Au bar « Colbico »:Une prostituée se fait tuer par sa camarade des trottoirs

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    Une altercation ayant opposé deux jeunes filles des trottoirs dans la nuit du 4 au 5 juillet dernier au bar « Colbico » à Faladié en Commune VI du district de Bamako s’est terminée dans le sang. Une d’entre elles s’étant servie d’un tesson de bouteille de bière a fendu l’aisselle gauche de sa rivale, occasionnant une plaie béante par laquelle elle a vidé tout son sang. Au commissariat de police du 7e arrondissement où la meurtrière a été écrouée avec son amant pour complicité, la colère et l’indignation se lisent sur des visages.
    L’auteur des coups mortels s’appelle Fatoumata Guissé, née en 1988 à Sikasso, de feu Cheick Oumar et de feue Nana Traoré, domiciliée à Niamakoro Cité Unicef, serveuse au bar-restaurant « Skaba » sis à l’Hippodrome en Commune II du district de Bamako. Dans la nuit du 4 au 5 juillet dernier, la pauvre Guissé est entrée dans la légende en se rendant coupable du meurtre de sa collègue des trottoirs du nom de Sira Keita pour des raisons plus ou moins injustifiées. Malgré le remords qui envahit tout son univers, elle tente néanmoins de donner sa version. Selon elle, parallèlement à son métier de serveuse de bar, elle s’essaye dans le plus vieux métier du monde pour joindre les deux bouts. La nuit du meurtre, après son service, elle s’est rendue dans un bar chinois sur la rive droite où elle a rencontré sa copine Sira Keita en compagnie d’une certaine Hadjara et d’autres jeunes filles en quête de clients. Elle s’est alors jointe à elles pour la chasse aux hommes. C’était aux environs de 23 heures. En attendant le plein du marché, elle causa avec Sira de leurs aventures avec certains de leurs clients. Subitement, une vive discussion s’engagea entre Sira Keita et une autre prostituée du nom de Fatim Bengaly. La première aurait traité la seconde de « sauvage » n’ayant jamais fréquenté une boite de nuit digne de ce nom à Bamako. Voyant que la tension montait d’un cran, d’après la demoiselle Guissé, elle est intervenue afin de calmer les deux protagonistes. Malheureusement, Sira s’est montrée intraitable, refusant d’obtempérer malgré les conseils d’amie et de parent qu’elle lui a prodigués. Car, faut-il le préciser, elles sont toutes les trois de Sikasso, la capitale du Kénédougou. Fatoumata Guissé dit s’être retirée des lieux pour ne pas tomber dans la provocation.
     
    Satan de pied ferme au « Colbico »
    Après 1 heure à la ronde et à la sentinelle sur les trottoirs de moisson infructueuse, Fatoumata Guissé se décide de rejoindre son amant Moussa Balla Dembélé au « Colbico ». Grande a été sa surprise lorsqu’elle a trouvé ce dernier à la même table que Sira Keita et ses camarades. Comme on pouvait déjà l’imaginer, la jalousie s’empare du coup de Guissé qui, à son tour, a exigé sa part de consommation à son copain. A la croire, à peine a-t-elle commencé à « casser son pot » que Sira est revenue à la charge en lui lançant des propos désobligeants, non seulement à son endroit, mais aussi à l’endroit de ses parents. Comme si cela ne lui suffisait pas, poursuit la meurtrière, Sira l’a accusée de » porteuse de virus du sida, n’abordant que des petits Blancs. » Ces propos mettent le feu aux poudres. Fatoumata Guissé craque et entre dans une colère indescriptible. Elle invite son injurieuse à la suivre devant la porte du bar pour faire parler les nerfs. Sira n’accepte pas cette offre. Elle se tait. Hadjara, une des copines de Sira, se transforme en une véritable alumineuse. Elle juge cette attitude de sa copine comme lâche. Le copain de Sira, un certain Moussa Keita, coiffeur de son état, domicilié à Sogoniko, conseille à sa petite amie d’arrêter cette bagarre inutile. Malheureusement, c’était sans compter que celle-ci était montée à bloc. Elle rejoint Fatoumata Guissé sur le ring.
     
    Sira tuée à l’aide d’un tesson de bouteille de bière
    L’adversaire de Sira n’avait ni couteau ni lame-rasoir dans sa poche. Elle détenait un tesson de bouteille de bière que son amant Moussa Balla Dembélé lui a remis pour se défendre. Les deux guerrières se prennent corps à corps. Selon Fatoumata Guissé, c’est sa rivale qui a été la première à tenter de la fendre avec un objet tranchant n’eût été l’intervention prompte de Ahmed Sangaré, le copain de Hadjara, l’alumineuse. En retour, elle s’est servie de son tesson de bouteille qui a malheureusement atteint la pauvre sous l’aisselle gauche, occasionnant une large plaie béante et sous son sein au niveau du diaphragme. Blessée, le copain de Sira la transporte sur une Jakarta pour se rendre au commissariat de police du 7e arrondissement territorialement compétent. Sous la direction de l’officier de police de permanence, l’inspecteur de police Mohamed Ag Waïkna de la section de la « Voix publique », le chef de poste remet une fiche de premier soin avant de la diriger sur le Centre de santé de référence de la Commune VI. Vu la gravité des blessures, le médecin traitant fait évacuer d’urgence la blessée au service des urgences et de la réanimation de l’hôpital Gabriel Touré en compagnie de son amant. C’était aux environs de 4 heures du matin. Malheureusement pour elle, les médecins ne pourront rien pour lui sauver la vie. Vers 5 heures du matin, Sira Keita décède de ses blessures pendant que Fatoumata Guissé, la tueuse et son amant de complice, Moussa Balla Dembélé se trouvaient déjà entre les griffes de la police du 7e arrondissement. Au cours de leur interrogatoire, les suspects se sont mis à table, les faits étant évidents et irréfutables.
     
    La fermeture du bar « Colbico » sollicitée
    « Colbico » affectueusement appelé par ses inconditionnels « Col », un nom dont la signification ne rime pas avec la pudeur, est un bar qui préoccupe autorités policières et populations de la Commune VI du district de Bamako. Ici, toutes les ordures humaines de la capitale se rencontrent nuitamment pour « casser la bouteille et fumer la pipe. » Le meurtre de la demoiselle Sira Keita dans ce lieu malfamé n’est que la face émergée de l’iceberg. La prostitution à ciel ouvert, la consommation des stupéfiants, le refuge des criminels de Bamako après forfait font de ce coin, le point de chute de la mort. Difficilement, les patrouilles policières réussissent à canaliser le peuple « Colbico ». Souvent, la police organise des opérations commando pour dissuader les seigneurs du mal qui s’y terrent. Aujourd’hui, force est de reconnaître que la police est lasse de cette situation. C’est pour cette raison que les responsables du commissariat de police du 7e arrondissement ont adressé une correspondance à qui de droit pour demander la fermeture pure et simple de ce bar qui n’est ni plus ni moins qu’un axe de la mort. C’est la seule alternative pour lénifier le grand banditisme dans cette partie du district de Bamako, selon le commissaire divisionnaire de police Abdoulaye Keita dit Léa, chargé dudit commissariat de police et son adjoint, le commissaire de police Djimé Nourou Doumbia. Pourvu que leurs interlocuteurs sachent que la sécurité des personnes et de leurs biens est l’affaire de tous.

    O. BOUARE

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