Conférence populaire de l’association Appel du Mali : Un officier de police du 4e arrondissement se fait passer pour un journaliste de l’Indépendant pour espionner

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    En lieu et place de la marche pacifique annoncée pour hier jeudi 26 janvier 2012, l’association Appel du Mali (APMA) a préféré tenir une conférence publique d’information et de sensibilisation pour dénoncer le détournement des  fonds publics. C’était à son siège sis à Daoudabougou prés du lycée Kankou Moussa quelques jours après sa marche avortée de lundi sur la Primature. A l’occasion,  un inspecteur de police nommé Fadiala Dembélé du 4ème arrondissement qui, pour l’occasion, s’était fait passer pour un journaliste de l’Indépendant pour assister à la rencontre, a été démasqué.

    L’association Appel du Mali (APMA) a organisé  hier jeudi une conférence publique d’information et de sensibilisation pour dénoncer le détournement des  fonds publics en lieu et place de la marche pacifique annoncée. Selon son président, Adama T. Coulibaly, «  ce repli tactique n’est pas synonyme de la peur, mais une manière de conscientiser davantage les citoyens qui se voient chaque jour  berner par le régime ». Et ce repli s’explique aussi par la nouvelle tournure dont ce mouvement de contestation est en train de prendre avec l’adhésion massive des officiers arbitrairement radiés de l’armée et des policiers et les victimes d’expropriation du maire Adama Sangaré.  Il a dénoncé la violation flagrante par les autorités de l’ordonnance N°59-36/PCG du 28 mars 1959 régissant l’organisation de la marche pacifique au Mali en empêchant une marche légalement déclarée par la police qui a failli tourner au vinaigre le lundi dernier entre les manifestants de l’APMA et les forces de l’ordre. « Si l’Etat ne respecte pas ses propres textes, mais moi en tant que citoyen,  je les respecte à la lettre et je veux toujours rester dans la légalité sans offenser qui que ce soit tout en dénonçant  les forfaitures du régime ATT et la spéculation foncière à outrance du maire Adama Sangaré. Aujourd’hui, le système nous suit de très près et notre siège est sous contrôle policière vingt quatre heures sur vingt quatre et la preuve a été donnée ce matin quand un policier s’est fait passer  pour un journaliste pour venir  nous espionner. Nous, on n’a rien à cacher, mais dénonçons même s’il faut notre vie car les Maliens sont fatigués. Trop c’est trop,  on ne fait que nous mentir en longueur de journée. On a compris maintenant, c’est le temps de la provocation ;  on a compris le jeu des forces de l’ordre, mais nous aussi on a notre avocat et des conseillers et on va aller jusqu’au bout. Notre réunion a décidé la révolution participative contre la corruption et la délinquance financière. On va adopter la stratégie de porte à porte, bouche à oreille, quartier par quartier, commune par commune, cercle par cercle et région par région. Le Mali ne peut et ne saurait être la chasse gardée d’une poignée de personnes »    a lâché M. Coulibaly.

    « Vas dire à ceux qui t’ont envoyé, que nous ne sommes pas là pour faire la guerre contre ATT, mais contre son entourage, qui lui induit en erreur chaque jour, qui le trompe et qui détourne le denier public. C’est contre ces gens là que notre mouvement se dirige et n’a pas l’intention de s’arrêter. Tu es un jeune policier, tu sais honnêtement comment ce pays fonctionne et comment les gens vivent. Si tu veux connaître mon nom, je suis commandant Youssouf Abdoulaye Traoré de l’armée de terre » a lancé l’ex- officier de l’armée arbitrairement radié en 2010 par ATT à l’inspecteur de police Fadiala Dembélé du 4ème arrondissement qui, pour l’occasion, s’était fait passer pour un journaliste de l’Indépendant pour assister à la rencontre. Mal lui a pris. Il a été  vite confondu par les journalistes présents qui l’ont poussé à se décliner son identité  d’inspecteur de police en service à la Brigade de recherche du 4e arrondissement. 

    Face aux intimidations, les leaders et les militants de l’APMA réaffirment leur détermination à continuer la lutte jusqu’à l’atteinte de leurs objectifs  dont le principal est la transparence dans la gestion du bien publique et le partage équitable de la richesse du pays. Reste à savoir jusqu’où vont-ils aller ?

    ABD

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