Hôpital Gabriel Touré : Il vole son médecin traitant

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    On a beau faire le tour de la terre en consultant marabouts et féticheurs afin de remédier à la maladie de vol de certains intraitables, on y parviendra jamais. Soumaïla Sylla est sans doute de cette race de voleurs viscéralement attaqués par le virus de la malfaisance.

    Tenez-vous bien. Soumaïla Sylla est un jeune homme qui a vite basculé dans la délinquance pour des raisons qu’on ignore. Il n’a ni profession, ni domicile fixe, sinon celui de voleur. Dans la journée du 29 août dernier, le jeune homme avait visiblement une faim de loup. Ce jour, il cherchait désespérément à faire des victimes. Mais, voilà que dans l’après-midi, il aperçoit deux femmes portant leur sac à main dans une rue de Bagadadji en Commune II du district de Bamako. Comme un chien flairant un gibier, il les suit discrètement jusqu’à une certaine hauteur où il pense qu’il peut frapper sans courir aucun risque. Soumaïla Sylla retire de force le sac à main d’une des deux dames avant de prendre ses jambes au cou. Comme on pouvait l’imaginer, celles-ci ont aussitôt crié au voleur. Les gens sortent de partout pour pourchasser le voleur. Malheureusement pour lui, il est vite mis hors d’état de nuire par ses poursuivants. Après avoir remis le sac à sa propriétaire, le délinquant se fait distribuer des coups violents. Mis à sang, ses poursuivants l’abandonnent dans la rue pour mort. Mais, c’était sans compter que le jeune voleur a la vie dure. 45 minutes plus tard, il se relève de lui-même pour se rendre aux urgences de l’hôpital Gabriel Touré pour se faire soigner.

    Le patient avait les yeux pour le portable de son médecin traitant

    Admis dans la salle de soin, Soumaïla Sylla aperçoit le téléphone portable de son médecin traitant. C’est lorsque ce dernier a commencé à faire des points de sutures sur sa tête grièvement blessée qu’il profite de son inattention pour s’emparer de son appareil. Un autre patient, alité et ne pouvant pas parler à cause des douleurs, a dénoncé le voleur au médecin en lui faisant des signes. Fouillé, Soumaïla Sylla est trouvé en possession du téléphone de son médecin traitant. Celui-ci met fin aussitôt à ses services avant de le vider de l’enceinte même de l’hôpital.

    Il frappe nuitamment à Bozola

    Malgré tout, Soumaïla Sylla n’avait pas dit son dernier mot. Entre 19 heures et 20 heures, il investit les rues de Bozola. Il se dirige vers le secteur de « Wonida » où il vide un kiosque après l’avoir fracturé. Il emporte des cartouches de cigarettes et un poste radio. Après son forfait, il se précipite au pied du monument des Martyrs au quartier du fleuve pour dissimuler son butin. Au même moment, deux autres délinquants l’aperçoivent. Ceux-ci l’obligent à partager entre eux son butin au risque de le laisser partir les mains vides. Soumaïla ne se fait pas prier pour s’exécuter. Mais ce qu’il ne savait pas, c’est qu’il était tombé sur un caïd à la retraite, c’est-à-dire sa victime. La même nuit, celle-ci connaissant le mouvement des bandits du secteur, mène discrètement des recherches au niveau du Square Patrice Lunumba. C’est aux alentours de l’IER qu’elle tombe sur le jeune Soumaïla Sylla en possession des cartouches de cigarettes qu’il avait volées dans son kiosque. Elle l’arrête et le fait conduire au commissariat de police du 1er arrondissement avec son butin. Le commissaire divisionnaire de police Balla Traoré confie son sort à l’inspecteur de police Issa Niangaly. Lorsque celui-ci a passé son oiseau à l’interrogatoire, il a commencé à « rejouer » avec fidélité le film de l’évènement. Au même moment, Bourama Konta à qui il avait cédé une partie de son butin sous la menace armée, est conduit au même commissariat de police pour vol de téléphone portable. Et Soumaïla Sylla de rendre grâce à Dieu pour avoir fait tomber ce caïd dans le filet de la police comme lui. Car, dit-il, il est un vrai sarakholé qui ne ment pas, mais qui vole. Kabakomatique !

    O. BOUARE

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