La moitié des animaux a disparu en quarante ans

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Une équipe de chercheurs tire la sonnette d’alarme sur la “défaunation” massive en cours. Au total, plus de 50% des animaux ont disparu depuis quarante ans, constatent-ils dans une étude publiée lundi en évoquant un “anéantissement biologique.”

Les espèces de vertébrés reculent massivement sur Terre, aussi bien en nombre d’animaux qu’en étendue. C’est le constat pour le moins alarmant établi par une équipe de chercheurs américains et mexicain dans une étude publiée lundi dans les Proceedings of the National Academy of Sciences(PNAS) et relayée par Le Monde.

Gerardo Ceballos, de l’université nationale autonome du Mexique, Paul Ehrlich et Rodolfo Dirzo, tous deux de Stanford en Californie, avaient déjà
fait état d’une extinction de masse de la faune en 2015. Dans cette étude, publiée dans la revue Science Advances, les chercheurs avaient conclu que les disparitions d’espèces ont été multipliées par 100 depuis une centaine d’années. Du jamais-vu depuis l’extinction des dinosaures il y a 65 millions d’années.

Des populations en déclin
Dans leur nouvelle étude, les trois scientifiques se sont focalisés sur le déclin des populations, donc le nombre d’animaux sur un territoire. Une approche qui, contrairement à la quantification de la disparition d’espèces, montre davantage la gravité du problème, précisent-ils.

Ainsi, Plus de 30% des espèces de vertébrés sont en déclin, à la fois en termes de population et de répartition géographique, indique l’étude. “Il s’agit d’un anéantissement biologique qui survient au niveau global, même si les espèces auxquelles appartiennent ces populations existent toujours quelque part sur Terre”, affirme Rodolfo Dirzo, professeur de biologie à l’Université de Stanford.

Toutes les zones du globe sont concernées
Les chercheurs ont dressé la carte de la répartition géographique de 27.600 espèces d’oiseaux, amphibiens, mammifères et reptiles, ce qui représente près de la moitié des vertébrés terrestres connus. Ils ont analysé les baisses de population dans un échantillon de 177 espèces de mammifères de 1990 à 2015. Sur ces 177 mammifères, tous ont perdu au moins 30% de leurs aires géographiques et plus de 40% en ont perdu plus de 80%. Tous les continents sont concernés et cette érosion dramatique se constate aussi bien dans les régions tropicales que tempérées. Des mammifères qui se portaient encore bien il y a seulement vingt ans comme les guépards, les girafes ou les lions africains sont aujourd’hui en voie de disparition.

Le fruit de l’activité humaine
Si les précédentes extinctions massives d’animaux ont résulté de catastrophes naturelles, la sixième est quant à elle le fruit de l’activité humaine. Les causes sont nombreuses: la destruction des habitats naturels provoquée par l’agriculture, la déforestation, l’urbanisation ou l’extraction minière; la surexploitation des espèces (qu’elle soit légale ou illégale), la pollution, les espèces invasives et, finalement, le réchauffement climatique. Mais les chercheurs pointent surtout la surpopulation humaine comme principal moteur de cette extinction massive.

Pour Gerardo Ceballos, “ce déclin massif des populations et des espèces reflète notre absence d’empathie envers toutes les espèces sauvages qui nous ont accompagnés depuis nos origines”, analyse-t-il. “Il s’agit d’un prélude à la disparition de toujours plus d’espèces, et au déclin de systèmes naturels qui ont permis l’éclosion de la civilisation.”

Vingt ou trente ans maximum pour agir
Nous pouvons encore agir pour enrayer cette extinction massive, mais le temps presse. “Deux ou trois décennies au maximum”, préviennent les auteurs. Comment? En réduisant notamment la croissance de la population et de sa consommation; en stoppant le commerce des espèces en voie de disparition; en favorisant des technologies moins consommatrices et moins polluantes; en aidant les pays en développement à préserver leurs habitats naturels, préconisent-ils.

Et l’Homme a tout intérêt à agir puisque comme le rappelle Gerardo Ceballos, “l’érosion des espèces entraîne de graves conséquences en cascades sur l’ensemble des écosystèmes, ainsi que des impacts économiques et sociaux pour l’humain.”

Par 7sur7.be/ 11/07/17 – 14h02 
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