Escroquerie en Commune VI : Deux faux marabouts sauvés de justesse de la vindicte populaire

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Le mercredi 6 novembre dernier, Arouna et son complice Boubacar ont été pris la main dans le sac alors qu’ils tentaient de délester une jeune dame de sa pochette, au niveau des Halles de Bamako. Ce n’est que grâce à l’intervention énergique des forces de l’ordre qu’ils ont été sauvés de la vindicte populaire.

Comme le dit l’adage: «quatre-vingt dix-neuf jours pour le voleur, et un seul pour le propriétaire». Arouna et son complice Boubacar étaient devenus notoires à cause du nombre grandissant de leurs victimes, pour la plupart des jeunes dames du quartier populaire de Niamakoro dont ils arrachaient les sacs à main.

Dans la nuit du samedi 3 novembre, aux environs de 20 heures, Alima, une jeune demoiselle qui travaille dans un bar restaurant du coin, se tenait en bordure de la route au niveau d’Ecobank, dans l’ancien marché de Niamakoro. Elle attendait un taxi qui devait l’amener à son lieu de travail quand deux jeunes sur une moto Jakarta, habillés de boubous blanc cassé vinrent garer leur monture à ses côtés.

Celui qui était à l’arrière de la moto descendit de l’engin et s’approcha de la jeune fille. En dépit du fait que cet endroit est toujours plein de monde, Alima sentit monter un certain sentiment de défiance à mesure que l’intrus s’approchait d’elle. Celui-ci la rassura par un «Salam aleikum» avant d’enchaîner qu’il venait en paix. Il tendit alors sa main à la jeune dame, qui ne put refuser de le saluer. Aussitôt que l’inconnu prit sa main, il s’exclama: «Mademoiselle vous êtes en face d’un très grand bonheur. Aujourd’hui même vous allez gagner beaucoup d’argent. C’est moi, le disciple du grand marabout de Nioro, qui vous le dis. Mais, pour que ce que je viens de prédire se réalise, il faut que je prie sur votre sac et que je fasse aussi une prière spéciale pour bénir tous vos appels téléphoniques de ce soir».

Comme hypnotisée, Alima lui remit son sac et le téléphone qu’elle tenait dans sa main. Le faux marabout récita quelques prières avant de lui de demander de marcher vingt pas en direction du quartier sans se retourner et de lui apporter trois petits cailloux. Alima s’exécuta, mais, lorsqu’elle revint sur ses pas, les faux marabouts étaient déjà partis. Du coup, elle perdait son téléphone, sa tenue complète, y compris la paire de chaussures qu’elle devait porter une fois arrivée au service, et la rondelette somme de 50 000 FCFA, destinée à sa tontine. La pauvre fut inconsolable durant toute la nuit.

Le mardi 6 novembre, les deux malfrats, en quête d’une nouvelle victime, vinrent rôder sur les mêmes lieux, alors que la mésaventure d’Alima s’était déjà répandue dans tout le quartier. C’est ainsi que les faux marabouts accostèrent Fifi, une star de Balani du quartier, membre du groupe d’Alima et très effrontée. Celle-ci laissa le premier escroc s’approcher d’elle. Quand le malfrat lui tendit la main, la jeune fille l’attrapa en criant au voleur! Tout le quartier fut ameuté. Les deux malfrats tentèrent bien de fuir, mais ils furent vite maîtrisés avant de subir la dure réalité de la vindicte populaire. Ils ne furent sauvés de justesse du lynchage que grâce au passage d’une patrouille de la police.

Pierre Fo’o Medjo

 

SOURCE:  du   12 nov 2012.