Confidences d’une prostituée : «Chaque jour, je note le nombre de mes clients »

    23

    Plus de la trentaine, bon teint, Joyce Johnson, de nationalité libérienne, est une vendeuse de sexe. Elle est dans ce milieu depuis 15 ans. Au moment où elle quittait notre pays pour une destination qu’elle s’est refusée de révéler, à cause des multiples maladies qu’elle traînait, elle a  préféré nous parler de son état de santé lamentable, de ses malheurs et de ses déboires pour que les autres filles puissent s’en inspirer afin de cesser de se prostituer. Lisez attentivement ses confidences. C’est pathétique !

     Le Prétoire : Comment êtes vous venue dans ce milieu de la prostitution qui traîne derrière elle la violence, l’escroquerie, le déshonneur et des maladies de tout genre?

     Joyce Johnson : Je suis née à Abidjan à un moment où je n’ai pas eu la chance de connaître ma mère. En un mot, elle est décédée au moment où je venais de naître. J’ai été élevée par mon père et sa deuxième épouse. Mon père était chaque fois sous l’effet de l’alcool et me battait pratiquement tous les jours. C’est ainsi que grâce à une amie, j’ai décidé de fuir la maison familiale pour partir à l’aventure et subvenir à mes besoins. J’ai mobilisé des moyens et nous avons pris la route de la Guinée dans un premier temps. Après des mois de recherche pour trouver un job, la déception était toujours au rendez-vous. La monnaie guinéenne, une vraie monnaie de singe parce qu’elle ne vaut rien, nous a permis de nous installer dans un premier temps au Nigeria, puis au Bénin et finalement au  Mali depuis une dizaine d’années. C’est maintenant que j’ai compris que le métier de la prostitution n’a que des inconvénients.

     Parlez-nous un peu de vos aventures à travers ces pays?

    C’est une aventure à risque. Il n’y a rien de sérieux dans la vie qui puisse amener une personne à vendre son corps. C’est pour cela que je demande à mes sœurs que vendre de l’eau au bord de la voie ou au marché vaut mieux que de se livrer à des hommes, moyennant une rémunération. J’ai quitté le Nigeria parce que j’ai été tabassé par des hommes. Au départ, c’est un seul client qui s’est présenté à moi pour l’accompagner à la maison. Je fus surprise de voir qu’ils étaient au nombre de quatre pour faire l’amour avec moi. Je ne disposais d’aucune force pour éviter le pire au cours de cette soirée. Une date qui est restée gravée dans ma mémoire. Au Bénin, j’ai été dépouillée de la somme de 300.000 Fcfa. Après avoir amené le client chez moi pour y passer la nuit, pendant que j’étais en plein sommeil, il m’a dévalisée. C’est un chauffeur routier qui m’a fait comprendre que la prostitution marche au Mali. J’ai compris, à Bamako, que tous les hommes n’aiment pas le préservatif. Ils préfèrent mettre assez d’argent en jeu pour trouver la partie intime sans aucun préservatif. Ce sont vraiment des aventures à risque.

     Malgré que le Vih/Sida existe, vous prenez le risque de vous livrer à des relations occasionnelles sans vous protéger?

    Il faut être de ce milieu pour comprendre que l’argent à droit de cité. La manière dont tu le reçois, c’est de cette manière que l’argent se volatilise. La prostituée est obligée de se donner dès que l’argent est déposé pour une simple séance. Aujourd’hui, j’ai peur de faire le dépistage de cette maladie qui est le Sida. La fois passée, un homme m’a proposé sur le champ cinquante mille (50.000) Cfca pour une nuit. Et voilà que j’étais à la recherche de 40.000 Fcfa pour payer mon loyer. Impossible de refuser dans ce cas. J’ai accepté du coup sans me protéger.

     Vous avez peur de faire le dépistage. Dites-nous de quelle maladie vous souffrez exactement?

    Impossible de vous le dire concrètement. Je suis tout le temps fatiguée. C’est pour cela que j’ai décidé de partir pour un autre pays dont la destination est un secret pour moi seule. C’est le lieu de vous dire que toutes les prostituées sont des malades. Ce travail est une malédiction sur cette terre et personne ne pourra me dire le contraire.

