Des loubards assomment la fiancée de leur camarade

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    En tentant d’enlever la fiancée de leur camarade, des loubards  commettent l’irréparable. C’est ce qui est  arrivé, dimanche dernier, à la mairie de Sébenicoro, en IV du District de Bamako.

     

    Ce jour-là c’était le mariage d’un loubard. Les loubards de la capitale se donnés rendez-vous à la mairie de Sébénicoro pour soutenir leur ami.  La mairie a refusé du monde, car ce n’est un secret pour personne que dimanche, comme dit un artiste, «  c’est le jour des mariages à Bamako».

    Outre les loubards, parents ou collaborateurs du couple étaient là. Mais les «hommes aux muscles » étaient les plus nombreux. Du coup, la mairie s’est transformée en espace d’exposition de muscles. Les uns étaient venus pour protéger la « promise » de leur ami. Les autres pour l’enlever, comme c’est de tradition.

     

    Rappelons que cette pratique, consiste à enlever la fiancée, surtout chez les porteurs d’uniforme. Mais  force est de constater qu’elle se propage  dans  tous les corps professionnels. Ou presque. Les chauffeurs, les apprentis- mécaniciens, les menuisiers, les tailleurs et même les charretiers sont entrés dans la danse. La prise  en otage de la mariée intervient, généralement, après la célébration du mariage par le maire.

    Mais avant cette célébration, les deux  parties, en l’occurrence, «les protecteurs » de la  mariée et ses «ravisseurs » restent aux aguets. C’est une pratique qui permet, selon certains, de raffermir les liens entre les hommes d’un même corps, d’une même profession. Du moins, si tout se passe bien.

    Ce qui s’est passé, dimanche dernier, à la mairie de Sébénicoro ne laisse personne indifférent. Les fiancés n’étaient pas encore entrés dans la salle pour les choses sérieuses quand les tiraillements ont commencé entre loubards. Connus pour leur barbarie, ils ont transformé la mairie en champ de  bataille. C’est ainsi qu’un loubard commet l’irréparable, en assommant d’un coup, la mariée qui tombe dans les pommes. Elle  a été transportée d’urgence à l’Hôpital Gabriel Touré. C’est ainsi que la célébration du mariage a été reportée sine die. « Je ne donnerai jamais ma fille en mariage à un barbare », a juré une dame.   A noter que cette pratique est en train  de prendre corps dans nos villes. Pour nombre de Maliens  des  mesures doivent prises pour mettre fin à ces pratiques d’un autre âge.

    Aboubacar Berthé  

     

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