Fait divers : Bizarre comportement

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    S. S. n’avait aucun égard pour sa mère. Mais refuse de la laisser partir de chez elle.

    Dans un passé très récent, les conseils et les mises en garde des parents étaient sacrés. Les contredire reviendrait à s’attirer la malédiction sur soi. Mais de nos jours, il n’est plus rare d’entendre et dans toutes familles « ah les enfants d’aujourd’hui ! ». Certaines familles ont même de la chance lorsque le père ou la mère ne se fait pas rouer de coups par un de leurs progénitures. Nous avons personnellement assisté à une scène inimaginable encore dans certaines de nos contrées.

    Le père d’une jeune fille qui venait à peine d’atteindre la majorité pénale lui avait interdit un week-end de sortir avec son petit ami. L’adolescente, d’une éducation exécrable, pour toute réponse avait lancé à son géniteur « cet homme que cela te plaise ou pas, je sortirai avec lui. » Et pour couronner le tout, la jeune demoiselle dans la même lancée d’informer son père qu’elle était en état de grossesse de trois mois et que si cela ne lui plaisait pas, elle était prête à quitter la famille. Le vieux qui venait de subir un affront de sa propre fille voulait réagir mais sa femme le retint par la main et le fit asseoir. Lorsqu’il se calma, la mère de famille lui reprochait d’être la cause de tout ce qui arrivait dans sa famille. « C’est toi qui as installé un téléviseur avec un décodeur dans sa chambre depuis qu’elle n’avait pas encore 10 ans. C’est toi qui lui donnais de l’argent chaque fois que le concert d’un nouveau de groupe de musique est annoncé dans la capitale. C’est toi qui l’as envoyée dans une auto-école avant de lui payer une voiture avant même qu’elle n’ait l’âge de conduire ». Ce chapelet de « c’est toi » aurait pu s’allonger et durer plus longtemps si un visiteur n’était arrivé pour calmer la femme. Le père concéda toutes ces remontrances, avant de se rendre dans sa chambre pour essayer de dormir. Au petit matin, il se rendit à la mosquée du quartier et dans les environs de 9 heures il fit appel à son huissier pour faire enlever le nom de cette impénitente de la liste de ses héritiers. Aux dernières nouvelles, elle serait en train de mobiliser toutes les notabilités du quartier pour ramener son père, un homme riche ave beaucoup de propriétés foncières, à la réinsérer dans la liste de ses futurs héritiers.

    IMPOSSIBLE COHABITATION : L’histoire qui suit n’est pas moins étonnante pour les anciens qui vivent encore et qui ont suivi les différentes mutations dans les rapports entre parents et enfants. Elle a pris le départ à Ségou et s’est poursuivie encore le vendredi dernier au commissariat du 13e arrondissement. M. C. vient de Ségou. C’est là qu’elle a vécu depuis son plus jeune âge jusqu’à contracter son premier mariage. De cette union, naquit à une nombreuse progéniture. Sa coépouse fit beaucoup d’enfants aussi. Mais en tant que première femme, elle était restée durant toute la vie de son mari la femme autour de laquelle tournaient toutes les décisions de l’époux. A la mort de ce dernier et à celle de sa coépouse, tous les enfants la considéraient comme leur mère biologique. Comme ils étaient éparpillés un partout à travers le pays, elle s’est donnée pour tâche principale de passer chez chacun d’eux une saison et de ne revenir au village que pour peu de temps. Ayant une fille qui était allée faire sa vie en Côte d’Ivoire depuis de longues dates, elle décida un jour de la faire revenir au pays au cours des événements que ce pays a connus ces dernières années. S. S., c’est son nom, accepta cette invitation de sa mère et débarqua par un beau matin à Bamako, plus précisément à Yirimadio. Sa mère lui rendit visite avant d’aller chez un des fils de sa défunte coépouse.

