Bizarreries bamakoises : C’est quoi ces ‘’trucs’’ sur la voie publique ?

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    Après un séjour à Bamako sur invitation de Mariam, son amie malienne, Natalie, une Française, lui écrit pour lui parler de ces choses bizarres qu’elle voyait tous les jours, jetées ça et là sur les principales artères et carrefours de la ville et qui continuent de l’intriguer.

     

    Ma chère Mariam, l’adage selon lequel la parole s’envole et l’écrit seul resterait  n’est plus une vérité absolue comme par le passé. Car tu es d’accord avec moi qu’il est démenti par tous ces gadgets et technologies nouvelles de l’information et de la communication qui permettent de conserver le son autant que l’image et l’écrit.

    Ensuite, pour en revenir au sujet que nous avons entamé au téléphone, mon merveilleux séjour bamakois m’a profondément marquée comme tu ne peux l’imaginer. Depuis mon retour à Neuilly- sur- Seine, je suis partagée proie entre l’enthousiasme d’avoir découvert toutes ces belles choses que tu m’as donné l’occasion  de voir et ces poignantes interrogations au sujet des spectacles que je ne parviens pas à m’expliquer.

     

    Les belles choses, c’est cette légendaire hospitalité malienne dont j’ai été moi aussi l’objet ; c’est la chaleur humaine que dégagent naturellement chaque Malienne et chaque Malien que l’on rencontre au coin de la rue. Les belles choses, c’est cette capitale malienne qui se modernise au rythme des villes futuristes tout en gardant ce charme discret de la vieille cité soudanaise qu’elle est. Ces belles choses, ce sont surtout ces atouts naturels comme le majestueux fleuve Djoliba, ce beau parc naturel qui entame la vallée de la capitale à la descente de Koulouba et de Point G. Ces belles choses en somme, c’est tout ce qui fait le charme de Bamako et qui me lie à jamais à cette ville.

     

    En revanche ma chère Mariam, souffre que je garde aussi en mémoire le spectacle de ces choses horribles que j’ai vues au Mali, qui restent en travers de ma gorge, parce que contre tout bon sens. Ces choses contre-nature, ce sont ces objets bizarres volontairement abandonnés sur la voie publique, un peu dans Bamako la capitale malienne, comme si de rien n’était, au vu et au su de tout le monde, populations aussi bien qu’autorités municipales et administratives…. Ces choses contre- nature ce sont tous ces œufs volontairement cassés sur le macadam, ces canaris et calebasses offrant leurs contenus de feuilles de plantes, racines et écorces d’arbres, au beau milieu de la route. Ces choses contre- nature, parce que heurtant le bon sens, ce sont toutes ces monstruosités commises sur des volailles et des animaux dont la dépouille ou des organes viennent s’ajouter à ce décor macabre.Ce sont, semble t-il, des pratiques liées à certaines de vos cultures, mais force est de reconnaître qu’elles sont de nature à remettre en cause les efforts déployés avec enthousiasme par les plus hautes autorités de votre pays pour améliorer votre cadre de vie.

     

    En tant qu’occidentale, je m’indigne peut- être pour rien. Cependant, j’ai du mal à admettre que des débris œufs salissant la rue, que des écorces et feuilles de plantes bouillies abandonnées dans les canaris ou dans les calebasses au beau milieu de la route puissent… résoudre les problèmes de quelqu’un. Peut –être que ces bizarreries font plutôt l’affaire de ceux qui créent les illusions …Allez-Savoir !

     

    Je te laisse Mariam avec l’espoir que tu feras partager ces constats et ces interrogations pour le bien-être de votre environnement. Je t’embrasse ! A bientôt !

    Ta chère Natalie

    Par Mariam Kéïta

     

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