POLICE DU 3ème ARRONDISSEMENT: HISTOIRES… – D’UN VENDEUR DE CHANVRE RECONVERTI… D’UN VOLEUR DE MOTOS ET DE…. MOUTONS,- D’UN HOMME « INTÈGRE » EN MAUVAISE POSTURE

    0
    Bamako, une belle ville qui attire aussi bien de braves gens de l’intérieur du pays et d’ailleurs à la recherche d’un mieux être, mais également les petits délinquants futurs grands bandits de demain. Mal préparer pour affronter les pièges de la jungle urbaine, certains tombent très bas et ne reculent plus devant rien pour gagner leur pitance. Heureusement qu’il existe quelque part un fin limier pour contenir leurs assauts. C’est l’Inspecteur Papa Mambi Keïta, dit l’Epervier du Mandé, Chef de la Brigade de Recherche du Commissariat de Police du 3ème Arrondissement.
    Nombreux sont les usagers qui perçoivent, à tort la po
    lice seulement sous le prisme de la répression. Elle a aussi et surtout un rôle éducatif et préventif. C’est justement ce que vient de nous rappeler le désormais célèbre inspecteur de police Papa Mambi Keïta surnommé l’Epervier du Mandé à l’issue de trois affaires de vols et de recel.
    VOLEUR DE MOTOS ET… OU DE MOUTONS
    Le héros de cette première leçon de morale s’appelle Oumar Diarra. Il n’a que 18 ans, non scolarisé, sans profession et sans domicile fixe. De Mopti, sa ville natale, il est venu grossir le rang des jeunes talibés qui jonchent les rues de la capitale avant de s’adonner au vol. Sa dernière opération lui a été fatale à N’Golonina. Là, de passage dans la rue vers la « Mosquée Nimaga », il aperçut une moto Honda Econo garée dans la cour d’une maison. Sans se poser mille questions, il escalada le mur, enleva l’engin en poussant pour ne pas faire de bruit. Une fois loin, il tenta de mettre le moteur en marche, sans succès, heureusement. Il l’amena alors jusqu’aux (rail-dah ), non loin du Commissariat de Police du 3ème Arrondissement, justement là où il ne fallait pas. Ces flics du 3ème ont un flair de félin. En apercevant cet individu douteux poussant une moto, ils l’interpellèrent et lui posèrent des questions plutôt gênantes sur la provenance de l’engin dont le légitime propriétaire aurait dû avoir sur lui au moins la clef de contact, la vignette et autres références. Lui n’avait rien. Et puis, il se mit à cafouiller. Nos limiers avaient compris. Ils mirent la moto en lieu sûr. Le suspect aussi, en attendant la suite des événements. Arriva alors le véritable propriétaire de l’engin pour faire une déclaration de perte. Quelle ne fut sa surprise, en entrant dans la Commissariat de voir l’objet de sa visite en ces lieux ! Dieu merci ! Sa moto venait d’être retrouvée. Mais restait ses moutons. Eh oui, la victime avait, selon ses dires, perdu trois moutons, volés par, il ne sait qui. Mais puisqu’il détenait un voleur de moto, c’est peut-être lui le coupable de tous les autres forfaits.
    Interrogé le sieur Oumar Diarra avoua pour la moto mais jura la main sur le cœur n’être rien dans celui des moutons. « Allah ka tièn démè » comme dirait l’autre.
    En tout état de cause, le sieur Oumar Diarra apprendra à ses dépens qu’il n’est pas bon de roder, avec un engin volé, autour d’un Commissariat de police où se trouve une Brigade de recherche à sa tête l’Epervier du Mandé.
    « KAYESIEN » : VENDEUR DE CHANVRE ET VOLEUR DE SON ETAT
    Les temps sont durs pour tout le monde, même pour les revendeurs de cette drogue appelée chanvre Indien. A preuve.
    Le Sieur Ousmane Doukanse dit « Kayesien » (il est ressortissant de la 1ère Région) est, en temps normal, vendeur de ce produit. Il se ravitaillait auprès d’un dealer sis au quartier Bagadadji et à son tour, fournissait les apprentis et les chauffeurs. Ce qui explique beaucoup de choses au niveau de la circulation routière. Ceci est une autre histoire. 
