Rencontre de Sélengué pour la mise en place d’une plateforme Agroécologique paysanne: Les acteurs se prononcent

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Le Centre International de Formation en Agroécologie de Nyeleni (CIFAN) de Sélengué a abrité une  rencontre de 3 jours pour la mise en place d’une plateforme nationale sur l’agroécologie paysanne. Après cette importante rencontre qui a pris fin le dimanche 23 avril 2017, nous avons interrogé quelques acteurs de ce modèle agricole qui se veut protecteur de l’environnement et la santé des consommateurs car reposant sur nos anciennes pratiques de l’agriculture sans engrais ni pesticides.

Suivez plutôt leurs impressions sur la rencontre.

Ibrahima Coulibaly, Président de la Coordination des Organisations Paysannes  (CNOP), une plateforme nationale regroupant les grandes fédérations d’organisations paysannes avec comme  objectif principal, faire bénéficier les paysans de politiques agricoles, commerciales et alimentaires qui les favorisent.

« Nous sommes dans un monde très complexe dont les intérêts financiers sont devenus très importants. Des intérêts qui ne profitent qu’à une minorité. Le modèle de production qu’on a poussé les paysans à pratiquer pendant ces 10 à  20 and est l’agriculture conventionnelle que moi j’appellerai Agriculture Chimique. C’est à dire avec des engrais chimiques et autres pesticides qui coûtent extrêmement chers et grimpent les coûts de productions des paysans et très nuisibles à la santé des consommateurs et l’environnement. Il se trouve que ces paysans peuvent produire sans ces produits chimiques. Cela est prouvé à travers différentes expériences dans notre pays. C’est ce modèle agricole qu’on appelle agroécologie que nous sommes entrain de promouvoir. Les études on montré qu’on peut nourrir le monde avec l’agroécologie qui n’utilise pas les engrais et autres pesticides. Cela fait plus de 20 ans qu’on parle de cette agroécologie. Mais c’est au cours de ces 10 ans qu’on a vu réellement développer ce modèle agricole qu’il faut promouvoir. On est entrain de mettre en place une plateforme avec nos partenaires des ONG et de l’État pour unir nos forces pour promouvoir l’agroécologie. On est déjà dans une dynamique qui apporte beaucoup. Nous avons des champs écoles, des cases de semences agroécologiques etc. Le combat est de plus en soutenu par d’autres acteurs qui sont entrain de se joindre à  nous pour atteindre l’objectif recherché ».

 

Alima Traoré, Présidente de la Convergence des Femmes Rurales pour la Sécurité Alimentaire (COFERSA),  une union des Femmes rurales du Mali de plus de 4000 femmes de 36 coopératives féminines

« Cette rencontre n’est pas une rencontre sur l’Agroécologie seulement mais une rencontre des acteurs de ce modèle  agricole du Mali qui veulent créer une plateforme nationale pour poyvoi conjuguer leurs efforts pour la promotion de ce modèle agricole. A travers cette rencontre que j’ai appris qu’il y a pas mal d’acteurs qui évoluent dans ce domaine. La rencontre nous a permis de conjuguer nos efforts pour pouvoir conjuguer nos efforts sur plan local et national. Ça été vraiment une réussite car chacun s’est engagé à son niveau pour promouvoir ce modèle agricole. On a également pu mettre en place un manfeste et plan d’actions qui s’étend sur 2 ans ».

Dandakoy Alliassou (Niger), chargé de programme d’une organisation paysanne nigérienne dénommée MORIBEN qui signifie en français  <La misère est terminée >.

« La principale leçon à tirer de cette rencontre sur l’Agroécologie est que le Mali est beaucoup en avance dans ce combat. Vu les degrés d’engagement des participants, ont sent que le Mali est très motivé dans le combat de l’agroecologie. J’ai l’impression aussi que le Mali est dans la bonne voie dans ce sens que les grandes organisations d’éleveurs, de l’agriculture etc étaient toutes présentes. Même les paysans voisins comme le Burkina, le Niger, mon pays, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire étaient tous présents à cette rencontre sur l’agroecologie au Mali. Ce qui veut dire que le combat est notre portée. La rencontre va apporter une grande chose pour mon pays car elle sera notre source d’inspiration sur le manifeste qui a été élaboré par les participants. On sera des relais une fois de retour au pays pour sensibiliser nos paysans sur l’agroecologie ».

Anne Berson DENA, Coordinatrice des Programmes en Afrique de l’Ouest du projet agricole BEDE (Biodiversité : Echange et Diffusion d’Expériences ).

« C’est une rencontre qu’on attendait depuis longtemps par ce qu’il y a certaines organisations qui sont impliquées dans l’agroecologie au Mali mais qui n’avaient pas eu un tel espace de concertation. La rencontre a permis aux acteurs de créer un outil commun qu’est le manifeste qu’on pourra tous porter ensemble. Chacun dans son village, dans sa commune ou dans sa région aura le même langage par rapport à l’agroecologie paysanne. Je pense que ça été une vraie réussite en voyant toutes ces organisations paysannes de tout le pays et de la Sous-région s’activer pour échanger et partager les expériences et se mettre d’accord sur une vision commune sur l’agroécologie paysanne. On est entrain d’avancer. L’année 2017 est aussi une année clef car il y aura la Conférence Internationale sur l’Agriculture Biologique et Écologique que le Mali s’apprête à accueillir courant octobre-novembre 2017 avec tous les acteurs et les décideurs du Mali et de l’Union Africaine. Cette rencontre permettra d’avoir une vision commune qui sera partagée lors de la conférence sur l’agroécologie. C’est un processus. Les acteurs doivent se connaître. Le combat finira par porter ses fruits ».

