Exploitation du bois : « La loi d’interdiction ne concerne ni le charbon encore moins le bois de chauffe »

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Fédération nationale des exploitants forestiers du Mali
Fédération nationale des exploitants forestiers du Mali

Depuis le dimanche dernier, la Fédération nationale des exploitants forestiers du Mali, à travers une grève s’efforce à créer une confusion inexplicable en faisait croire que le charbon et le bois de chauffe sont interdits  d’exploitation et de vente par les autorités en charge des contrôle des Forêts. Heureusement, le département de l’Environnement à redressé l’information par une conférence de presse hier jeudi 19 mai 2016.

Depuis quelques jours, la Fédération nationale des exploitants forestiers du Mali, observe une grève imposée. A l’origine de cette grève : la mise en application de la réglementation de l’exploitation et de la circulation du bois d’œuvre et du bois de service du domaine forestier de l’Etat, instruit par la loi 10-028 dans ses articles 32 et 33, votée en 2010 par l’Assemblée nationale. « La loi d’interdiction ne concerne pas le bois de charbon ni le bois de chauffe ». Cette information a été donnée hier à la faveur d’une conférence de presse organisée au ministère de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable par le directeur national des Eaux et Forêts, le général Biramou Sissoko.

Après plusieurs moratoires accordés sur l’application de la règlementation de l’exploitation et de la circulation du bois d’œuvre et du bois de service du domaine forestier de l’Etat, les exploitants forestiers s’insurgent et entrent en guerre contre les services forestiers. Une grève imposée et utilisée comme un moyen de pression. Ce procédé est doublé d’une campagne de désinformation savamment orchestrée et dirigée contre la personne du ministre du secteur, Ousmane Koné. Pourtant, selon le conférencier en aucun moment, il n’a été question d’arrêter la vente de bois de chauffe et de charbon au Mali. Cette activité, réglementée, n’est nullement concernée par une loi d’interdiction. Pour expliquer mieux les contours de cette grève, le ministère de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable n’a pas fait dans la dentelle pour expliquer sa position face à l’intox de la Fédération nationale des exploitants forestiers qui fait également croire à l’instauration d’une nouvelle taxe sur le bois et le charbon. Il ne s’agit nullement d’une nouvelle taxe, il s’agit seulement de l’application de la règlementation forestière suivant la loi 10-028, a expliqué M. Biramou Sissoko. Cette loi qui, en ses articles 32 et 33, invite à l’arrêt de l’exploitation des types de bois indiqués sans plan d’aménagement approuvé par les autorités compétentes. Selon le Dg des Eaux et Forêts, en 2015, notre pays a été confronté à l’exploitation excessive de bois d’œuvre et de service suite à son exportation à l’étranger. C’est par ce constat qu’il a été instruit de mettre en application cette loi pour stopper la déforestation abusive. Dans le seule cercle de Kéniéba, le Mali aurait perdu en 2015 plus de 5200 pieds de grands arbres contre une moyenne annuelle autorisée d’environ 400 pieds. A ce rythme, notre pays serait dépourvu de toutes ses réserves forestières dans quelques années et ce serait la porte ouverte à la catastrophe. Il nous revient que la décision d’exportation de bois d’œuvre et de bois de service, est également motivée par la prise de décision par les autorités à la Cop 21 à Paris (France) en 2015. Notre pays s’est engagé à Paris à garder son statut de réservoir de carbone pour contribuer à la réduction des conséquences du réchauffement climatique. Le DG des Eaux et Forêts a lors de cette conférence expliqué que plusieurs fois, les exploitants forestiers ont reçu des missions d’information et de sensibilisation avant l’application de ladite loi. Malgré, plusieurs exploitants refusent de se plier à cette exigence de se soumettre au respect du plan d’aménagement de gestion et continuent à nourrir toujours le désir de couper les bois d’œuvre et de service pour s’enrichir au détriment de tous sans remplacer les espèces coupées. Chose qui vient d’être interdite par la lettre circulaire n°254 du MEADD-DNEF.

Au cours de cette conférence plusieurs voix se sont levées pour alerter l’opinion nationale sur les risques de la déforestation poussée au Mali. Selon plusieurs spécialistes, abandonner cette loi aujourd’hui serait synonyme de la signature de l’arrêt de mort de nos forêts déjà soumises à des exploitations sauvages. Il faut noter que cette grève observée n’a été notifiée nulle part. Pour enrôler les revendeurs de charbon et de bois, des individus roulent à moto pour les menacer de sanction au cas où ils entêtent à vendre leur produit. La conférence de presse d’hier a permis de faire la lumière sur le supposé refus du ministre de l’Environnement de recevoir en audience les exploitants forestiers. Selon les conférenciers, la demande d’audiences de la Fédération nationales des exploitants forestiers du Mali a fait l’objet d’un premier traitement.

Pressés de rencontrer le ministre pour demander la suspension dela loi, les grévistes multiplient les actes de dénigrement à l’encontre du ministre Ousmane Koné qui jouit d’une réputation exemplaire dans le gouvernement.

Ousmane Daou

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1 commentaire

  1. Avant d'interdire la coupe du bois dont nous convenons tous menera a la catastrophe, l'etat doit utiliser les maigres resources (les tonnes d'or exploitees, les pres consentis au nom de la nation, les 36% TVA et autre impots, etc…) pour developer les resources energetiques moins couteuse et renouvelables. Il est facile d'animer des conferences de presse et exposer vos points; il est difficile cependant de se mettre a la place de ces milliers de familles qui ont de la peine pour cuire leur repas. Ils n'ont pas l'opportunite d'etre des employes de l'etat avec acces a la corruption qui y decoulent.

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