Les populations de N’gabacoro –plateau et de Binabougou se réclament de Dialakorodji

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    Depuis un certain temps, les populations de N’gabacoro plateau et de Binabougou, dans le cercle de Kati ne savent plus à quel saint se vouer. Leur découpage administratif en est la raison. Car, pendant qu’elles réclament leur appartenance à la commune de Dialakorodji, la mairie de la  commune II du district et celle de la commune de Kalaban veulent s’en accaparer. A tout prix. Quoi qu’il advienne. Malgré leur désaccord.

    Selon les informations recueillies sur place, toute cette situation serait née suite aux agissements d’un conseiller indélicat à la mairie de Kalaban en complicité avec son maire et le maire de la commune II.

    En effet, selon les explications du Maire de Dialakorodji, Oumar Guindo que nous avons  rencontré à cet effet, la commune de Dialakorodji a été approchée par certains villages du secteur  de Sicoro et dont les lignes de séparations sont très nettes entre le district de Bamako et le cercle de Kati. Dont relève d’ailleurs la commune de Dialakorodji.

    Selon lui, avec le découpage et le schéma directeur, Dialakorodji rentre dans les limites de Kati et fait frontière avec le district de Bamako. Ce qui fait que les deux localités litigieuses  (Binabougou et N’gabacoro plateau) sont dans la commune de Dialakorodji.

    En effet, selon lui, depuis un certain temps, c’est un conseiller dans la commune de Kalaban du nom de Sidibé qui essaye de détourner l’attention des populations pour les amener à établir leurs carnets de familles, leurs actes d’état civil à Kalaban. Toute chose qui n’a duré qu’un certain temps. Car, les populations ont vite compris que la ligne de séparation entre le cercle de Kati et le district de Bamako est nette, et aussi qu’elles ne relèvent pas de Sicoro, mais de Dialakorodji.

    Selon lui,  le chef de village  du nom de Bina dont la localité portait le nom (Binabougou), avant son décès est même venu à la mairie pour que son village soit rallié à Dialakorodji vu la proximité. Mais, après son décès, il y a eu des tiraillements au niveau de la chefferie et aussi entre les populations. Le conseiller a ainsi profité de cette situation de désordre pour détourner les populations. Et, a commencé à faire des opérations illicites d’occupation de l’espace. En vendant les terres en complicité avec certaines structures techniques  de Kati ou de Kalaban.

    Cependant, selon le maire, la population a voulu prendre le devant et a protesté. Ce qui a amené le préfet ainsi que le sous-préfet sur le terrain, accompagnés  de la gendarmerie.

    Après, les mêmes populations ont approché la mairie de Dialakorodji pour demander la conduite à tenir. Car, elles n’ont ni eau, ni écoles et leur aménagement n’a pas encore été fait. Et, on veut qu’elles soient avec Kalaban. Alors que la décentralisation est telle que dans les 12 communes de Kalaban, les zones de Binabougou, de N’gabacoro plateau ne sont pas citées. Toute chose qui a amené l’engouement du Maire de Kalaban qui se rend sur place de temps en temps avec ses éléments  et son soi-disant conseiller, Sidibé pour détourner les populations.

    Dans cette histoire, explique Oumar Guindo, les gens confondent l’arrondissement de Kalaban et la commune de Kalaban. La commune de Kalaban, selon lui, s’arrête sur la rive droite et l’arrondissement de Kalaban  concerne non seulement Kalaban, Baguineda, Sanankoroba, mais jusque la rive gauche avec des zones telles que  Moribabougou, N’gabacoro Droit, Sangarébougou, Dialakorodji  etc.

    C’est cette confusion que le Maire de Kalaban et celui de la commune II veulent exploiter pour certaines velléités.

    « La décentralisation demande à ce qu’on laisse les populations aller où elles veulent  et non le contraire comme ça se passe à N’gabacoro plateau et Binabougou» a laissé entendre le Maire Guindo. Qui poursuivra que, ce sont les populations elles mêmes, qui veulent faire partie de la commune de Dialkorodji et nous ne devons pas les rejeter. « Les populations payent des impôts, des carnets à Kalaban depuis des années et en retour elles n’ont jamais vu une infrastructure réalisée chez elles » a t-il laissé entendre.

    « Les populations de N’gabacoro ont vu le décollage de Dialakorodji et selon le découpage, elles ont vu que leur zone fait partie de la commune de Dialakorodji selon le schéma directeur » à en croire M. Guindo. Avant d’ajouter que le maire de Kalaban et celui de la commune II sont en train de détourner les populations en leur promettant la réalisation d’infrastructures tels un centre de santé, une école, une mairie secondaire.

    Selon lui, « cela peut amener des insurrections sociales dont nous n’avons pas besoin en cette période électorale. Nous voulons faire des élections apaisées et que l’administration respecte strictement la ligne de démarcation ».

    « La commune de Kalaban ne peut pas traverser le fleuve Niger dans sa rive droite pour venir à la rive gauche, et même là, comment les enfants de N’gabacoro plateau et Binabougou  iront à l’école » s’est-il demandé.

    « Dans cette situation, il faut que le bon sens commande car ce qu’on fait subir aux populations de la zone n’est ni légitime ni légale  car ce n’est pas leur volonté, mais aussi, cela ne répond au découpage administratif » a déclaré M. Guindo.

    Qui dira qu’en plus de cette affaire, la mairie de la commune II  est d’ailleurs en train de faire des infrastructures sur leur territoire car N’gomi est une zone appartenant à la commune de Dialakorodji.              

    En tout cas, les représentants des populations lors d’une rencontre avec le maire de la commune de Dialakorodji et la presse, le mardi 10 janvier dernier, ont réitéré leur volonté de faire partie de Dialakorodji et de se battre pour que cette volonté soit réalisée.

    Dieudonné Diama

     

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