ATT- IBK A GAO : Comme chien et chat ?

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La participation à l’inauguration du pont de Gao d’IBK, qui s’est fait représenter par son premier vice-président Me Mountaga Tall à de nombreuses cérémonies officielles, a été une surprise pour plusieurs observateurs.

Durant toute la cérémonie qui a réuni le président de la république et celui de l’Assemblée nationale, les deux hommes ne se sont pas adressé la parole. Mine serrée, le Tisserand en chef en dehors des poignées de mains qui le forçaient à se détendre, se sentait manifestement à l’étroit. Se contentant de le designer par ‘’M. le président de l’Assemblée nationale’’ dans son long discours, ATT a-t-il délibérément évité de prononcer son nom alors que dans un passé récent ils se congratulaient à la moindre rencontre ? Certains sont plus affirmatifs sur la question. Le président de l’Assemblée nationale ne voudrait-il plus jouer à l’hypocrisie avec le président ATT qu’il compte combattre à la très prochaine présidentielle prévue dans quelques mois ?

Ce qui est sûr, les observateurs croient voir le fossé s’approfondir entre le chef de l’exécutif et celui du législatif. Les deux hommes ne se regardent plus dans les yeux. A moins qu’ils ne s’épient en chiens de faïence. Ils s’évitent étrangement comme on fait pour ne pas attraper la peste. A Gao, le 22 septembre dernier, lors de l’inauguration du pont de Wabaria, les deux hommes ont confirmé tous les soupçons que certains partisans du doute avaient à leur sujet. On a l’impression que nous vivons dans une cohabitation forcée.

A quelques encablures de la présidentielle, les divergences sont devenues tellement profondes entre les deux probables candidats qu’on se demande qu’en sera-t-il au moment des campagnes. Mais qu’est ce qui a pu amener ces deux têtes de proue du pouvoir jusqu’à ce point ?

Plus rien n’a été comme avant depuis le renouvellement du bureau de l’Assemblée nationale. Le Rpm s’est estimé écarté par les partis qui se réclament proches du président de la république. Les Tisserands avaient estimé à l’époque que le coup était fourré. Quelques temps après, le Rpm déclarait ne pas être comptable de la gestion de Amadou Toumani Touré, alors même qu’il a deux ministres au gouvernement, dont l’un assure par moment l’intérim du Premier ministre.

Ça serait le début d’une guéguerre entre pro ATT et le Rpm. Depuis lors les tisserands posent des actes dans le cadre d’une opposition. Dans l’hémicycle, IBK et ses compagnons ne font plus de cadeau à personne.

Le péché- le dernier et non le moindre- que le palais reproche à Ibrahim Boubacar Kéïta, c’est le fait de condamner la signature des Accords d’Alger. Et sous sa houlette, un juriste a été commis afin de détecter les irrégularités contenues dans les Accords. Un livre blanc a été publié à cet effet. Cette position du Rassemblement pour le Mali a corsé davantage les relations déjà difficiles entre IBK et l’homme du 26 mars qui voit désormais en lui son ennemi numéro déclaré un. Car l’homme supporte difficilement les oppositions. Il veut être acclamé pour tout acte qu’il pose, le plus mauvais soit-il.
De son côté IBK, comme d’aucuns croient savoir, reprocherait-il au locataire de Koulouba le débauchage de ses cadres ?

En tous les cas, tout laisse croire que ce bras de fer entre les deux prétendants de Koulouba a de beaux jours devant lui. Pourvu qu’on épargne les innocents !

Alhassane H. Maïga

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