Diplômées au foyer : Les victimes innocentes de maris sournois

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    Ils n’hésitent pas à user et abuser de tous les moyens de pression pour que leurs épouses croisent les bras à la maison.

    L’adage enseigne aux Maliens que « le véritable maître du foyer est celui qui travaille et qui vit de son métier ». Est-ce le cas pour les maîtresses de maison dans notre pays ? Le travail salarié de la femme a été longtemps mal perçu. Mais les mutations socio-économiques ont permis à la gent féminine d’intégrer le monde du travail. Ce qui a ouvert la porte du travail salarié à plusieurs générations de Maliennes. Ce progrès social date de l’ère coloniale. Il a posé le premier pas des épouses vers l’autonomie financière. Hélas ! Cette nouvelle tendance engendre des nouveaux problèmes dans les couples. Les Maliennes sont de nos jours dans toutes les structures étatiques et privées de notre pays. Elles sont nombreuses à occuper des postes de responsabilité. Cependant la majorité de ces femmes affrontent pas mal de problèmes dans leur vie de couple. En effet plusieurs hommes n’autorisent pas leur conjointe à exercer un travail salarié. L’égo du mâle et du chef de famille exacerbé par nos valeurs familiales ancestrales ne l’accepte pas. « La maîtresse de maison » doit d’abord s’occuper de son foyer. Pour ces féodaux, la place de la femme se trouve dans le foyer et nul part ailleurs. La semaine dernière nous avons recueilli les témoignages des hommes sur la question. Toutes catégories confondues ils acceptent bon gré mal gré le travail salarié de leurs conjointes. Pour convaincre leurs épouses de ne pas travailler certains époux payent le prix fort. Ils attribuent un salaire à leur conjointe diplômée ou non. A côté de « ces hommes intransigeants et francs » cheminent les maris sournois. Ils font croire à tout le monde qu’ils sont pour le travail salarié de leur femme. Mais ils font tout en coulisse pour que leur douce moitié cesse de travailler. Les exemples sont nombreux même si les cas diffèrent. Ces hypocrites n’hésitent pas à user et abuser de tous les moyens de pression pour que leurs épouses croisent les bras à la maison. Des brutes de maris vont jusqu’à exhiber leur force pour convaincre la malheureuse à céder à la loi du plus fort. Ces épouses frustrées souffrent le martyr en silence. Beaucoup sont soumises au quotidien à un dilemme : renoncer à une partie ou à la totalité de leur salaire ou quitter leur poste de travail. Certains chefs de famille exigent de leur femme de choisir entre remettre carrément le salaire ou divorcer. Le travail dit-on est « la mère de la prospérité ». Mais il est devenu de nos jours pour la plupart des femmes travailleuses une source de problèmes au foyer. Elles gèrent les contraintes du travail et les voltefaces d’un mari ingrat. Entre choisir le travail salarié et le foyer, le cœur de l’épouse modèle malienne ne balance pas. Elle renonce le plus souvent au salaire et s’en remet au Bon Dieu.

    concilier vie privée et activité professionnelle. Ce calvaire est vécu par Mme Madina. D. Elle travaille dans une grande société de la place. Elle révèle que plusieurs fois dans leurs discussions son mari lui a fait comprendre qu’il ne voit pas d’un bon œil qu’elle aille travailler contre un salaire. « La première fois qu’il m’a avoué son mécontentement j’ai cru qu’il plaisantait. Autour de nous en public il claironnait qu’il appuie ce que je fais, d’autant plus que j’arrive à concilier ma vie professionnelle et familiale », explique l’épouse frustrée. Le mari sournois de Madina n’est pas allé par quatre chemins. Sa femme doit lui verser chaque mois la moitié de son salaire pour aider à couvrir les besoins de la famille. « Je n’en revenais pas. Il me l’a dit sans complexe et sans crainte », se souvient notre interlocutrice avec un regard qui en dit long sur sa souffrance. Elle versait déjà au budget familial un appoint et supportait la plupart des charges des enfants. Mais de là à lui soutirer la moitié de son salaire… Depuis cette date à ce jour, la fin du mois est un calvaire pour notre interlocutrice. « Je ne sais plus à quel saint me vouer. Mais s’il continue à m’étrangler je vais demander le divorce. D’ores et déjà mon mari a été averti qu’il est hors de question pour moi de cesser de travailler », assène Madina en colère. Le cas de Fifi est tout autre. Elle s’est pliée à la volonté de son époux pour avoir la paix. Le mari inconscient avait au début fait comprendre à sa femme qu’il n’est pas contre le travail salarié. Au fil des ans il a commencé à se plaindre et à salir la réputation de sa conjointe. Il déclarait à tous ses beaux parents que depuis que sa femme gagne bien sa vie elle ne le respecte plus, dit-elle avec tristesse. Ne pouvant plus vivre dans cette atmosphère tendue Fifi a pris son courage à deux mains. Elle a engagé un débat avec son époux. Il a fini par avouer qu’il ne supporte pas de la voir travailler en dehors de son foyer. « Il a promis de me pousser à commettre la faute pour arriver à ses fins. Il a décidé que désormais dans sa maison aucune servante ne s’occupera des travaux domestiques », soutient notre interlocutrice. La courageuse FIFI a relevé ce défi. « Depuis ce jour je fais tout à la maison », déclare l’épouse stoïque. Le comble est que le mari refuse catégoriquement d’accompagner les enfants à l’école qui se trouve sur son chemin. Ce rôle revient à FIFI qui doit traverser le pont deux fois par jour. Mme Adiaratou Fané s’est résignée à ne plus travailler. Elle souhaite que son exemple soit une leçon pour toutes les femmes pour ne pas tomber dans le piège des maris sournois. Secrétaire de formation et épouse d’un haut cadre elle n’a pas tardé à avoir un emploi stable et bien payé. Son mari s’en réjouissait dans ses causeries publiques. Mais en réalité l’époux sournois mûrissait un plan machiavélique qu’il ne tarda pas à mettre en œuvre. Un jour il annonça à sa femme qu’il a trouvé pour elle un autre poste plus rémunérateur. En effet, Adiaratou devint plus tard la secrétaire particulière d’un très haut cadre. Pendant 6 mois notre interlocutrice était aux anges. Un beau matin son patron l’appela pour lui annoncer qu’elle doit cesser de travailler. « J’étais à la fois surprise et étonnée. Tout allait mieux entre moi et mon patron », se souvient celle qu’on appelle affectueusement Adja. Le monde s’écroulait autour de Adja. Elle a demandé secours à son mari. Elle le pria d’intervenir auprès de son ami le très haut cadre. Il refusera catégoriquement. Il soutenait qu’il ne peut rien contre le fait que le patron de son épouse ne soit pas satisfait de son travail. Devant ce refus, Adja est allée directement affronter son patron. Ce dernier lui annonça que c’est son mari qui a demandé de mettre fin à son contrat de travail. Je me souviens comme si c’était encore aujourd’hui des propos de mon patron : « Je suis désolé, mais la décision, ne révèle pas de moi. A la demande de ton mari je t’ai recrutée. C’est aussi à sa demande que je te renvoie. Je suis très satisfait de ton travail et crois moi si cela ne dépendait que de moi jamais je n’allais rompre ton contrat. Je te conseille de convaincre ton mari. Le poste est toujours vacant. Je serai ravi de travailler de nouveau avec toi ». Elle aura une séance d’explication avec son époux. Il a soutenu que la femme d’un haut responsable ne doit pas être une employée. Depuis ce jour Adiaratou est malgré elle cloîtrée au foyer.

