Restitution du forum d’Accra sur les énergies renouvelables : Une prévision de 2 000 MW d’ici 2016 dans l’espace CEDEAO

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Dans le cadre de la politique en matière d’énergies renouvelables de la CEDEAO (Perc), la direction nationale de l’énergie (DNE) en  partenariat avec le Centre national de l’énergie solaire et des énergies renouvelables (Cnesoler) a organisé un atelier de restitution du Forum CEDEAO/ECREE qui s’est déroulé du 29 au 31 octobre 2012 à Accra au Ghana. Le thème à l’ordre du jour ” Baliser le chemin avec les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique “. C’était le mercredi 12 décembre dans la salle de réunion de la DNE au Cres de Badalabougou en présence du Directeur général adjoint de la DNE, Cheick Ahmed Sanogo et du Directeur général du Cnesoler, Sékou Omar Traoré et de nombeux représentants des structures énergétiques.     

Selon le directeur général adjoint de la DNE, la politique en matière d’énergies renouvelables de la CEDEAO (PERC) est d’assurer que de plus en plus, des sources d’énergies renouvelables comme les énergies solaires et éoliennes, les petites centrales hydrauliques et les bioénergies alimentent le réseau électrique et assurent l’accès aux services énergétiques dans les zones rurales. Un scénario de la PERC viendra compléter d’autres sources importantes d’énergies plus conventionnelles, telles que les grandes centrales hydrauliques ou le gaz naturel, a relevé Cheick Ahmed Sanogo.

La politique se concentre essentiellement sur le secteur de l’électricité, mais envisage également d’autres questions parmi lesquelles les usages thermiques dans le secteur de l’énergie domestique et la production potentielle de biocarburants. Cette politique respectueuse de la parité entre les hommes et les femmes vise également à encourager la création d’emplois et le développement commercial tout au long de la chaîne de valeur des technologies liées aux énergies renouvelables, comme la production, la construction et l’installation, ou l’exploitation et l’entretien.

En association avec la Politique en matière d’efficacité énergétique de la CEDEAO (PEEC), il a souligné que la PERC donne une réponse pertinente à la grave crise énergétique que rencontre la région de la CEDEAO. Les pays membres doivent, tout à la fois, faire face à la précarité énergétique et relever le défi de la sécurité énergétique et de l’atténuation des changements climatiques. Cette situation, dit-il, se caractérise plus particulièrement par un volume important de demande énergétique non satisfaite (de 7 à 10TWh entre 2006 et 2010), un accès limité à l’électricité en règle générale (40 % en moyenne, voire moins de 20 % dans plusieurs pays), ce déficit étant encore plus marqué dans les zones rurales et une offre durable en bois-énergie qui ne suffit plus à satisfaire une demande croissante et entraine la surexploitation des ressources ligneuses, voire, dans certains pays, la déforestation.

Concernant la politique sur l’efficacité énergétique de la CEDEAO, le directeur général du Cnesoler a déclaré que le système énergétique de l’Afrique de l’Ouest est confronté à de graves défis interdépendants de l’accès de l’énergie, la sécurité énergétique et l’adaptation, d’atténuation au changement climatique. En outre, au cours de ces dernières années, la région de la CEDEAO a connu une crise énergétique qui entrave le développement économique et social, et affecte en particulier les groupes de population à faible revenu, a-t-il révélé.

Pour répondre à ces multiples défis, la CEDEAO a pris des mesures pour adopter et mettre en œuvre cett politique d’efficacité énergétique. Ainsi, pour Sékou Omar Traoré, la politique contribuera à la réalisation des objectifs globaux de la CEDEAO , notamment pour la sécurité énergétique et l’accès à l’énergie (telle que définie dans le Livre blanc de la CEDEAO/UEMOA sur l’accès aux services énergétiques en zones périurbaines et rurales).

Selon lui, la politique d’efficacité énergétique viendra compléter la gamme existante de politiques de la CEDEAO en relevant le défi de rendre plus efficace l’utilisation des ressources énergétiques de la région.

Il a soutenu la politique sur l’efficacité énergétique de la CEDEAO permettra de créer un environnement favorable aux investissements privés, en plus de stimuler le développement industriel et l’emploi par la réduction des factures d’énergie. L’efficacité énergétique contribuera à la création d’emplois, à la fois dans les secteurs de l’énergie et dans la chaîne de fourniture de l’accès à l’efficacité énergétique. L’augmentation de l’efficacité énergétique fait partie intégrante de la modernisation et de l’écologisation des économies ouest-africaines.

Les perspectives de la politique sont ainsi de créer la base institutionnelle pour les cinq initiatives prioritaires régionales d’ici 2013, avec les objectifs concrets à savoir éliminer les lampes à incandescence inefficaces d’ici 2020, réduire les pertes de la distribution d’électricité, qui varie actuellement de 15% à 40% à moins de 10% d’ici 2020, réaliser l’accès universel à la cuisson saine, propre, abordable, efficace et durable pour toute la population de la CEDEAO, d’ici 2030, mettre en place un Comité technique de la CEDEAO pour les normes et l’étiquetage adopter à l’échelle régionale les premières normes et labels pour les principaux équipements énergétiques d’ici la fin 2014.

Il s’agira aussi de créer des instruments de financement de l’énergie durable, y compris la finance carbone, d’ici la fin de l’année 2013 et d’ici 2015, commencer la mise en œuvre dans chaque pays de la CEDEAO d’au moins l’une des initiatives prioritaires, appliquer des mesures pour libérer 2 000 MW de capacité de production d’électricité d’ici 2016. Enfin, à long terme, soit plus du double de l’amélioration annuelle de l’efficacité énergétique, de manière à atteindre des niveaux comparables à ceux des leaders mondiaux. Cela signifie que chaque année, la quantité d’énergie nécessaire pour produire une certaine quantité de biens et de services diminuerait d’environ 4%.

Il faut rappeler que le centre des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique (ECREEE), agence spécialisée de la communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest est une structure qui a pour objectifs principaux de développer un marché des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique dans la sous région, de participer à la mise en place de politiques vertes et de créer des mécanismes de contrôle de qualité et concevoir des plans de financement pour les projets lancés.

Moulaye H HAIDARA

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