meilleur cadre de vie ;
  • la réalisation de divers types de plantations pour la satisfaction des besoins en énergie domestique, en bois de service et bois d’œuvre ;
  • et la conservation de la diversité biologique.

Cette année, le thème retenu pour la campagne est : « Restaurons les écosystèmes dégradés, un devoir noble contre les effets des changements climatiques » avec comme  slogan « Reboiser les terres dégradées, c’est lutter contre la désertification, c’est aussi un acte de citoyenneté ».

Monsieur le Premier ministre,

Le Choix de  la forêt classée de Tienfala pour abriter la présente cérémonie de lancement n’est pas fortuit. Il se justifie amplement par la mise en œuvre de votre instruction n°462/PM-CAB du 04 août 2015, je cite : « J’attire votre attention sur la nécessité de ne pas permettre, dans les forêts classées, l’exploitation même à titre provisoire des superficies par les populations et cela pour toutes les cultures ».

Cette forêt, d’une superficie de 3000 ha avait été classée en 1939 pour constituer une réserve  forestière stratégique au bénéfice des villes de Koulikoro et de Bamako.

Cette forêt classée de Tienfala, protège la ville de Bamako contre les catastrophes naturelles comme les éboulements, les pluies torrentielles et les vents violents et constitue avec les forêts classées de la Faya et des Monts Mandingues les poumons d’absorption de la pollution de l’air engendrée par les villes de Bamako et Koulikoro en pleine expansion.

Malheureusement, les diverses pressions humaines qui s’exercent négativement sur cette forêt, à savoir la coupe abusive du bois énergie, les feux de brousse, les lotissements (plus de 50 titres fonciers attribués), affectent sérieusement sa vocation.

Face à cette situation de plus en plus préoccupante pour l’Etat et les populations riveraines, le processus d’immatriculation du  domaine forestier classé est engagé avec les services du Ministère des Domaines de l’Etat et des Affaires foncières, en vue de mieux examiner et gérer toutes les irrégularités constatées.

Monsieur le Premier ministre ;

Honorables invités,

L’année 2015 aura  été marquée  par deux évènements importants au plan technique   : l’adoption  à Paris  d’un nouvel  accord sur le climat  le 13 décembre 2015, et la tenue du 2 au 5 novembre 2015 dans notre pays du deuxième forum régional de la conservation de la nature en Afrique centrale et occidentale.

Pendant cette période de référence, les activités réalisées ont porté  entre autres sur : la production de 30 743 373 plants, la plantation d’arbres sur une superficie de 41 011 ha tous types confondus et la  fixation  de 1435 ha de dunes.

Ces activités,  Monsieur le Premier ministre, ont été réalisées dans un contexte difficile marqué par :

  • l’incivisme des populations, chose qui n’est pas de nature à faciliter l’application des textes  en vigueur ;
  • l’insuffisance quantitative et qualitative des ressources humaines et des moyens matériels et financiers, qui ne permet guère  la célérité dans l’exécution des tâches confiées aux différentes structures ;
  • l’occupation illicite des forêts classées par les populations et les exploitants de toute sorte;
  • le développement de l’orpaillage traditionnel ; etc.

Par ailleurs, vous me permettrez, de revenir sur la question des ressources humaines qui se pose aujourd’hui avec une acuité sans précédent, et limitant ainsi la portée de toutes nos initiatives.

En effet, la situation des départs à la retraite des cadres, notamment des forestiers, demeure une forte préoccupation. Sur un effectif  total de 771 cadres en 2015, 99 cadres forestiers ont fait valoir leurs droits à la retraite, et 06 ont été froidement tués par les bandits armés, alors que le recrutement annoncé ne prévoit que 22 Agents techniques.

Monsieur le Premier ministre ;

Honorables invités,

Les perspectives pour l’année 2016 sont bonnes et sont bâties autour d’un programme très ambitieux de 116 776,90 ha de reboisement avec 54 361 276 plants, toutes espèces confondues ; la restauration de sites miniers, la régénération naturelle assistée (RNA) ; etc.

S’agissant des actions de la Grande Muraille Verte, elles s’étendront sur 2066 km de long  et 215 km de large dans cinquante-cinq (55) communes réparties entre 24 cercles des régions  de Kayes, Koulikoro, Ségou, Mopti, Tombouctou et Gao.

Je puis vous assurer, que mon département, après avoir placé les femmes au centre de la gestion des forêts, au cours de la précédente session à Ségou, exécutera ce programme et maintiendra cet élan à travers la mise en œuvre de la Politique Forestière Nationale et la Stratégie Nationale d’Amélioration du Couvert Végétal en cours d’élaboration.

En outre, la mise en place de l’Unité de Gestion de la Grande Muraille Verte est déjà effective.  Pour la période 2016-2020, elle prévoit, d’imprimer un élan nouveau aux activités de reboisement à travers la réalisation d’environ 3 millions d’hectares de plantations et le renforcement de la résilience des populations des zones arides et semi-arides du Mali.

Honorables invités ;

Mesdames et Messieurs.

La présente  cérémonie de lancement de la campagne 2016,  sera aussi   marquée, comme d’habitude, d’actions pratiques de plantations d’arbres par les plus hautes autorités du pays, ici présents.

Elle se doit d’être également traduite en actions concrètes et décentralisées dans toutes les localités du pays en vue d’assurer à l’opération une dimension plurielle et une envergure soutenue.

Puisse le Tout Puissant et Miséricordieux nous gratifier d’une bonne saison des pluies, afin de nous permettre d’atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés.

Vive un Mali en Paix!

Vive un Mali vert !

Je vous remercie.

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