Propos recueillis par Modibo Dolo

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Promotion de l’Agriculture Ecologique Paysanne : Les acteurs se concertent pour la mise en place d’une plateforme de plaidoyer national et régional

Le Centre International de Formation en Agro-écologie de Nyeleni (CIFAN) de Sélingué a abrité du 21 au 23 avril dernier, une rencontre des acteurs de l’Agriculture Ecologique Paysanne pour la mise en place d’une plateforme nationale pour faire des plaidoyers sur ce type d’agriculture qui se veut protecteur de l’environnement et de la santé des consommateurs car hostile à l’utilisation des engrais chimiques et autres pesticides. La rencontre a réuni les paysans du Mali et de certains pays de la sous-région dont le Burkina Faso, le Niger et la Côte-D’ivoire.

La cérémonie d’ouverture a eu lieu le vendredi 21 avril dernier dans la salle de conférences du CIFAN sous la présidence du représentant du ministre de l’Agriculture, Seydou Keita. Il avait à ses cotés, le président de la CNOP, Ibrahim Coulibaly, le chargé de mission au Partenariat Sahel-CCFD-Terre Solidaire, Florian de Sacquelot. Ils ont unanimement insisté sur la nécessité de converger vers ce modèle d’agriculture pour le bien-être de l’environnement et pour la santé des consommateurs.

Dans son intervention, Seydou Keita a expliqué que l’agroécologie est le modèle agricole qui répond aux enjeux et défis actuels du monde qui sont la formation, la production, la commercialisation des produits sains, nutritifs et ancrés dans les systèmes alimentaires locaux et pratiques enrichissant les terres, tout en s’adaptant au changement climatique.

La première journée de cette rencontre a été consacrée à la présentation du dispositif d’agroécologie paysanne de la CNOP, à des travaux de groupes  et à une visite des stands dédiés à l’agroécologie paysanne.

La 2ème  journée a été marquée par des partages d’expériences sur la structuration des plateformes agoécologiques du Niger, du Bukina Faso, des débats, des travaux de groupes et des présentations sur les organisations qui se battent pour ce type d’agriculture.

Pour ce qui est de la 3ème  journée, il y’a également eu des travaux de groupe et une  restitution.

Selon les organisateurs, l’objectif de cette rencontre est de permettre la mise en place d’une plateforme de convergence autour de l’agro-écologie paysanne qui aura pour tâche d’animer et d’accompagner les dynamiques en cours dont des plaidoyers et des activités dans le but de faire reconnaitre l’agroécologie paysanne dans les politiques publiques. Mais aussi, pour adopter les stratégies de sa dissémination sur le plan national, régional voire continental. Elle vise également à mettre en place une plateforme nationale en agroécologie paysanne avec une vision partagée, à élaborer et valider de manière participative, le plan d’actions de la plateforme et l’élaboration des grandes lignes à travers des messages collectifs pour un plaidoyer et des actions communes tant au niveau, régional et continental. Il ressort de cette rencontre, la forte nécessité d’une synergie d’actions s’appuyant sur les dynamiques en cours à travers l’harmonisation des activités autour d’une vision partagée de l’agroécologique paysanne dans le but de faire converger les préoccupations et les différentes initiatives pour la construction d’un plaidoyer commun, clair et cohérent. Avec pour but, la mise en place de l’agroécologie paysanne dans les terroirs à la fois sur le plan national, régional et continental.

Pour les organisateurs, ces initiatives d’harmonisation de la vision, de plaidoyer et d’activités communes seront placées sous les directives de trois (3) structures impliquées dans le combat agroécologique. Il s’agit de la Coordination des Organisations Paysannes (CNOP), l’Association des Organisations Professionnelles Paysannes (AOPP) et l’Institut de Recherche et de Promotion des Alternatives en Développement (IRPAD).

La CNOP, soutenue par la FAO, aura la charge de porter la plateforme nationale agroécologique qui a une perspective sous-régionale en lien avec la convergence Globale de Luttes de la Terre et de l’Eau. Il est également  prévu la célébration des 10 ans du CIFAN de Nyeleni en décembre 2017. Une célébration en lien avec la souveraineté alimentaire et l’agriculture écologie paysanne avec un focus sur les décideurs et chercheurs.

L’AOPP  a en charge, la coordination du projet Agriculture Ecologique et Biologique (AEB), un projet financé par les Chefs d’Etats africains pour la période 2014-2018, visant à intégrer les principes de l’agriculture écologique et biologique dans les politiques et stratégies de développement agricole des pays africains. A en croire les organisateurs, l’organisation en mois d’octobre prochain au Mali par l’AOPP de la 4ème conférence internationale sur l’agriculture écologique et biologique permettra d’interpeller les décideurs nationaux, régionaux et internationaux pour promouvoir l’agriculture écologique et biologique dans les politiques publiques.

S’agissant de l’IRPAD, il héberge un programme appelé PAIES qui a pour but global de promouvoir un processus de transformation sociale et écologique des territoires ruraux de la région du Sahel et de la région des Grands Lacs, permettant aux populations de ces zones rurales de bien vivre. Durablement.

Modibo Dolo

 

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