Entreprises du BTP : Les acteurs de la commande à l’école des marchés publics

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Grâce au partenariat avec l’Autorité de régulation des marchés publics et des délégations de service public, une soixantaine de d’entrepreneurs du bâtiment et travaux publics (BTP) renforcent leurs capacités de bonne gouvernance en matière de procédure de passation des marchés publics. L’atelier qui a duré 5 jours sera bouclé ce vendredi avec l’adoption de plusieurs recommandations.

A gauche : le président de l’Autorité de régulation des marchés publics, et celui de l’Organisation patronale des entreprises de la construction

La salle de conférence de l’hôtel Olympe international abrite depuis lundi les travaux de la session de formation des acteurs de la commande publique sur les réformes des marchés publics et les procédures de passation des marchés publics au Mali.

Organisé par l’Autorité de régulation des marchés publics et des délégations de service public (ARMDS), en partenariat avec l’Organisation patronale des entreprises de la construction, cet atelier regroupe une soixantaine de représentants du secteur du bâtiment et des travaux publics.

L’objectif, expliquent les organisateurs, est d’assurer le perfectionnement des acteurs de la commande publique sur la réforme des marchés publics dans l’espace Uémoa et sur les procédures de passation des marchés et les conventions de délégations de service au Mali.

Les revues des systèmes nationaux de passation des marchés publics dans la plupart des Etats membres de l’Uémoa, ont mis en évidence des faiblesses dans les systèmes nationaux de passation des marchés, du point de vue de la formation et du renforcement des capacités des acteurs.

Ces faiblesses ont pour noms : la faible maîtrise des procédures de passation des marchés par les différents acteurs, le déficit en matière d’actions de formation à l’intention du secteur privé, notamment les petites et moyennes entreprises, sur les marchés publics, l’absence de plan de formation des acteurs de la passation desdits marchés et de programmes de développement du cadre professionnel, l’insuffisance de la qualification des agents de la chaine de passation, compromettant les capacités d’absorption des crédits et provoquant des retards dans l’exécution des projets.

Etre en phase avec les directives de l’Uémoa

La session de formation, explique le président de l’Autorité de régulation des marchés publics, s’inscrit dans le souci de palier les insuffisances. Pour cela, l’Autorité de régulation des marchés publics a depuis 2010 mis en œuvre dans le district et à l’intérieur du pays, notamment à Ségou, Sikasso, Koulikoro, une série de formations, dont deux par les pairs destinés aux bureaux d’études d’ingénieurs, aux cabinets d’architectes et aux entreprises du BTP.

Cependant, regrette Amadou Santara, au regard du nombre important d’opérateurs économiques intéressés par la passation des marchés publics, le défi à relever par sa structure reste énorme en matière de formations des acteurs de la commande publique. Car, renchérit-il, en 2011, 1586 marchés ont été passés dont 556 concernent les travaux, soit 35 %, pour un montant total d’environ 418 milliards 500 millions de F CFA.

Sur ce lot, 234 milliards 536 millions ont été consacrés aux marchés des travaux, soit 56 %. En clair, explique M. Santara, les entreprises de construction demeurent des acteurs privilégiés et incontournables de l’ARMDS. Leur partenariat, dit-il, est indispensable dans l’application des principes fondamentaux qui sous-tendent la réforme des marchés publics. Ces réformes, ajoute le président de l’ARMDS, sont relatives à l’économie et à l’efficacité du processus d’acquisition, le libre accès à la commande publique, l’égalité de traitement des candidats, et enfin la transparence.

Abondant dans le même sens, le président de l’Organisation patronale des entreprises de la construction a exprimé, à l’ouverture des travaux, toute l’importance de la session. Car, dira-t-il, elle permet aux entreprises maliennes d’être en phase avec les nouvelles directives de l’Uémoa en matière de procédures de passation des marchés.

Au sortir de leurs travaux, les représentants du BTP doivent être mieux outillés pour renforcer l’effectivité du code des marchés publics issus de la transposition des directives Uémoa des marchés publics, de remédier au déficit de formation en matière de marchés publics, d’accroitre le degré d’efficacité dans le domaine des marchés, en particulier au stade de la préparation des soumissions, en réponse aux appels d’offres.

Aussi, la session de Bamako permettra aux participants d’améliorer leurs connaissances des règles de fonctionnement de l’Autorité de régulation et plus particulièrement de son organe chargé du règlement non juridictionnel des litiges, à savoir le Comité de règlement des différends. Bref, l’atelier devra promouvoir les meilleures pratiques de bonne gouvernance économique dans le domaine spécifique des marchés publics.

Issa Fakaba Sissoko

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