Prévention de la pandémie de grippe aviaire au Mali : Bailo Bah, une victime innocente qui cherche à entrer dans ses droits

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    Bailo Bah, oiselier et analphabète, a perdu plus de 133 millions de francs, suite à la libération forcée de plus de 29 874 têtes d’oiseaux (tous bien portants) au nom   la prévention de la pandémie de la grippe aviaire. C’était le 14 juillet 2006. Depuis cette date, Bailo Bah qui se souci du comment rembourser la banque et reprendre une autre activité, est toujours à l’attente d’une suite favorable à sa demande d’exonération sur le ciment. Cette demande appuyée par le ministre de l’élevage Oumar Ibrahima Touré à l’époque, à l’endroit de son homologue de l’économie et des finances, reste vaine bien qu’il a la confirmation que 900 millions a été envoyé par L’Union Européenne pour indemniser  les victimes de la pandémie.

    C’est une lettre  N°000265- MEP-SG-KD en date du 30 octobre 2006 que le Ministre de l’élevage et de la pêche Oumar Ibrahima Touré a adressé à son homologue des finances. L’objet de cette lettre était une requête d’exonération  de ciments au profit de l’oiselier Bailo Bah  et lisait : ‘’ J’attire votre attention sur le fait que Mr Bailo Bah, victime de mesure de prévention et de lutte contre le risque de grippe aviaire, sollicite  une exonération de ciments, afin de faire face aux difficultés actuelles. Enfin, le 14 juin 2006, Monsieur Bailo Bah a été obligé de libérer tous ses oiseaux dans la nature ne pouvant pas les exporter sur l’Europe comme par le passé. Aussi je suis favorable à ce que vous puissiez trouver les voies et moyens pour satisfaire sa requête’’.  Tel est le contenu de la lettre du Ministre. Cette lettre selon la victime, n’a jamais eu de réponse. Pourtant, le constat  de la direction régionale des services vétérinaires de Bamako  qui s’est rendu dans les oiselières d’Amadou Diallo, Sanou Bah et Bailo Bah a démontré que seule l’oisellerie de Bailo Bah contenait des oiseaux bien portants et dont le nombre était à 29 874 têtes. Aussi selon le procès verbal du département de la l’élevage, ‘’ les oiseaux, au moment de leur libération dans la nature, étaient d’une grande vivacité’’. Cela dénote  leur bonne condition d’élevage malgré la durée prolongée de la quarantaine. Cette quarantaine a été causé depuis le 26 octobre 2005, date à la quelle  l’union européenne  a adopté la décision de  prohibition d’importation des oiseaux vivants, jusqu’au 13 juin 2006, date de libération des oiseaux’’ Pour Bailo Bah, cette décision de l’Union européenne lui a couté plus de 133 millions de franc CFA.

    Pour lui permettre de joindre les deux bouts et sachant aussi qu’après cette décision, l’Union Européenne aurait envoyé 900 millions de franc CFA pour réparation des torts causées.  Dans sa détresse, le souhait de cette victime de la grippe aviaire, n’est pas de savoir ou sont passé les 900 000 000 FCFA mais tout simplement de lui accorder une exonération sur le ciment qu’il compte importer afin de faire face aux difficultés et payer un jour la banque qui détient les papiers de sa seule maison avant qu’il ne soit trop tard. Il faut le rappeler : Du procès verbal de la libération des oiseaux sauvages au Mali, il ressort que l’oisellerie de Bailo Bah était une entreprise en pleine expansion de 1986 à 2006. Elle employait plus de 100 personnes. Elle était présente dans toutes les régions  du pays. Sa mise en quarantaine lui a causé une paralysie à savoir la perte des oiseaux, les emplois  et la baisse des finances. Bailo Bah, que nous avons rencontré, n’a aujourd’hui que ses yeux pour pleurer sur son sort en attendant que les autorités reprennent son dossier et considèrent sa demande d’exonération. Dossier à suivre donc !

     

                                                                                                                    Djibril Sacko

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