Fait divers : Tonka : Drame familial

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    Une violente dispute opposa le marabout et son neveu sur le patrimoine foncier familial. Le vieil homme piqua une colère dévastatrice et fracassa la tête de son neveu à coups de pilon.

    La colère incontrôlée peut être dévastatrice. La colère est une maladie de l’âme habituellement liée à la sclérocardie (dureté de cœur), qui s’enracine dans l’impatience et l’orgueil. Le colérique veut dominer partout, pour peu que son orgueil vienne à être blessé. Il ne se contient plus. Selon les psychologues, la colère déraisonnable est le trouble excessif des sens, l’obscurcissement de la raison, l’affaiblissement de la volonté et par conséquent la diminution de la liberté, et la joie malsaine de la passion assouvie. Ainsi, dans les excès de colère, les facultés sensibles sont profondément perturbées, au point que les sens n’accomplissent plus leur fonction normale. L’individu dont le sang bout ne voit plus les personnes, les situations et les choses telles qu’elles sont. La colère transforme son regard et lui fait voir ce qu’elle désire : uniquement des motifs à sa vengeance.

    La colère agit sur l’imagination de l’être qu’elle envahit, lui faisant grossir et parfois inventer des torts subits. Nous savons tous ce qu’est la colère, et tous nous l’avons déjà ressentie sous forme de léger agacement ou de rage fulminante. Elle est perçue comme une émotion négative et laide. Notre culture, nous a souvent appris à la réprimer. La colère est une émotion humaine tout à fait naturelle. Elle peut nous être bien utile. Elle nous motive et nous donne de l’énergie pour surmonter les obstacles, résoudre des problèmes et atteindre des buts. Lorsque la colère devient hors de contrôle et destructive, elle peut entraîner des problèmes à l’école, au travail, dans nos relations interpersonnelles et nuire à notre qualité de vie. La maîtrise de nos émotions négatives est la clé du bien-être affectif. Nul ne peut éviter les sentiments pénibles. Ils font partie de la vie. Mais pour se sentir bien, il importe de contenir ces orages qui occupent toute la place dans notre esprit. Attention ! C’est facile à dire mais difficile à faire. De toutes les émotions, la colère est la plus rebelle et la plus difficile à maîtriser. La colère nous rend aveugle et fou. Avec elle, la raison s’envole. Notre fait divers du jour démontre combien une colère incontrôlée peu être dévastatrice. C’est sans doute cette colère foudroyante qui a poussé le vieux Lah Cissé à commettre l’irréparable. Dans le village de Faty, commune rurale Tonka (Cercle de Goundam), les populations ont été scandalisées en apprenant que ce marabout venait de tuer son neveu Hamadoun Ousmane. Le meurtre a eu lieu dans le village de Faty. Cette localité est située à 25 kilomètres de Goundam au pied du lac Faty.

    Le village est l’une des riches zones agro-silvo-pastorales du cercle de Goundam. Ici, les ethnies bozos, bambaras, peulhs, sonrhaï vivent harmonieusement avec la nature. Fort de ces potentiels naturels, le village de Faty connaît depuis quelques années un développement fulgurant. Malheureusement cette croissance a entraîné des conséquences indésirables. Le village fait aujourd’hui face à une forte pression foncière d’où la multiplication des litiges fonciers. C’est donc un problème foncier qui a opposé le vieux Cissé et son neveu Hamadoun Ousmane. En effet, il y a une semaine, le vieux Lah Cissé, marabout de son état avait rendu visite à un ami. De retour à la maison, il fut surpris de découvrir son neveu Hamadoun Ousmane dans la cour de son domicile. Ce dernier dormait à point fermé dans la maison du vieux. Surpris par cette présence, le marabout réveilla le visiteur et lui intima de quitter sa maison. Le jeune homme refusa. Il affirma au contraire que ladite maison appartient à son père. Une forte dispute éclata entre le vieux et son neveu.