    Mais voilà : la marchandise commença à manquer, toute chose qui envoya de facto « Kayesien » au chômage. Mais n’étant pas de nature à baisser le bras, il se reconvertit en voleur, une activité qu’il pratiquait d’ailleurs avant la rareté de « sa » marchandise sur le marché. Il se spécialisa en effet, dans le vol de pièces détachées pour autos. Sa victime était ciblée ; il s’appelle Mamadou Diakité, vendeur, propriétaire et gérant d’une boutique de pièces détachées sis au marché de Médine.
    « Kayesien », comme tout voleur qui se respecte, a de l’imagination.   Lui ne passait pas par la porte pour commettre ses forfaits dans la boutique. Il faisait un trou dans le mur par lequel, il enlevait les marchandises. Il reçut plusieurs fois l’opération et s’en allait tranquillement vendre son butin à un receleur répondant au nom de Issa Siby sis devant la Grande poste.
    Comme il fallait s’y attendre, notre voleur fut un jour pris la main dans le…trou. Conduit au Commissariat de Police du 3ème Arrondissement, il avoua son délit et dénonça son présumé complice et receleur, le sieur Siby. Interpellé, ce dernier reconnut lui aussi les faits. Il avait acheté 33 pièces détachées avec son fournisseur. Il était parvenu à en vendre certaines à des particuliers et il ne lui restait plus qu’une quinzaine. Aux dires de la victime, la valeur totale des pièces volées s’élèverait à 628 000 francs CFA, mais tenez-vous bien : c’est seulement à 17.000 F CFA que « Kayesien » a cédé lesdites pièces à son receleur. Aberrant !
    Notre gérant n’était le seul à tomber des nues. Il y avait aussi Lassina Doumbia, garagiste de son Etat lui aussi installé au marché Médine. Il a récemment constaté la disparution de trois (03) bocaux de frein, d’un radiateur et d’une fermeture de réservoir d’essence de véhicules qui étaient en réparation au niveau de son garage. Quelqu’un avait justement aperçut « Kayesien » en possession des objets cités. Il avoua être également l’auteur ce vol. Il cherchait, selon ses aveux, à rentrer par tous les moyens à Kayes. Avec la rareté du Chanvre, la vie à Bamako était devenue un enfer. Malheureusement pour lui, il vient de rater son train.
    « L’HOMME INTÈGRE » EN MAUVAISE POSTURE
    Il s’appelle Hamidou SAWADOGO, ressortissant du Burkina Faso, « Pays des Hommes intègres » et vendeur ambulant de parfums à Bamako. Il est accusé du vol d’un téléphone portable marque Samsung appartenant à une femme sis à Bagadadji. Selon la plaignante, M Sawadogo était ce jour accompagné d’un de ses compatriotes et en possession de parfums à vendre. Ils rentrèrent jusqu’au domicile et proposèrent leurs marchandises à la plaignante qui n’éprouva pas le besoin d’acheter. L’un d’eux fit alors diversion en masquant la vue de la victime pendant que l’autre subtilisait l’appareil. Ils sortirent ensuite sans se retourner. C’est un peu plus tard que la femme constata la disparution de son téléphone d’une valeur dit-elle de 125 000 Fcfa . Elle fit immédiatement une déposition au niveau du Commissariat du 3ème Arrondissement, puis à la société de téléphonie où elle est abonnée afin de reconduire son numéro d’appel.
    Quelques jours plus tard, elle aperçut dans le même quartier et dans le même parage, son présumé voleur qui tentait de vendre encore ses parfums à sa mère. Elle appela au secours et l’individu fut appréhendé et amené au Commissariat de Police où existait déjà sa plainte. Notre homme nia les faits qui lui sont reprochés quand bien même de graves présomptions pèsent sur lui.
    On retiendra dans les trois cas de vol, que les victimes ont systématiquement fait recours à la police qui a même su anticiper dans le premier cas. C’est dire que cette institution, en tout cas, à travers son commissariat du 3ème Arrondissement a gagné, un tant soit peu, la confiance des usagers. Une police de proximité, voilà exactement dont les populations ont besoin. Et ici, elles l’ont.

    B. S. Diarra

    PARTAGER