MARIAGE INSOLITE A SEGOU: LE VIEUX CONSERVATEUR ET LA BELLE-MÈRE

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    Oui au mariage, mais pas à tout prix ! C’est bien ce qu’a voulu dire le « dén-fa » de ce mariage. Il a été entendu.
    La résistance s’organise face à la perte de nos valeurs. Ce n’est pas la « mère de la mariée » ou « dén-ba » de notre histoire qui dira le contraire. C’était le jeudi 07 septembre dernier à Sénou. Tout était fin prêt pour le mariage de ce couple qui s’aimait à la folie. Il ne restait plus pour les appelés à se rendre devant l’officier d’Etat civil pour officialiser leur union et accéder ensuite à la douce Chambre nuptiale. Dans la matinée, au moment même où le convoi s’apprêtait à se rendre à la Mairie, la mère de la mariée envoya un émissaire réclamer 20.000 F CFA pour quelques dépenses imprévues. L’envoyé s’adressa au père du marié (dén-fa) qui, en la matière, est un des oncles paternels du marié. C’est lui, dans la tradition, qui a la responsabilité toutes les décisions. Le nôtre, refusa net de payer les 20.000 F CFA demandés. La réponse ne fut pas du goût de la propre mère de la mariée qui, en violation des principes de la tradition, faisait elle-même office de « dén-ba ». Elle lança alors un ultimatum, toujours par personne interposée : 20.000 F CFA ou pas de femme ! Il ne fallait surtout. L’envoyé transmis textuellement le message à qui de droit. La réponse de ce dernier ne tarda pas non plus : « C’est nous qui avions demandé la main de votre fille. Mais à partir de cet instant, nous renonçons et à votre fille et à tous les biens que nous avions investis ». Et patatras ! Le vieux conservateur avait parlé et personne, ni rien n’était en mesure d’outre passer ses décisions. Il fallait le supplier ! Tout le monde s’y mit. Mais rien a faire. Le Vieux resta sur sa position : pas de mariage ! Le marié proposa de payer lui-même les 20.000 F CFA. Le vieux lui fit savoir sans ménagement qu’il ne s’agit pas d’une question d’argent. Mais d’irrespect. Aussi, rétorqua le vieux, il ne revient pas au futur marié de payer ou de décider quoi que ce soit dans cette affaire. Les négociations durèrent toute la journée. Mais le vieux ne bougea pas d’un iota. De guerre lasse, les négociateurs capitulèrent. D’ailleurs, le maire aussi en avait eu marre d’attendre. A midi, Il était rentré chez lui. Les autres l’imitèrent. Pas de mariage, avait dit le vieux. Et il en fut ainsi.
    Maintenant que fallait-il faire ? Continuer à supplier le vieux irréductible ? Peine perdue ! Il ne cédera pas. Renoncer aux 20.000 F CFA ? Non, il a affirmé que ce n’était pas une question d’argent ! Puisqu’il avait été offensé, restait des excuses dans la pure tradition. La belle-mère fut alors appelée par les négociateurs à présenter ses excuses. Elle accepta au risque de prendre la responsabilité de l’échec du bonheur de sa fille. Elle prépara elle même du «déguè», acheta deux noix de colas et se présenta personnellement chez le vieux auquel elle remit les présents en guise d’excuses. Le vieux céda. Ouf, Dieu merci !
    Une nouvelle date fut alors fixée pour le mariage : le jeudi 14 septembre soit une semaine après le premier fiasco. Tout se déroula bien ce jour. Au moment où nous mettons sous presse, les mariés se trouvent dans la chambre nuptiale pas seulement pas pur respect de la tradition, mais aussi et surtout pour oublier la mésaventure qui aurait pu être fatale à leur union. «Nous avons échappé bel aux courroux de ce vieux fou» murmurent-ils entre deux baisers. 
    B. S. Diarra

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