    Au cours de cette même saison, elle fit le tour de tous les enfants de son défunt mari avant de revenir auprès de S.S. Mais cette fois-ci, la cohabitation était devenue impossible. La fille n’hésitait pas à s’en prendre à sa mère et la traiter de tous les noms d’oiseaux. Un jour, pendant que la vieille femme faisait ses ablutions assises sur un escarbot, sa fille la poussa violemment et la fit tomber à terre. Mama se releva sans mot dire, reprit ses ablutions et partit à la mosquée. A son retour du lieu de culte, elle fut surprise de trouver au seuil de la porte, sa fille et sa petite-fille qui l’attendaient de pied ferme pour la couvrir d’injures les plus grossières. La vieille éberluée par une situation à laquelle elle était totalement étrangère se demanda les raisons de cette haine et la cause de cette infamie. Pour toute réponse, elle s’entendit dire en chœur par S.S. et sa première fille, qu’elle n’était qu’une vulgaire sorcière qui tente chaque soir de voler leurs âmes sans y parvenir. La vieille femme fit appel à des voisins qui vinrent à son secours et lui permirent de dormir là pour quelques jours. Une nuit, S.S. et sa fille se réveillèrent pendant qu’il pleuvait et s’emparèrent de pilons pour tenter de fracasser la tête de la vieille femme.

    Mama, malgré son âge très avancé n’eut son salut que grâce à la force de ses jambes. Elle fut ainsi contrainte de dormir sous la pluie et dans un nuage de moustiques. Cette vie d’indésirable, continua pour la vieille femme jusqu’à la semaine dernière. Le mercredi, elle eut un bon cœur qui informa une autre de ses filles, infirmière à Bamako du souhait de la vieille de manger du « Tô ». F. S., c’est le nom de l’infirmière, prépara ce mets et l’amena à sa mère. A son arrivée, sa grande sœur lui jura sur tous les fétiches bamanan que la « la vieille sorcière » ne gouttera pas à ce plat. Pour lui montrer sa détermination, elle prit la sauce et la versa dans les toilettes. L’infirmière surprise par une telle animalité de sa sœur envers leur mère chercha à comprendre ce qui se passe. S.S. ne donna aucune explication. Au contraire, elle s’empara d’un pilon et jura de faire la peau à sa sœur. Devant sa détermination et les injures qu’elle proférait à l’adresse de la mère commune, l’infirmière lui demanda de faire sortir les effets de Mama. Elle voulait amener sa mère chez elle pour lui épargner des insultes régulières. S.S. s’opposa fermement à cette proposition et tenta une énième fois d’agresser et la mère et sa petite sœur.

    QUELQUES HEURES AU TROU : L’infirmière se rendit alors au commissariat de Yirimadio et obtint un entretien avec le commissaire principal Tokoun Niaré. Elle lui expliqua tous les sévisses subis par sa mère et lui demanda une assistance avant que sa sœur ne mette fin aux jours de leur mère. Le policier s’étonna dans un premier temps. D’ailleurs il ne crut même pas à ce que lui racontait l’infirmière. Néanmoins, il envoya une convocation et un agent pour ramener S.S.. A son arrivée devant l’officier, la dame fit preuve d’une telle insolence que le commissaire qui tenta par tous les moyens de lui expliquer que ses actes ne conviennent pas à notre société finira par l’envoyer au violon pour lui rafraîchir l’esprit. Après quelques heures passées au trou, Tokoun Niaré la fit sortir pour lui expliquer qu’elle n’avait pas le droit d’empêcher sa mère de rendre visite à ses autres enfants. Surtout qu’elle souffrait chez elle par sa faute elle-même et par celle de sa fille aînée. S.S. prit ces conseils pour un affront et se mit à crier qu’elle était victime d’un abus. Arrivée au commissariat entretemps, la vieille se mit à genoux pour supplier le policier de ne pas la laisser dans les mains de S.S.. Tokoun Niaré envoya un agent chercher les affaires de Mama. Mais c’était peine perdue. S.S. les a cachées dans un autre endroit qu’elle seule connaissait.

    Au retour des missionnaires et après leur compte rendu, le commissaire ordonna d’enfermer la dame et ne la faire sortir que lorsqu’elle aura indiquer la cachette des habits de Mama. S.S. passa la nuit au violon et le vendredi 23 décembre, notre équipe a coïncidé avec l’arrivée au commissariat des affaires de Mama rapportées par le garçon de la maudite fille. Le commissaire les rendit à F.S. et à la vieille avant de libérer cette mégère qui semble descendre d’une autre planète. L’infirmière et sa mère partirent dans un autre quartier et laissèrent à S.S. son local. Il reste cependant une à deux questions auxquelles nous n’avons pas pu trouver de réponse. Pourquoi S.S. agissait-elle de la sorte ? Et pourquoi s’oppose-t-elle au départ de sa mère ? Allez savoir.

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