    Les voisins alertés par les éclats de voix accoururent pour calmer les esprits. Ils demandèrent au jeune homme de quitter la maison. Hamadoun Ousmane s’exécuta et s’en alla de la concession. Le lendemain, le jeune homme revint à la charge. Il criait : « cette maison appartient à mon père ». Son tonton de marabout comme la dernière fois essaya de le chasser de chez lui. Mais le jeune était déterminé. Il réaffirma son intention de s’installer à demeure. Une nouvelle dispute très virulente éclata entre le vieux et son neveu. Tandis que le tonton traitait le jeune homme de délinquant, de vaurien, de maudit, ce dernier rétorquait que son oncle était un faux marabout, un escroc et un filou. L’échange de mots violents fit bouillir le sang du vieux. Il piqua une colère incontrôlée. Le marabout se saisit d’un pilon et fracassa la tête de Hamadoun Ousmane, qui mourut sur le champ. Les voisins scandalisés par le geste du marabout alertèrent la gendarmerie. Les agents se précipitèrent sur les lieux et inculpèrent le criminel marabout. Une enquête a été ouverte pour comprendre les dessous et les non dits de cette tragédie.

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    FIN DE CAVALE POUR MOSS OUSMANE

    Ce truand est considéré comme le plus grand voleur de bétail de toute la région de Tombouctou

    Les vols d’animaux sont fréquents dans notre pays. Généralement, ces vols sont opérés dans des zones où la vie agropastorale est prédominante. Le vol de bétail est devenu un problème récurrent depuis plus une décennie dans ces zones. Quotidiennement, les éleveurs font des communiqués sur les radios locales pour déclarer le vol de leurs bovins, ovins et caprins. Ces vilains actes sont commis généralement par des bandits armés avec la complicité des bergers. Parfois un cheptel entier d’ovins et bovins peut être subtilisé et les bergers deviennent invisibles. L’impunité, la divagation des animaux, l’abattage clandestin, la mauvaise organisation des éleveurs, la méconnaissance des lois régissant l’élevage, la mobilité des animaux sont, entre autres, les causes de ce fléau. C’est dire donc si les éleveurs du cercle de Goudam ont été soulagés d’apprendre l’arrestation d’un voleur de bétail très habile. En effet, le 30 novembre dernier, le malfrat Moss Ousmane a frappé. Ce truand est réputé le plus grand voleur de bétail de toute la région de Tombouctou. Cet expert en vol de bétail a réussi à subtiliser d’un coup 29 moutons de race berbères au quartier « Barry Kobé » dans la ville de Diré. Sûr de son coup, il conduisit les animaux loin de la ville et les parqua dans un endroit isolé. Plus tard il dépêcha ses enfants pour conduire le bétail au marché de Goundam à environ 40 kms de Diré. Les enfants partirent rapidement pour être à l’abri d’éventuelles recherches.

    Le coup de Moss Ousmane pouvait réussir si les enfants n’avaient pas emprunté une voie très fréquentée par les voyageurs. Car, à leur approche de Goundam, les mômes furent remarqués par des voyageurs venant de Diré qui les connaissaient bien. Les voyageurs furent surpris par le nombre de têtes qui équivalait au nombre de bêtes volées récemment. Sans perdre de temps, les voyageurs téléphonèrent aux propriétaires des animaux volés, pour leur annoncer la présence d’un troupeau de 28 moutons à l’entrée de Goundam Essakane. Avec la collaboration des populations de Bougouneïra de la commune de Celé, Goundam, les guides du troupeau furent interpellés et maitrisés par la brigade de gendarmerie de Goundam. Le malin Moss Ousmane a manqué de chance. Ce voleur habile avait rejoint les enfants à Goundam et s’apprêtait à traverser le lac Faguibine. Il avait l’intention de se rendre au marché de Zouérat pour liquider les bêtes. Arrêté, le voleur a reconnu les faits et avoué avoir déjà égorgé quelques têtes sur instruction de son marabout pour se protéger contre une éventuelle capture. Le dieu des voleurs a refusé ces sacrifices !

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