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    Des bébés au Parlement européen

    Des bébés au Parlement : plusieurs députées européennes ont fait sensation en emmenant leurs enfants dans l’hémicycle strasbourgeois, rappelant par ce geste la difficulté pour les femmes à concilier activité professionnelle et vie de famille. “On pousse les femmes à étudier, à avoir un travail intéressant. Et puis finalement elles doivent choisir entre leur carrière et leur vie privée. Les femmes ne devraient pas avoir à choisir”, affirme la députée italienne Licia Ronzulli. Membre du PPE (Parti populaire européen, conservateur), l’élue de 36 ans proche de l’ancien président du Conseil Silvio Berlusconi est venue à plusieurs reprises sur les bancs du Parlement avec sa fille Vittoria, âgée de 18 mois. Les photographies de la fillette -emmaillotée dans une écharpe de portage, jouant avec les écouteurs de sa mère ou dessinant sur son pupitre- ont fait le tour du monde. En septembre 2010, la jeune maman avait interpellé ses collègues du Parlement, en demandant que “les institutions européennes, à commencer par le Parlement européen, soient plus engagées (sur le sujet)”. Si Licia Ronzulli donne une dimension militante à son acte, d’autres députées mettent surtout en avant des considérations pratiques. Un paradoxe de l’institution strasbourgeoise est en effet que ses membres n’ont pas droit au congé de maternité, ni a fortiori de paternité, à la différence des salariés du continent : celles qui viennent d’accoucher sont notées “absentes” si elles ne participent pas aux votes, et ne perçoivent pas l’indemnité journalière normalement due.”C’est un paradoxe que les lois que nous adoptons ici ne s’appliquent pas aux députées”, souligne la Britannique Catherine Stihler. Elle-même est venue dans l’hémicycle à la session plénière de janvier avec son nourrisson de onze semaines dans un porte-bébé. “J’étais inquiète qu’il se réveille et que je doive le nourrir. Il me semblait important de participer au vote destiné à élire le nouveau président du Parlement européen”, raconte-t-elle. Sept députées de droite comme de gauche ont écrit il y a quelques mois au précédent président de l’institution Jerzy Buzek pour lui demander la mise en place de dispositions adaptées pour les mères de nouveaux-nés, suggérant de leur permettre d’être remplacées temporairement ou de pouvoir déléguer leur vote. Buzek a répondu qu’il demanderait au secrétariat général d’examiner les solutions envisageables. Les députées devraient relancer prochainement son successeur, Martin Schulz, selon l’Allemande Franziska Brantner. Quelles qu’en soient les motivations, la démarche de la poignée de femmes qui ont profité de la souplesse du règlement du Parlement pour emmener leur progéniture dans l’hémicycle a été plutôt bien accueillie… à quelques exceptions près, selon Mme Ronzulli. “Des députées plus âgées ont dit que le Parlement n’était pas une crèche, que cela nuisait à la solennité du lieu. J’ai répondu qu’il était dommage que de telles critiques soient émises par des femmes !”, affirme-t-elle. Pour le sociologue François de Singly, enseignant à l’Université Paris Descartes, la curiosité -ou la gêne- suscitée par le geste de ces députées vient du “brouillage” de la coupure entre vie publique et vie privée dont il est porteur, au-delà de la “revendication féministe”. “Une grande partie de la construction mentale de l’Occident reposait sur (cette) séparation, qui recoupait celle entre masculin et féminin, raison et coeur. Ce petit événement est révélateur d’une grande transformation, d’une remise en question de cette coupure, sans que l’on sache très bien comment on recompose la frontière”, analyse-t-il.

    Source A.F.P

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