Révolte populaire à Kalaban-Coro, hier matin : La gendarmerie prise d’assaut : «Pas question de libérer les tueurs en série»

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    Deux jours durant, avant hier lundi dans l’après-midi et hier mardi durant toute la matinée, c’était chaud à la gendarmerie de Kalaban-coro. La jeunesse en colère avait prit d’assaut la brigade territoriale de Kalaban-coro en bloquant toutes les issues. Les gendarmes, d’un coté pour se protéger et déguerpir la foule qui ne voulait rien entendre, ont dû procéder à des tires de gaz  lacrymogène quand celle-ci avait commencé à jeter des cailloux et à brûler des pneus sur le goudron. Heureusement il n y avait pas eu de blessé ni de cas de perte de vie humaine, au moment ou nous écrivions ces lignes.

    Pourquoi cette brouille ?

    Les événements ont commencé depuis le samedi 31 décembre dernier, quand le jeune Daouda Sissoko, aléas «Polo», victime d’attaque à main armée et de vol de sa moto dans le quartier ADEKENE, se battait pour survivre à l’hôpital Gabriel Touré ; puis à l’hôpital de Kati. Des faits que nous avions d’ailleurs relatés dans notre parution de la semaine dernière dans L’EXPRESS DE BAMAKO N°24 du Mercredi 04 Janvier 2012.

    En effet, quand les jeunes de Kalaban-coro ont appris la nouvelle, surtout que Polo serait, par la suite, amputé de son bras, ils se sont mis en colère et ont voulu manifester leur mécontentement. Pour cela ils se sont organisés à travers des associations des jeunes de la commune, en rédigeant des plaintes et des demandes d’autorisation de marche à l’adresse de la mairie et de la sous-préfecture de Kalaban-coro.

    Les responsables desdites structures, précisément le maire, en la personne d’Issa Bocar BALLO, et le Chef de Brigade de la gendarmerie, Sékou Boukadari DAGNOKO, seraient parvenus à les en dissuader, en leur promettant de faire de leur mieux, pour arrêter les malfrats. Ce qui avait constitué un objet de satisfaction et avait contribué à baisser les tensions –vives- d’un cran.

    Comme promis, les gars de Sékou Boukadari, avec le soutien de la population, sont parvenus à démanteler le réseau du gang, le samedi dernier 7 janvier vers 03 heures du matin, en arrêtant Kaba MONEKATA et son frère Bakaridjan. Un gang qui a à son actif pour chacun des deux frères, 13 morts et 10 morts, en plus d’un stock de munitions et un arsenal d’armes à feu.

    Le second, à la suite de son interrogatoire, a dénoncé d’autres éléments qui furent arrêtés les uns après les autres. Les jeunes, sous la colère, sont allés brûler toute la maison de Kaba et Bakaridjan. Malheureusement, sous les coups de l’arrestation, Kaba a succombé à ses blessures et coups reçus. Bakaridjan attendait  son sort, en garde à  vue, derrière les grilles de la gendarmerie de Kalaban-coro, lorsqu’il recevait la visite du colonel Blancoro SAMAKE, accompagné d’un avocat. Pourquoi faire ?

    Selon notre source (témoin de l’action), Blancoro aurait été dépêché sur l’ordre d’un certain colonel MONEKATA de l’Armée, travaillant à la présidence de la République, et qui serait un grand frère au défunt Kaba et au détenu actuel, Bakaridjan. Blancoro se serait donc rendu à la gendarmerie de Kalabancoro pour mener une enquête contre celle-ci, pour transférer l’affaire Bakaridjan à Kati, afin de détourner les regards en leur faveur.

    L’information passa comme de l’éclaire tomba dans l’oreille des jeunes de la commune qui n’aspiraient qu’à brûler vif Bakaridjan qui aurait avoué lors de son arrestation avoir tué plus de 13 personnes pour leurs moto Djakarta et tiré sur Polo qu’il connaissait d’ailleurs bien, habitant dans la même rue.

    Donc, informés que l’affaire était entrain de passer de main et en outre justice, les jeunes se sont rassemblés le lundi dans l’après midi, dans l’enceinte même de la cour de la gendarmerie, pour empêcher le départ de Bakaridjan à Kati. Les populations exigeaient le départ immédiat du colonel Bloncoro SAMAKE qui aurait été envoyé par le Colonel Monekata de la Présidence pour trouver une formule afin de libérer son frère. De même, ils ont procédé à des fouilles sans précédent de toutes voitures qui sortaient de la gendarmerie. Ils injuriaient père et mère du malfrat. Cela a coïncidé avec l’arrivé du maire sur les lieux. Puisque les populations ne voulaient rien entendre, celui-ci est reparti comme il était venu.

    Jusqu’à la tombé de la nuit, c’était encore chaud dans Kalaban-Coro, au point que les agents de la gendarmerie ont procédé à des tirs de gaz lacrymogène, pour disperser la foule. Selon nos sources,  il y en a qui aurait passé la nuit à surveiller les entrées et sorties dans la gendarmerie.

    Hier mardi, 10 janvier, dans la matinée, c’était encore chaud. Les gendarmes dans leur camp, et les jeunes dans leur côté. Ce fut alors des échanges de tirs permanents de gaz lacrymogène et de cailloux entre les deux camps. Quand les jeunes ont commencé à brûler des pneus sur le goudron, bloquant la circulation vers le marché, s’attaquant même à des quincailleries encore hier, mardi 10 janvier, pendant que nous mettions sous presse cette information, les gendarmes ripostaient, jusqu’à la libération des artères. Selon nos sources, le transfert du malfrat a finalement eu lieu hier Mardi. Mais nous ne savons pas exactement où, pour le moment, et nous vous tiendrons informer dans les jours à venir.

    Enfin une lueur d’espoir face à l’endiguement du phénomène d’insécurité dans le District de Bamako (vol à main armé). Reconnaissons tout de même que ça n’a pas été du tout facile.

    Constamment poursuivis par des policiers en 4×4 qui tiraient par moment des gaz lacrymogènes sans discernement, mais avec crainte d’échauffourées avec la population jeune.

    Ce geste de la jeunesse de Kalaban ADEKENE est à saluer pour leur courage et leur engagement à se protéger et de protéger leur bien, si nos autorités en charge de cette question n’en font pas leur priorité.

    Comme d’habitude, votre hebdomadaire préféré suivra pour vous l’évolution de ce dossier qui met a nue l’inefficacité des autorités et la naissance d’une autre frange de la jeunesse qui n’entend plus se laisser faire

    Nous y reviendrons !

    Amadou KONATE et Dramane FOFANA

    NB - L'auteur de cet article est seul responsable de son contenu.