Histoire : … d’une… « jambe »

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Après un long séjour à l’hôpital pour cause d’une gangrène qui avait atteint sa jambe gauche, S.B., ébéniste de son état, en était sorti en juin 2011 avec la jambe amputée.
Comment faire pour subvenir aux besoins de sa famille dont il était l’unique espoir ?
Domicilié à Magnambougou, et père de huit enfants, notre ébéniste passait des nuits blanches, réfléchissant à la gestion de sa vie future.
Une jambe, c’est beaucoup pour un homme. Surtout pour un ébéniste solitaire.
Peut-on être productif avec une seule jambe ? Peut-être bien. Mais, notre ébéniste en voulait deux. Et, à force de « cogiter », S.B. a décidé, grâce à ses économies, de s’acheter une prothèse. Ainsi, après acquisition d’une jambe artificielle, il s’était remis au travail.
Hélas, les choses n’allaient plus comme avant, car notre ébéniste avait du mal à travailler correctement.
Aux dires de certains, il lui fallait au moins un mois pour confectionner une simple armoire et une dizaine de jours pour une tablette.
Triste souvenir de ces époques où S.B. pouvait confectionner 3 armoires par semaine.
La lenteur dans le travail lui a donc valu la perte de la quasi-totalité de ses clients.
La vie devenait de plus en plus dure, notre ébéniste n’arrivait plus, depuis bientôt un an, à payer ses frais de location.
Et, le 3 novembre dernier, l’impatience du propriétaire de la concession dans laquelle vivent S.B. et sa famille, aura raison de son malheur.
Ce jour-là en effet, le propriétaire de la maison, las d’attendre des frais de location qui ne tombaient plus, vint purement et simplement arracher à S.B. sa « jambe » qu’il rangea dans son magasin.
Malgré l’intervention des voisins, l’implacable propriétaire décida de ne remettre à S.B. « sa jambe » qu’après paiement intégral de ses dûs.
Depuis, S.B., n’eut d’autre choix que de rester à la maison.
Fatigué de rester immobile à domicile, le malheureux, sur instruction de ses colocataires, a décidé d’attaquer le propriétaire de la concession devant la justice, car, soutenaient-ils, personne ne doit prendre un organe de son prochain en caution. On n’en arrivera pas là.
Un commerçant, gros bonnet du quartier, s’est engagé le 1er janvier dernier à payer les arriérés de location de S.B. En plus, le bienfaiteur lui a « réglé », et avancé, les frais de 4 mois de location.
La remise de « la jambe » de S.B. a été ainsi effectuée le 8 janvier 2013 en présence du commerçant que l’on soupçonne en fait d’être le vrai propriétaire de la concession.
Les mauvaises langues racontent aussi, que ce dernier aurait « arrangé » l’ébéniste, parce qu’un avocat au parfum de l’affaire lui aurait expliqué que l’acte qui a consisté à s’approprier par force la « jambe », de S.B. constituait un crime puni par la loi et pourrait être considéré comme… une mutilation.
Vrai ou faux ?

Boubacar Sankaré

SOURCE:  du   15 jan 2013.    

2 Réactions à Histoire : … d’une… « jambe »

  1. L'enfant de sangué

    La protège ou la jambe, si la protège c’est un crime grave et si c’est la jambe ah il devrait être traduit à la justice

  2. fakolyhakika1

    Non!!!!!c’est un double mutilation!!!)!!