Incendie au marché « Woro cour » : La série noire continue

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    Incendie au marché « Woro cour »
    Incendie au marché « Woro cour » (Photo AMAP)

    Rien ne semble pouvoir arrêter la série noire des incendies sur nos marchés. Le présent cycle infernal avait commencé avec la Maison des artisans de Bamako qui s’était embrasé le 15 décembre dernier. Ensuite, ce fut le tour de l’hôtel-appartements Niuma Belleza sis à Bamako-Coura, le 1er janvier,  puis d’une partie du centre commercial de Bougouni le 4 janvier. Le 3 février, un gigantesque incendie ravageait la « Place de Sikasso » au Marché de Médine en Commune II du District de Bamako.

     

     

    Avant-hier, c’est le marché « Woro Cour » qui a été la proie des flammes. L’incendie spectaculaire s’est produit dans la nuit de mercredi à jeudi. Hier, notre équipe de reportage a rencontré, sur le site, plusieurs commerçants du marché très affectés par le  sinistre. Un des occupants des lieux, un commerçant qui a nous a parlé sous le couvert de l’anonymat, a expliqué que le feu serait parti d’un compteur électrique du marché qui aurait soudainement explosé. «  C’est ce qui a provoqué l’incendie », assure-t-il. Seules les enquêtes annoncées pourront, en fait, déterminer la cause exacte du sinistre.

     

     

    En attendant, si on ne déplore aucun blessé, encore moins  de perte en vie humaine, les dégâts matériels enregistrés sont très importants. Des boutiques, des kiosques à colas, des sacs de produits cosmétiques, d’habits, de chaussures entassés entre eux et entreposés sur une grande surface sont tous partis en fumée. Des restes de tôles calcinés sont éparpillés un peu partout.

     

     

    Et comme si cela ne suffisait pas, des cas de vols de motos et d’articles auraient été enregistrés après l’incendie. Les commerçants ont, dans un premier temps, usé de moyens de fortune, comme des seaux d’eau pour éteindre le feu. Puis est arrivée une équipe de sapeurs-pompiers dirigée par le sous-lieutenant Maciré Traoré, le chef du centre de la Protection civile de Sotuba.  « Les soldats du feu » ont dû batailler pendant une bonne partie de la nuit de mercredi à jeudi pour circonscrire le feu, sous le regard des curieux et des badauds. Les policiers et les gardes déployés tout autour du marché devaient protéger ce qui restait du marché contre de faux compatissants mais de vrais voleurs.

     

     

    Sur place, le désespoir, la déception et l’émotion se lisaient sur les visages de certains commerçants assis autour du marché. Le ministre de la Sécurité, le général Sada Samaké, le tout nouveau gouverneur du District de Bamako, Hady Traoré, et les responsables de la direction générale et  de la direction régionale de la Protection civile sont venus mesurer l’ampleur des dégâts et transmettre la solidarité des autorités aux victimes du drame.

    Hasard du calendrier, cet incendie s’est produit deux jours après le déclenchement de l’opération de libération des voies publiques de Bamako décidée et exécutée par les pouvoirs publics.

    S. Y. WAGUE

     

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