     Peut-on avoir une idée de tes lieux de prédilections et pourras-tu nous dire si ce métier rapporte gros pour toi?

    Je pars juste dans les bars pour prendre trois consommations de whisky pour pouvoir tenir le coup. Je préfère les hôtels et les maisons. Si le client me paraît un peu suspect, je refuse de partir chez lui pour éviter des ennuis, comme cela s’est passé avec moi au Nigeria. Au départ, cela me rapportait gros. Il arrivait des moments où je rentrais à la maison avec cent mille (100.000) Fcfa ou plus. De nos jours, je peux avoir plus de 20.000 Fcfa par jour si la chance n’est pas de mon côté. Sans vous mentir aussi, il y a des jours où je rentre à la maison sans un seul rond.

     Ce qui veut dire que votre teint attire les adeptes du sexe?

    (Rire). Quelque part oui. La première des choses est d’être propre pour les attirer. Et il faut la manière pour mettre l’homme dans le sac. Lorsque la première fois marche, la fois suivante, il est obligé de te joindre sur ton portable quand il sera dans le besoin. Je n’accepte pas tous les hommes. Les petits délinquants proposent la somme de 2 000 ou 5 000 Fcfa. Il me faut toujours un gars qui peut mettre la main à la poche. D’autres hommes me proposent de se marier avec moi, mais j’ai toujours refusé car ils ne sont pas du tout sincères de nos jours. Je comprends que c’est tout simplement une manière de bien profiter de moi et me dire merde un beau matin.

     Est-ce qu’il arrive aux prostituées de faire le bilan de leurs clients occasionnels à la fin du mois ?

    J’ai eu mon Bepc à Abidjan. Faire le bilan est très facile pour moi. A chaque fois que je rentre à la maison, je note le nombre de mes clients. Je ne me rappelle plus pour les années passées. Mais en 2011, j’ai eu le passage de 312 hommes. En 2012, je suis à 201 hommes avant de prendre la route pour un autre pays. Pour cette année, cela est dû à la crise. Je retourne pour faire du commerce et voir si cela est encore possible pour moi de trouver l’homme de ma vie. C’est mon souhait le plus ardent.

     Un conseil à l’endroit de vos sœurs qui sont dans le plus vieux métier du monde?

    Je leur demande de mettre fin à ce travail abominable dans lequel on a l’impression d’être une esclave. Je leur conseille de se mettre au bord de la route pour vendre quelque chose et de ne plus offrir leur corps. Le corps de la femme est sacré. Nous, nous avons commis des erreurs et nous demandons pardon au bon Dieu.

    Propos recueillis par

    Destin GNIMADI

     

    PARTAGER

    23 COMMENTAIRES

    1. 👿 Ah AH Ah mais elle se fout de qui comme sa mais elle a les foutaises hein grave quand meme :<>> la honte ma belle tu as fait combien c’est pas toi mais celui ki vas te prendre vielle peau oui……………………

    2. Que le bon Dieu nous en garde car tout le monde a sa part de gâteau dans cette histoire ; ce sont des maliens qui animent ces lieux de rencontre 😛

    3. Une leçon pour nos soeurs face au sida dans un monde où l’argent reste le maitre mot

    4. pourquoi decourager les prostituées alors que chaque nuit on se croise dans les bars chinois à la recherches des prostituées avec comme prix 1000 cfa voir 2000f l’unité.

    5. Le journaliste était -il un des ces 312 ou 201 clients? N’a pas confidence de prostitué qui le veut dèèèèèhhh

    6. oui tous les dit de changer mai comment personne ne lui de solition c vraiment kabako

    7. Elle peut changer et vivre hereuse avec sa conscience. Dieu est toujours capable de la recuperer.

    8. ma soeur c’est bien de se repentir;tourne cette page sinistre et souvient toi dieu est là pour tout le monde même pour les anciennes prostitué et une faute avouée est à moitié pardonnée.courage et bonne chance pour le reste

