Insécurité à Kalabancoro Nerekoro : La population désespérée, la gendarmerie manipule

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    L’attitude de la gendarmerie de Kalabancoro est d’autant incompréhensible que l’ambiance d’insécurité permanente donne l’occasion d’attirer l’attention d’installer d’autres postes de sécurité dans ces quartiers. En effet, le seul poste de gendarmerie est souvent à plus de 20 km de certaines de ses zones d’intervention. Mais alors pourquoi la gendarmerie manipule un drame pour mettre en avant sa promptitude. Ce qui est loin d’être le cas.

     Les populations de Kalabancoro Nérékoro sont désespérées par le climat d’insécurité qui règne dans leur quartier. Ainsi, presque toutes les semaines, on tire à l’arme à feu sur quelqu’un. C’était le cas la semaine dernière c’est-à-dire lundi 05 Décembre dernier aux environs de 03 h 00 du matin. La victime, cette fois-ci est une personnalité de la République à savoir le Chef de cabinet du ministère Délégué à la Décentralisation.

                    Il était presque 03 h 00 du matin le chef de cabinet M. Koné venait de terminer ses prières de la nuit. Il avait aussi profité pour attendre son fils qui devait revenir de voyage. C’est alors que M. Koné entend du bruit dans la cour de son domicile, croyant que son fils était arrivé, il ouvre sa porte pour parler. C’est ainsi qu’il voit une silhouette dans un couloir à quelques 20 – 25 m de lui. Face au silence de la silhouette, il comprend que ce n’est pas son fiston, alors il décide de rentrer dans son salon. C’est juste au moment de tourner pour le salon qu’un coup de fusil retentit, il est atteint en pleine poitrine et à l’épaule, il s’écroule baignant dans le sang. Entre temps les balles avaient aussi brisé les vitres arrières da sa voiture Mercedes et pleins d’autres impacts sur les murs. En effet, c’est une autre personne qui a tiré dans le dos de M. Koné qui avait tourné. Il se débrouille alors dans son sang à regagner le salon d’où il est évacué aux urgences par sa famille. Entre temps les malfrats qui avaient garé leur voiture dans le carré, se sont emparés d’un congélateur pour disparaître.

                    Très vite, on comprend que les jours du Chef de cabinet n’étaient pas en danger. C’est alors qu’il demande à un de ses fils d’aller informer la gendarmerie, il était 08h00 passés. C’est donc un peu plus de 08h00 que les gendarmes étaient sur place. A Kalabancoro Nérékoro les populations ne se font aucunement d’illusions car elles savent que la gendarmerie de Kalabancoro ne peut rien faire pour elle. Tout ce qu’elles espèrent c’est la réactivation du projet de poste de gendarmerie de leur secteur qui semble désormais abandonné.

                    Pourtant de nos jours il est impératif de penser à cette zone tellement l’insécurité est récurrente. Ainsi, raconte un chef de famille pour témoigner : « Mes enfants, la réalité c’est que même les agents ont peur de venir ici, un jour quand j’étais sur ma maison, j’ai entendu les éléments d’une patrouille se parler ainsi. “Hé faites vite, montez que l’on parte ce secteur est très dangereux… “. Donc, je pense qu’il faut voir autrement, sinon la situation est chacun pour soi, Dieu pour tous ».

                    Les questions qui se posent entre autres : mais pourquoi les gendarmes prétendent avoir engager une course poursuite pour retrouver les malfrats quand ils ne sont arrivés qu’à 08h00 alors que l’on a tiré sur M Koné aux environs de 03h00 du matin ? L’autre question est l’attitude des malfrats qui ont tiré sans somation et sans aucune volonté d’opposition ?

                    L’insécurité à Kalabancoro Nérékoro est en train de dépasser la limite de l’acceptabilité c’est pourquoi les autorités sont interpellées. En effet, les populations très désespérées parlent de plus en plus d’organiser des groupes d’autodéfense. Il est impérieux que l’Etat agisse car personne ne sera un jour surpris d’éventuels dérapages dans ces quartiers.

    Youba KONATE

     

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