    9. arme-toi de courage et persévères à jamais sur la voie du salut. Ainsi, Dieu te pardonnera. Car, il aime ceux qui ont le courage d’avouer leurs péchés et qui émettent des regrets pour s’être égarés. Continue ainsi et tu auras la vie éternelle auprès du Seigneur des Terres et des Cieux. Mais, sache également que de nos jours, le sida est une maladie comme toute autre. On vit mieux avec que d’autres maladies bcp + handicapantes. Alors, il ne sert à rien de fuir le test de dépistage. Si tu es porteuse du vih accepte ton sort avec courage comme cette interview; prends correctement tes médicaments et tu trouveras un homme qui t’épouseras in’challah. Dieu aime bcp ce que tu viens de faire. Ce courage manque chez bcp de croyants. Bonne chance sista!

    10. Mes amis, comme Destin GNIMADI peut faire une sorte d’auto interview en se donnant une question et des réponses pour nous bluffer, je vous prose de réagir au ça: 😆 😆 😆
      Bamako: Une protituée de bonne famille! 😆 😆 😆
      Tous les matins, Saly sortait de chez ses parents pour prétexter chercher du travail. Sortante d’une grande école, elle était en fait une de ces insatiables (des fois , quand elle se promenait, elle mouillait et ça coulait le long de ses pieds 😆 😆 😆 ) qui parcouraient la ville de Bamako pour se donner aux hommes.
      Spécialement, ce jour elle avait besoin de bazin riche pour préparer le mariage de sa voisine qui était son amie! ❓ ❓ ❓ Comment faire ❓ ❓ ❓
      Arrivée au grand marché, elle rentra dans une boutique bien connue de la place. 😆 😆 😆
      Après avoir fait son choix du tissu qu’elle voulait, elle demanda au vendeur en présence de tendre l’oreille: elle lui souffla qu’elle voulait ce bazin, quel qu’en soit le prix! 😆 😆 😆
      Celui-ci banda tout de suite comme un cheval 😆 😆 😆 Non, un âne en errance à Niafunké, pas loin de la famille de feu Ali Farka TOURE 😆 😆 😆 Déjà, quand Saly se penchait vers elle, ses seins de étaient presque visibles dans leur totalité 😆 😆
      Donc, notre homme, monté comme un cheval, lui demanda d’aller à l’arrière de la boutique, parce que son père n’était pas encore arrivé 😆 😆 😆 (Il faut bien que je vous prenne pour des cons, moi aussi) Et là-bas, elle sécarta sur la table…pouaaaaaaahhhhh elle sentait mauvais…mais comme c’est bon… 😆 😆 😆 😆

    11. Que celui qui n’a jamais péché acuse cette dame.
      Ma soeur continue de regrété tes péchés et tu sera pardonné.
      Vas en Paix et ne pêche plus.

      DIEU ET CLEMENT IL EST LE MISERICORDIEU.

    12. je crois que bruno a raison.ma sœur tu n’a plus de chance 15ans de ce métier bissart sans retraite, c’est n’est pas 15 mois ni 5 ans.3840 homme par ans.bonne chance

    13. Aies le courage de faire le test du SIDA. Si c’est négatif, tu peux encore te marier ma soeur. Bonne chance

    14. Aies le courage de faire le test du SIDA. Si c’est négatif, tu peux encore te marier ma soeur. Bonne chanve

    15. Ma soeur vs avez connu 513 hommes en 2 ans (2011 + 2012) et vs avez fait 15 ans ds ce métier. faisons un calcul 513 hommes/2=256 hommes/an *15 =3840. Ce qui vs fait à peu près 3840 hommes ds les 15 ans. Ma soeur s’il te plait ne parle plus d’homme de votre vie, tu doit oublier que tu as un sexe maintenant.Et N’oubliez pas de demander tjrs pardon à Dieu comme le fait tout le monde et surtout ne rentre plus ds ce métier.

    16. je pense que,c’ est une bonne initiative de la part de cette femme pour pouvoir sensibiliser celles qui sont dans ces bassesses d’avoir une idée claire et voir les risques afin de s’en sortir et prendre le droit chemin.

    Comments are closed.